CULTURE Musée des Confluences: cinq ans et toujours sur un petit nuage

« Quand on a ouvert les portes, ce samedi 20 décembre 2014, on se demandait s’il y aurait du monde », se souvient Hélène Lafont-Couturier, la directrice du musée des Confluences. « Il y avait une file d’attente. La première visiteuse était une fillette ». Photo Progrès
« Quand on a ouvert les portes, ce samedi 20 décembre 2014, on se demandait s’il y aurait du monde », se souvient Hélène Lafont-Couturier, la directrice du musée des Confluences. « Il y avait une file d’attente. La première visiteuse était une fillette ». Photo Progrès

Avant son ouverture, l'établissement du quai Perrache avait fait couler beaucoup d’encre pour ses dérives budgétaires. Aujourd’hui, avec 680 000 visiteurs annuels, il s’est imposé dans le paysage lyonnais.

Le premier jour

« Quand on a ouvert les portes, ce samedi 20 décembre 2014 à 10 heures, on se demandait s’il y aurait du monde », se souvient Hélène Lafont-Couturier, la directrice du musée des Confluences. « Il y avait une file d’attente. La première visiteuse était une fillette. Puis il y avait une dame, une Italienne. Je les ai embrassées. Plus tard, la petite fille n’a pas voulu partir sans me dire au revoir ». Un souvenir qui ne l’a jamais quittée.

« Je continue à faire des visites. Il est indispensable de rester en contact avec les visiteurs, cela permet de voir de petites choses à corriger, pas suffisamment compréhensibles. Quand je suis fatiguée, cela me fait du bien, cela me redonne de l’énergie », estime la responsable au lendemain d’un circuit guidé de trois heures.

Pour retrouver les images de l’inauguration du musée, c’est par ici.

En 2003, lors de la présentation de la maquette du musée des Confluences par l’architecte autrichien Wolf D-Prix. Photo Progrès
En 2003, lors de la présentation de la maquette du musée des Confluences par l’architecte autrichien Wolf D-Prix. Photo Progrès

Il plaît aux jeunes

Le musée des Confluences, dont le bâtiment principal s’apparente à un nuage, est le plus fréquenté de France, hors Paris, avec 680 000 visiteurs annuels.

Il attire les jeunes, la classe d’âge la plus représentée chez les visiteurs étant celle des 18/30 ans (36 %).

Les raisons : son architecture, parfois décriée, pique la curiosité. Les thèmes des expositions sont variés et décalés (Poison, Prisons, Hugo Pratt, Touaregs,…) et les tarifs sont très abordables : 9 euros (pour quatre expositions permanentes, trois temporaires (1), plus l’accès libre au bâtiment et ses points de vue). L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans et pour les étudiants de 26 ans.

L’exposition "Antarctica" en 2016, une des expositions préférées du public. Photo Progrès / Stéphane GUIOCHON
L’exposition "Antarctica" en 2016, une des expositions préférées du public. Photo Progrès / Stéphane GUIOCHON

"Antarctica" et "Venenum" en tête

Le musée a proposé 26 expositions temporaires depuis son ouverture. Dont la particularité est de durer longtemps (autour de neuf mois, parfois davantage).

Voici celles qui ont le mieux marché (autour de 600 000 visiteurs chacune) : Antarctica, aujourd’hui visible à Bruxelles. Elle partira à Montréal de novembre 2020 à avril 2021. Puis au Brésil. Venenum est actuellement montrée au Québec.

Antoine de Galbert a fait don de sa collection de 520 coiffes au musée des Confluences.   Photo Progrès /Joël PHILIPPON
Antoine de Galbert a fait don de sa collection de 520 coiffes au musée des Confluences.   Photo Progrès /Joël PHILIPPON

Des coiffes et des oiseaux

Le musée possède 2,4 millions de pièces (sciences naturelles, archéologie, ethnographie…) Le fonds continue de s’enrichir grâce à des dons.

Comme les 520 coiffes données par Antoine de Galbert, que l’on peut voir jusqu’au 15 mars 2020 ("Le Monde en tête"); les masques africains d’Ewa et Yves Develon (exposés jusqu’en mai dernier); ou les 5 400 oiseaux d’Hubert Bonnetain, qui seront dévoilés en décembre 2020.

Des statuettes égyptiennes d’homme barbu. La plus précieuse est la petite, à gauche. Photo Progrès / Richard MOUILLAUD
Des statuettes égyptiennes d’homme barbu. La plus précieuse est la petite, à gauche. Photo Progrès / Richard MOUILLAUD

Chirac et l’homme barbu

« On n’est pas un musée iconique. Notre Joconde, c’est l’homme barbu (un objet funéraire égyptien de 4 000 ans avant JC, N.D.L.R.) », souligne Hélène Lafont-Couturier à propos d'une statuette que convoitait le Musée du quai Branly/Jacques-Chirac, à Paris.

Il y a aussi un masque japonais du XVIIIe siècle, du théâtre nô, dont la ressemblance avec Jacques Chirac frappe le visiteur. On a pu le découvrir cette année  lors de l’expo Yokainoshima. Aujourd’hui, il est conservé dans les réserves.

La baleine de 17 mètres de long est en suspension au niveau 2 du musée depuis avril dernier. Photo Progrès / Olivier GARCIN
La baleine de 17 mètres de long est en suspension au niveau 2 du musée depuis avril dernier. Photo Progrès / Olivier GARCIN

La baleine et le renard

Un des moments forts de la vie du musée a été l’installation de la baleine de 17 mètres de long, en avril 2019.

Après restauration, elle a été fixée en suspension au niveau 2. On peut l’apercevoir en accès libre.

Les Lyonnais ont retrouvé avec plaisir le mammouth de Choulans.

Au Musée Guimet, « il y avait aussi un renard que l’on pouvait caresser », rappelle Hélène Lafont-Couturier.

Il pourrait revenir au musée des Confluences car « le toucher permet de développer une compréhension ».

Dans la salle "Origines", on peut effleurer des ammonites et des fossiles.

 Une restauratrice en train de procéder à la conservation des pièces de la salle des grues, alors en démontage dans le muséum du boulevard des Belges. Photo Mathias BENGUIGUI
Une restauratrice en train de procéder à la conservation des pièces de la salle des grues, alors en démontage dans le muséum du boulevard des Belges. Photo Mathias BENGUIGUI

La salle des grues

L’histoire du musée, propriété de la Métropole de Lyon, c’est aussi l’histoire de rencontres, de liens qui se tissent et de projets qui se développent.

Un dernier exemple ? Le musée Guimet détenait la salle des grues (71 mètres carrés au sol) : la réplique de la salle d’audience d’un temple bouddhiste de Kyoto, ornée de décors de vol de cigognes et de papier peint à motifs de chrysanthèmes.

Elle avait été dévoilée en 1910, à l’Exposition universelle de Londres, puis offerte à Emile Guimet, alors président de l’association France-Japon.

Les ornements ont été démontés et mis en caisses au moment du déménagement au musée des Confluences.

Un dignitaire du temple a sollicité la directrice cet été. Le projet est de restaurer cet ensemble au Japon, puis de l’exposer à Londres avant de le rapatrier à Lyon.

Etonnant et merveilleux, c’est ainsi que le musée reste sur son petit nuage.

1-Actuellement Prison, au-delà des murs, Le Monde en tête et Mini-Monstres.

Isabelle BRIONE

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