Lyon 3e Arrondissement «J’ai toujours aimé faire ce travail», confie l’ex-instit

« Professeur des écoles est une activité qui nécessite une énergie insoupçonnée et une disponibilité tous azimuts, confie Jean-Pierre Chiron, mais c’est passionnant et utile à la société ! » Photo Progrès /Christian SALISSON
« Professeur des écoles est une activité qui nécessite une énergie insoupçonnée et une disponibilité tous azimuts, confie Jean-Pierre Chiron, mais c’est passionnant et utile à la société ! » Photo Progrès /Christian SALISSON

La rentrée des classes s’est déroulée cette année sans Jean-Pierre Chiron. Professeur des écoles à Georges-Pompidou, il a pris sa retraite après 40 ans d’enseignement. Un mois après, il évoque sa vie particulière d’enseignant en primaire.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

« Mon père était intendant scolaire, je baignais dans ce milieu et j’aimais le respect porté à l’image de l’instituteur d’alors. Très tôt, j’ai souhaité exercer ce métier. »

Parlez-nous de vos débuts…

« J’ai commencé par des remplacements, le premier à Saint-Priest avec une classe de 25 à 30 élèves de CE1, et sans auxiliaire de vie scolaire. J’avais 19 ans et la peur au ventre en arrivant le premier jour sur ma mobylette ! Pendant cinq ans, j’ai assumé de très nombreux remplacements dans la région lyonnaise. Puis, après une affectation aux Minguettes, dans des classes de CM1/CM2, pendant cinq ans, j’ai été titularisé à l’école primaire Pompidou. J’y suis resté 30 ans, jusqu’à ma retraite. »

«Approfondir les notions de laïcité et de tolérance»

Quelles expériences y avez-vous vécues ?

« Avec mes collègues, passionnés par notre métier, nous avons su créer une ambiance équilibrée, pour le bien de tous, enfants, enseignants et familles. Parmi les plaisirs que je garde, il y a celui de voir arriver les enfants le matin, avec le sourire, celui de réussir à en faire travailler d’autres, de voir s’éveiller les plus timides ou encore, maintenant, quand d’anciens élèves m’abordent. Un bon souvenir aussi, la création avec deux collègues, d’un club d’échecs, « l’Échiquier des Lions » devenu célèbre grâce au succès de ses joueurs à l’international [voir encadré]. Ou encore celui d’avoir installé chaque fin d’année la rencontre « Cuisines du Monde » à laquelle participent toutes les familles. »

Quelles difficultés inattendues avez-vous rencontrées ?

« Les attentats, en particulier ceux contre Charlie Hebdo et Samuel Paty. Il nous a fallu expliquer la minute de silence, approfondir les notions de laïcité et de tolérance. À de jeunes enfants, ce n’est pas facile ! Et puis l’arrivée à l’école d’internet, des ordinateurs, des portables dont il a fallu expliquer les dérives possibles et en prévenir les jeunes. »

Et si c’était à refaire ?

« J’opterais pour le même choix professionnel car j’ai toujours aimé faire ce travail. Maintenant, je vais consacrer plus de temps à mon autre passion, l’écriture de polars. Ils me permettent de traiter des difficultés sociétales, les sujets ne manquent pas ! »

Propos recueillis par notre correspondant Christian SALISSON

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