Interview​ « Les particuliers ont réinvesti dans leurs jardins », selon la directrice du salon Paysalia

« Il y a un regain d’engouement pour la nature, une demande en matière d’espaces verts, une réelle envie de retour aux sources », observe Florence Rousson Mompo, directrice du salon Paysalia. Photo  Alexandre MOULARD
« Il y a un regain d’engouement pour la nature, une demande en matière d’espaces verts, une réelle envie de retour aux sources », observe Florence Rousson Mompo, directrice du salon Paysalia. Photo Alexandre MOULARD
Le  salon se déroule à partir de ce mardi 30 novembre jusqu'au jeudi 2 décembre prochain à Eurexpo. Photo archive Progrès/Philippe JUSTE
Le salon se déroule à partir de ce mardi 30 novembre jusqu'au jeudi 2 décembre prochain à Eurexpo. Photo archive Progrès/Philippe JUSTE
« Il y a un regain d’engouement pour la nature, une demande en matière d’espaces verts, une réelle envie de retour aux sources », observe Florence Rousson Mompo, directrice du salon Paysalia. Photo  Alexandre MOULARD Le  salon se déroule à partir de ce mardi 30 novembre jusqu'au jeudi 2 décembre prochain à Eurexpo. Photo archive Progrès/Philippe JUSTE

Florence Rousson Mompo, directrice du salon Paysalia, évoque à l’occasion du salon qui se déroule à partir de ce mardi 30 novembre jusqu'au jeudi 2 décembre prochain à Eurexpo, la filière du paysage.

À l’aune du salon Paysalia que vous organisez à partir de ce mardi à Eurexpo, comment se porte la filière du paysage en cette fin d’année 2021 ?

Selon l’Unep, Union nationale des entreprises du paysage, avec laquelle nous coproduisons le salon Paysalia l’activité s’est bien maintenue en 2020 puisqu’elle a progressé de 3 % pour atteindre les 840 millions d’euros de CA en 2020 en AURA avec 3 970 entreprises, qui emploient plus de 10 000 salariés.

L’activité a été portée pour 46 % par les particuliers, 28 % par les entreprises privées, 18 % par les marchés publics et le reste. Le grand enseignement de la crise pour la filière du paysage c’est que les particuliers ont réinvesti dans leurs jardins, dans leurs aménagements, dans le fleurissement.

56 % du CA de la filière a été alimenté par les travaux de créations, d’aménagements, d’amélioration des jardins, espaces verts ; le reste sur l’entretien. L’engouement pour la filière est tel que nous devrions, comme en 2019, atteindre les 30 000 visiteurs cette année sur le salon avec 1 200 exposants et marques, représentant toute la filière.

Comment expliquez-vous cet engouement ?

Il y a un regain d’engouement pour la nature, une demande en matière d’espaces verts, une réelle envie de retour aux sources. L’entretien zéro phyto, la gestion alternative des espaces verts, l’artificialisation de sols, la végétalisation des centres-villes, les problématiques environnementales sont aujourd’hui des thématiques qui sensibilisent de plus en plus de concitoyens.

On peut reconnaître aussi la volonté métropolitaine de porter les sujets écologiques, d’insuffler une dynamique verte, de replanter des arbres, de réintégrer la nature, dans l’espace urbain de traiter le végétal contre les îlots de chaleur et dans le respect de la biodiversité.

Il y a une demande citoyenne en urbain pour qu’on réimplante du végétal, pour qu’on remette du vert en ville, qu’on remassifie le végétal ; on est sur une logique de réingénierie de la biodiversité qui doit prendre en considération toutes les questions de mobilité douce. En périurbain, dans le milieu rural, la demande va porter sur de l’embellissement, du fleurissement.

Tous les voyants sont donc au vert pour la filière ?

Oui, les acteurs de la filière du paysage peuvent et veulent répondre aux nouveaux enjeux et mutations que connaissent leurs métiers. Ils se préparent bien sûr à conquérir de nouveaux marchés, se concentrent sur la formation et la montée en compétences de leurs équipes, se préoccupent des enjeux liés aux changements climatiques et s’adaptent aussi à toutes les mutations qui s’imposent à nous.

Aujourd’hui, on voit apparaître de nouveaux marchés autour de l’agriculture urbaine, de la végétalisation du bâti qui s’imposent également comme des aspirations citoyennes et des opportunités pour la filière.

Si la filière cultive les fondamentaux du métier que sont la connaissance des sols, la reconnaissance des végétaux, elle répond aussi aux enjeux de la biodiversité et s’approprier bien évidemment des innovations émergentes comme la robotisation, la dronisation, la digitalisation etc.

Propos recueillis par Franck BENSAID

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