MUSIQUE Le joli rêve américain de la chanteuse lyonnaise Auren

Auren : « Je ne voulais surtout pas faire du Auren par Calexico. »  Photo  Ismaël MOUMIN
Auren : « Je ne voulais surtout pas faire du Auren par Calexico. » Photo Ismaël MOUMIN

Pour son troisième album, Auren est allée à Tucson, en Arizona, enregistrer sous la houlette du groupe Calexico. Le résultat : un disque baptisé Numéro. Un numéro gagnant…

Comment Calexico, groupe mythique d’Arizona, est devenu producteur d’une chanteuse lyonnaise ?

« J’écoute Calexico depuis très longtemps. Quand je me suis demandée avec qui je rêvais vraiment de travailler, je me suis retrouvée avec le fantasme d’aller enregistrer avec eux à Tucson, aux États-Unis. J’ai d’abord écrit au management, qui a répondu poliment, mais sans résultat. Alors, quand ils ont joué à l’Épicerie Moderne, je leur ai laissé ma maquette. Et là, après le concert, à une heure du matin, alors je retournais dans ma Haute-Savoie, ils m’ont envoyé un message… Je les ai finalement rejoints à Bern, dix  jours après. Je suis arrivée en retard et ils étaient en train d’écouter ma chanson Ton camion. Ils me disaient « mais quel titre ! », en me prenant dans leur bras. Humainement, c’était fabuleux. On a tout de suite commencé à parler du projet, de mes attentes. »

Le disque ne sonne pas vraiment comme du Calexico…

« Je ne voulais surtout pas faire du Auren par Calexico, et eux non plus. Je ne voulais pas de trompettes partout. Avant de partir, on a réfléchi à quelques arrangements, ce qui nous a permis de fixer un cadre. Et pour le reste, ils avaient le champ libre. »

Comment cela s’est passé avec eux ?

« Ce sont des gens qui réfléchissent beaucoup, mais ils ont un rapport presque affectif avec leurs instruments. Ils ne cherchent jamais la performance et la perfection, ils cherchent l’émotion d’une chanson. Au départ, j’étais un peu intimidée, mais ce ne sont pas des stars, juste des gens qui aiment vraiment la musique. »

Qu’est-ce que vous attendez de ce disque ?

« C’est dur aujourd’hui. La musique que je fais n’est pas celle qui est promue, ce n’est pas de l’electro, ou de l’urbain. Je suis un peu old school. Mais j’ai envie que ce disque soit écouté, que ma musique soit partagée. J’ai eu la chance d’être sélectionnée par FIP, qui passe toutes les chansons, et ça m’a fait un bien fou. Il y a pas mal de concerts qui arrivent, il y a eu de bonnes critiques, ça se construit petit à petit. »

Vous avez fait l’Edhec, la même école de commerce que Jean-Jacques Goldman. Est-ce que cela vous sert dans votre métier ?

« Je crois, oui. Aujourd’hui, quand on est musicien, on doit tout faire : je trouve les dates, j’envoie la newsletter, je négocie le marketing, l’organisation du travail… J’ai le sentiment que l’on ne m’a rien donné, il a fallu que je prenne. Comme pour Calexico : il a fallu les convaincre. Mais aujourd’hui, on est très proches, ils m’écrivent dès qu’ils voient un article sur moi, ou un nouveau concert annoncé… »

Propos recueillis par Thierry  MEISSIREL

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