Métropole de Lyon Tri des plastiques : pourtant novateur, Yoyo tombe à l’eau

Des dizaines de sacs de bouteilles plastiques rassemblées par les trieurs de Yoyo.  Photo archives Progrès /Hervé PUPIER
Des dizaines de sacs de bouteilles plastiques rassemblées par les trieurs de Yoyo.  Photo archives Progrès /Hervé PUPIER

La crise du Covid-19 et l’indifférence des collectivités ont eu raison de l’antenne lyonnaise de la start-up Yoyo créée en 2016. L’entreprise, spécialisée dans le tri des bouteilles en plastique, suspend son activité dans la métropole mais aussi à Marseille et Bordeaux.

Des déchets contre un cadeau. Le concept développé par Yoyo, plateforme de récompense collaborative du tri, est simple : la société démarche différents acteurs pour qu’ils deviennent « coaches ». À eux ensuite de créer leur communauté en incitant des habitants à devenir « trieurs ». Le but étant de collecter un maximum de bouteilles plastiques afin que Yoyo les achemine dans un centre de recyclage. En échange, coaches et trieurs reçoivent des « récompenses ». À savoir, des places de cinéma ou encore de concert.

« Les confinements successifs font qu’on n’y arrive plus »

Dans la région lyonnaise*, là où l’aventure a commencé en 2016, le dispositif qui permettait la collecte de plus de 30 tonnes de plastiques par an, est désormais suspendu. « On fait une pause car, comme on fait du lien social et de la proximité, les confinements successifs font qu’on n’y arrive plus, explique le directeur, Eric Brac de la Perrière. On proposait aussi des récompenses en lien avec des événements culturels… le fait que tout soit fermé n’arrange rien. On va attendre fin 2021 pour voir si on reprend notre activité. Mais si un quatrième confinement est annoncé d’ici là, ce sera inenvisageable ».

« On aurait pu monter le taux de recyclage à 90 % »

Pourtant, la société d’Eric Brac de la Perrière a fait ses preuves : « À La Duchère, par exemple, on est passé d’un taux de tri de 23 % à 44 % en un an ». Pour perdurer, l’entreprise comptait sur un partenariat avec la collectivité, mais la Métropole de Lyon n’a pas suivi. « Si on avait étendu Yoyo sur toute la partie urbaine, en trois ou quatre ans, on aurait pu monter le taux de recyclage à 90 % et ça n’aurait pas coûté plus cher à la collectivité que ce qu’elle paye déjà pour les ordures ménagères », explique le patron.

 « Les confinements successifs font qu’on n’y arrive plus », explique le directeur, Eric Brac de la Perrière.   Photo archives Progrès /Hervé PUPIER
« Les confinements successifs font qu’on n’y arrive plus », explique le directeur, Eric Brac de la Perrière.   Photo archives Progrès /Hervé PUPIER

La Métropole de Lyon dit « non »

La collectivité, elle, n’est pas intéressée. « Notre politique c’est de diminuer autant que possible la quantité de déchets à traiter en investissant par exemple dans 20 000 composteurs individuels », affirme la Métropole de Lyon qui dit ne pas avoir vocation à financer un dispositif comme Yoyo. « Cela ne va pas l’encontre de notre politique mais ce n’est pas tout à fait compatible. » A contrario, le directeur de Yoyo affirme : « Il faut faire les deux : réduire le flux des recyclables dans les ordures ménagères et réduire les déchets des consommateurs ».

Quel avenir pour ce concept novateur ? L’entreprise est aujourd’hui en fâcheuse posture. Yoyo accuserait 1M€ de pertes. « Mon combat pour une écologie de proximité continue mais je ne suis pas plus fort que le Covid », réagit Eric Brac de la Perrière.

*Yoyo était présent à Lyon 2e, Lyon 9e, Lyon 3e, Vaulx-en-Velin, La Duchère, Vénissieux et Rillieux-la-Pape.

Solen WACKENHEIM

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