Métropole de Lyon L’église Saint-André ouvre ses portes à une épicerie solidaire pour les étudiants

Particularité de “l’Epifree”, les étudiants peuvent choisir leurs produits.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Particularité de “l’Epifree”, les étudiants peuvent choisir leurs produits.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Chaque lundi soir, le sous-sol de l’église Saint-André se mue en épicerie solidaire à destination des étudiants. Une initiative des jeunes de la paroisse et de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.

Les escaliers qui mènent au sous-sol de l’église Saint-André bouchonnent. Ce lundi soir, plus d’une centaine d’étudiants, dont beaucoup d’étudiants étrangers, ont répondu au rendez-vous de “l’Epifree”. Une épicerie solidaire organisée chaque semaine depuis début mars par leurs pairs, paroissiens ou bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) mais également d’anciens bénéficiaires qui participent à l’effort. « Ce sont les jeunes, pour les jeunes », se réjouit Geneviève Bussac, présidente départementale de la SSVP.

Si les étudiants se pressent, c’est que cette épicerie solidaire est différente. « Ici on peut choisir ce qu’on veut », apprécie Pauline, 25 ans, étudiante en musique, qui remplit également son cabas pour son colocataire et amateur de bonne chère. « On oublie souvent que la nourriture est un moment de plaisir. Mais cuisiner, ça coûte cher. » Autre poste de dépense difficile à assumer, l’hygiène. « C’est vraiment beaucoup plus cher que chez nous », observe Serena, 23 ans, étudiante italienne arrivée en Erasmus en février pour étudier les langues étrangères et déjà habituée de l’Epifree.

Le succès de l’Epifree conforte l’ambition conjointe de ses organisateurs de la pérenniser. « Tant qu’il y a besoin, on continue », sourit Marie-Liesse, jeune bénévole de la SSVP, émerveillée par la générosité des donateurs, paroissiens, habitants du quartier ou commerçants. « Les gens ont vraiment acheté de la qualité, des produits bios, du chocolat, des gâteaux… »

Une soif de relations

A l’entrée de l’édifice, en attendant leur tour les groupes se forment autour d’un thé. Les bénévoles lancent les rencontres entre les différents bénéficiaires, souvent privés de liens sociaux depuis la généralisation des cours à distance. « La vraie charité, ce n’est pas la distribution, c’est une présence, précise Geneviève Bussac. Il est malheureusement nouveau de devoir accompagner des jeunes en situation d’isolement. Ils demandent une attention particulière. »

C’est d’ailleurs suite aux deux tentatives de suicides survenues à Lyon que le père Thierry Jacoud, curé de la paroisse, a décidé d’agir. « Il fallait faire quelque chose », se souvient le prêtre dynamique, qui mûrissait depuis quelque temps le projet d’une épicerie solidaire étudiante, à l’image de l’Agoraé , présente sur les campus de la Doua ou de Porte des Alpes. Une idée mise en œuvre en quelques semaines par les jeunes bénévoles. « Je reste impressionné de la vitesse avec laquelle les jeunes se sont emparés du projet », souligne le père Jacoud. Impressionné également, de son succès. En trois semaines d’existence, le nombre d’inscriptions ne cesse de croître. De soixante le premier lundi, il a presque doublé. Le tout, sans pudeur, s’étonne l’ecclésiaste. « La soif est réelle. Mais pas que de nourriture, ils ont soif de relations. »

Chaque lundi soir de 17 h à 19 h. Renseignement sur la page Facebook de l’Epifree Saint-André.

Clémence OUTTERYCK

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