Lyon AgriAgora, la start-up qui valorise les fruits et légumes déclassés

Simon Charmette et Thibault Kibler, les deux fondateurs d’AgriAgora.  Photo Progrès /AgriAgora
Simon Charmette et Thibault Kibler, les deux fondateurs d’AgriAgora. Photo Progrès /AgriAgora
La pomme a la peau brûlée et quelques tâches. En l’épluchant, vous mangez une pomme bio et locale au prix d’une pomme ayant parcouru des milliers de kilomètres. Le melon lui, est simplement plus petit que le calibre moyen.  Photo Progrès /Nathan CHAIZE
La pomme a la peau brûlée et quelques tâches. En l’épluchant, vous mangez une pomme bio et locale au prix d’une pomme ayant parcouru des milliers de kilomètres. Le melon lui, est simplement plus petit que le calibre moyen.  Photo Progrès /Nathan CHAIZE
Simon Charmette et Thibault Kibler, les deux fondateurs d’AgriAgora.  Photo Progrès /AgriAgora La pomme a la peau brûlée et quelques tâches. En l’épluchant, vous mangez une pomme bio et locale au prix d’une pomme ayant parcouru des milliers de kilomètres. Le melon lui, est simplement plus petit que le calibre moyen.  Photo Progrès /Nathan CHAIZE

AgriAgora est une plateforme de vente de fruits et légumes déclassés, montée par Simon Charmette et Thibault Kibler, deux jeunes entrepreneurs âgés de 28 et 24 ans. L’objectif est de réduire le gaspillage à la source, c’est-à-dire directement lors de la récolte et de proposer à des entreprises des produits locaux moins chers.

Simon Charmette et Thibault Kibler, 28 et 24 ans, ont lancé il y a cinq mois une entreprise baptisée AgriAgora. Ils achètent des fruits et des légumes directement à des producteurs locaux puis les revendent à des entreprises de restauration, de grande distribution ou de transformation. Mais, ces fruits et légumes sont un peu particuliers. Ils sont soit hors calibre, trop petits ou trop grands. Soit ils comportent un défaut esthétique, soit ce sont des excédents de récolte. On les appelle les “déclassés”. AgriAgora permet au producteur de ne pas jeter une partie de sa récolte, et propose aux entreprises des fruits et légumes locaux à un prix dérisoire.

« Simon a été sensibilisé au gaspillage très jeune »

Installé à la table d’un café, sans son acolyte, occupé ce jour-là, Thibault Kibler raconte le projet à toute vitesse. Sa passion et son investissement pour cette entreprise se lisent dans ses yeux. « C’est une idée de Simon qui date de décembre 2020. Il vient d’une famille d’agriculteurs qui a commencé à faire du bio dans les années 1980. C’était des précurseurs », détaille le jeune entrepreneur.

Un vécu qui a vite sensibilisé Simon Charmette, diplômé de Polytechnique, au problème du gaspillage. Au mois de mars, il poste une annonce sur un site de recrutement peu connu et Thibault postule immédiatement : « Je me suis dit : mais c’est du génie en fait ! Simon m’a appelé, on s’est rencontré et on s’est vite compris. J’ai quitté mon job et je me suis lancé avec lui. Tout cela s’est fait sur le mois de mars, c’est allé très vite. »

Un constat simple : « 10 % du gaspillage se fait lors de la récolte »

Thibault ajoute : « Sur une année, 10 % des récoltes sont jetées ou ne sont pas ramassées parce qu’elles sont déclassées ». Les deux entrepreneurs démarchent ainsi les producteurs de fruits et légumes en leur proposant de récupérer la partie de la production qu’ils allaient jeter. « On travaille avec un producteur qui s’est mis à ramasser les fruits et légumes déclassés pour nous les revendre », se félicite Thibault Kibler, sourire aux lèvres. Pour l’instant, AgriAgora travaille avec une dizaine de producteurs, mais le jeune homme note que « certains agriculteurs que l’on a démarchés ont peur du changement. Mais ils ont tout à gagner et lorsque l’on fonctionnera mieux, peut-être qu’ils nous rappelleront ».

Une dynamique positive

Lundi dernier, c’était la première mise en rayon de produits AgriAgora dans un supermarché lyonnais. « Je suis un peu déçu… Il y a eu un problème de communication, la mise en rayon n’a pas été bonne », déplore Thibault Kibler. Malgré tout, l’entreprise affiche une bonne santé et le fondateur a tenu a ajouté le lendemain de la rencontre que le problème a été réglé et que la collaboration repartait sur de bonnes bases pour une phase de test.

Avec un chiffre d’affaires d’environ 15 000 € en cinq mois et un bénéfice de 1 000 à 2 000 €, « l’objectif n’est pas de gagner de l’argent pour Simon et moi, mais d’être attrayants ». Prochaine étape pour la jeune start-up : recruter et valider cette phase de test. Au mois de septembre cinq à dix nouveaux clients devraient rejoindre l’aventure.

Nathan CHAIZE

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