Exposition Plongée dans la vi(ll)e de Tony Garnier, urbaniste visionnaire

Pour « Tony Garnier L’Air du Temps » (5 octobre 2019-13 décembre 2020), Catherine Chambon met le visiteur en situation active comme cette grande table d’architecte munie de planches et dessins de tous les grands travaux réalisés à Lyon ou d’études inachevées.  Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
Pour « Tony Garnier L’Air du Temps » (5 octobre 2019-13 décembre 2020), Catherine Chambon met le visiteur en situation active comme cette grande table d’architecte munie de planches et dessins de tous les grands travaux réalisés à Lyon ou d’études inachevées. Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
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Pour « Tony Garnier L’Air du Temps » (5 octobre 2019-13 décembre 2020), Catherine Chambon met le visiteur en situation active comme cette grande table d’architecte munie de planches et dessins de tous les grands travaux réalisés à Lyon ou d’études inachevées.  Photo Progrès /Nadine MICHOLIN Photo Progrès /Nadine MICHOLIN Photo Progrès /Nadine MICHOLIN Photo Progrès /Nadine MICHOLIN Photo Progrès /Nadine MICHOLIN

Pour les 150 ans de la naissance du célèbre architecte, Catherine Chambon, directrice du musée Tony-Garnier depuis dix ans, dévoile sa quatrième exposition intitulée « Tony Garnier, l’Air du Temps » qui ouvrira samedi 5 octobre. Entretien.

Quelle est la marque de fabrique du musée Tony-Garnier ?

«C’est de dévoiler un parcours chrono thématique, avec des salles d’expositions à vivre, à manipuler, à toucher. Le visiteur peut s’immerger au sein d’une très belle scénographie. On lui laisse la possibilité de choisir son niveau d’appréhension. On joue sur les niveaux d’informations. Chaque thème est illustré d’un texte générique calibré de 150 mots. On est des narrateurs, des passeurs d’une histoire. On met le visiteur en situation active avec des fac-similés, outils vidéo, images, éléments de reconstitution. Quelques pièces originales pourront être manipulées avec des gants, sur inscriptions vendredi 18 octobre à 18 h.»

Vous avez suivi à la trace la vie complète de Tony Garnier, quel était son caractère ?

«J’ai fait table rase de tout ce que je savais sur lui. J’ai consacré toute mon énergie durant deux ans pour exploiter tout ce que nous avons trouvé sur Tony Garnier , y compris son journal intime de 1941 à 1945. L’idée, c’est de mémoriser la chronologie de son histoire, situer l’homme en tant qu’architecte, urbaniste, peintre, dessinateur. Il était soucieux des populations et visionnaire. Il était timide mais tenace. Il aimait peu parler et préférait dessiner. Surnommé 'topail' par ses élèves, il était sensible au rythme et aux équilibres. Il travaillait beaucoup. Avec le maire de Lyon, Édouard Herriot, les deux hommes proches intellectuellement, s’estimaient.»

L’exposition L’Air du Temps met le visiteur en situation active. Ici grâce aux écrans vidéos et au texte, les grandes réalisations de Tony Garnier sont mises en lumière : Gerland et la cité des États-Unis.   Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
L’exposition L’Air du Temps met le visiteur en situation active. Ici grâce aux écrans vidéos et au texte, les grandes réalisations de Tony Garnier sont mises en lumière : Gerland et la cité des États-Unis.   Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
Comment se déroule le parcours de l’exposition ?

«Dans la première salle, on situe l’homme. Fils et petit-fils de tisseurs d’étoffes, Papa dessine et met en carte, maman tisse. Il intègre l’école réputée La Martinière et pratique à 14 ans, le dessin adapté à la technique. Puis il est propulsé aux Beaux-Arts de Lyon dans le palais Saint-Pierre à 17 ans. Vu son talent, il rejoint l’École Nationale-Supérieure-des-Beaux-Arts à Paris. Il y restera dix ans (1890-1899) et décrochera le Grand Prix de Rome en 1899, année tragique où il perd simultanément trois femmes de sa vie : sa mère et ses deux tantes. Il part en 1904 durant six mois voyager dans le bassin méditerranéen. En 1918, après la perte douloureuse de son neveu, il se lance dans la construction de monuments aux morts.»

Outre ses grandes réalisations (Grange-Blanche, Gerland, Halle Tony Garnier, États-Unis), on connaît moins sa vie privée ?

«Nous avons reconstitué à l’identique une maquette de sa Villa de l’île Barbe construite entre 1910 et 1912 quai Paul-de la-Sauvagère sur 380m2 au sol. Son univers intime est peuplé de sculptures et de dessins. Tony Garnier ouvre son agence d’architecte à Lyon à 30 ans place Sathonay. Il a été le patron d’ateliers rue René-Leynaud (anciennement rue Vieille-Monnaie) où il a enseigné durant trente ans. L’un de ses élèves, Pierre Bourdeix qui a réalisé les mairies du 8e  et du 9e et la Maison de la Danse, lui succédera à l’atelier en 1937. En 1915, à 47 ans, il épouse Catherine (21 ans), céramiste. Nous retraçons une galerie de portraits de ses élèves. Chacun a signé une œuvre à Lyon. Une salle vidéo projette sa Cité Industrielle.»

Vous êtes même allée sur ses traces en Provence ?

«J’ai logé durant une semaine dans sa maison devenue 'l’Hostellerie La Crémaillère' à Carnoux-en-Provence. À sa retraite, Tony Garnier est parti les douze dernières années de sa vie à Carnoux avec sa femme, sa belle-mère et André Teissier, son élève architecte qui épousera Catherine à son décès. Nous avons sollicité les architectes de Marseille et lancé une mission de recherche à Cassis où il avait acheté deux villas particulières situées face au Cap Canaille, puis sur les hauteurs de Cassis 130 hectares dont le domaine a été vendu à son décès.»

Financièrement, avez-vous pris des risques ?

«Notre parti pris est : "on n’a pas de sous mais on a des idées". Le budget de cette exposition s’élève à 120 000 €, sans compter le temps de travail. Une convention pluriannuelle nous lie avec la Ville de Lyon et GrandLyon Habitat. Nous sommes allés chercher les fonds nécessaires auprès du mécénat ce qui nous a permis d’acheter six écrans vidéos. Une vingtaine de personnes a travaillé sur cette expo dont nos trois salariés, Clément et Pauline en service civique, deux scénographes Louise et Mahé, le vidéaste Aurélien Cénet, sans compter l’aide du conseil scientifique.»

Propos recueillis par Nadine MICHOLIN

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