Théâtre équestre Les chevaux de Zingaro en liberté aux Nuits de Fourvière

Dans  Ex Anima, les chevaux sont en autonomie. Les hommes, eux, évoluent dans l’ombre, sorte de marionnettistes du vivant. Un concept sacrément culotté qui fait déjà un tabac du côté d’Aubervilliers.   Photo Marion TUBIANA
Dans Ex Anima, les chevaux sont en autonomie. Les hommes, eux, évoluent dans l’ombre, sorte de marionnettistes du vivant. Un concept sacrément culotté qui fait déjà un tabac du côté d’Aubervilliers. Photo Marion TUBIANA

Après quatre ans d’absence, le célèbre théâtre équestre sera de retour aux Nuits de Fourvière, cet été. Dans ses valises, l’étonnant Ex Anima, où les chevaux occupent les premiers rôles. Attention, ouverture de la billetterie ce mardi !

Ils s’appellent Angelo, Tsigane, Van Gogh, Famine, Conquête, Le Grincheux ou Bamako. Ils sont irish cob, trait boulonnais, lusitaniens, criollos argentins… Ce ne sont pas des hommes, et pourtant ce sont bien eux les stars absolues du tout dernier spectacle de Zingaro, Ex Anima. Pas surprenant pour la célèbre troupe. Après tout, en plus de trente ans d’existence, elle n’a eu de cesse que de faire corps avec eux. Sauf que, cette fois, Bartabas pousse le concept encore plus loin en effaçant de l’équation les cavaliers. Eux, se fondent dans l’ombre de la piste pour devenir marionnettistes du vivant.

« Pour les tableaux, il n’y a pas eu de dressage. Tous reposent sur l’instinct animal. Mais on pouvait se le permettre car on connaît nos chevaux très bien. Depuis le temps qu’on travaille avec », expliquait Bartabas, ce lundi, alors qu’il était de passage à Lyon. « On a choisi les thèmes, ils nous ont fait des propositions par jeu. La question, après, a été de savoir s’ils pourraient les reproduire en spectacle, et ils l’ont fait. »

Sur le papier, l’idée pourrait paraître sacrément conceptuelle, mais du côté d’Aubervilliers (la maison mère du théâtre équestre), à chaque représentation, le résultat fait un tabac auprès du grand public. Et pour cause. « On oblige le spectateur à voir l’animal comme un acteur. Le cheval raconte l’histoire de l’Humanité à l’homme, et cela rend quelque chose de très, très fort, qui lui parle. »

Coup de chance pour les Lyonnais, ils pourront en juger par eux-mêmes cet été. Après quatre ans d’absence, Zingaro marque en effet son grand retour aux Nuits de Fourvière en plantant son chapiteau du côté du parc de Parilly, pendant près d’un mois. Attention, la billetterie ouvre ce mardi après-midi.

> Du 14 juin au 24 juillet, sous chapiteau, au parc de Parilly, Bron. Tarifs : de 24 à 53 €. Ouverture de la billetterie, ce mardi 29 janvier à 14 heures. www.nuitsdefourvière.com 

 

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C’est le nombre de représentations qui seront données au parc de Parilly, du 14 juin au 24 juillet. Trente représentations pour une jauge de 1300 personnes chaque fois.

L'ultime spectacle ?

Cela fait plusieurs mois que Bartabas parle d’Ex Anima comme l’ultime spectacle. Ultime comme tout dernier de l’aventure Zingaro ?

« Non, ça veut surtout dire le dernier sous cette forme, répond-il. En France, nous ne sommes plus nombreux à tourner avec cet esprit de troupe. Et puis, un spectacle comme celui que nous présentons actuellement, c’est lourd à porter et lourd à rentabiliser : six mois de préparation, deux ans et demi de tournée et plus forcément les directeurs de théâtre en face pour être prêts à s’engager », poursuit-il.

Et d’envisager déjà des créations plus sédentaires, avec l’Académie qu’il a créée il y a une quinzaine d’années… Et peut-être un retour au cabaret équestre de ses tout débuts.

« Mais je n’ai aucune nostalgie, insiste Bartabas. Zingaro n’a pas de répertoire. Chacune des créations a été écrite pour des gens et des chevaux. Les remonter sans eux, c’est impossible. On ne se retourne pas sur le passé. Le spectacle actuel représente toujours ce qu’on a de meilleur au moment où on le présente. Là, je viens d’ôter le cavalier. La prochaine fois, je fais quoi ? J’enlève le musicien ? Les chevaux ». Il sourit.

Céline BALLY

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