Lyon 5e Reus’eat, les couverts lyonnais biodégradables à la bière

Armand Ferro et Marie Nagy, cofondateurs de Reus’eat.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Armand Ferro et Marie Nagy, cofondateurs de Reus’eat.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Marie Nagy et Armand Ferro, deux ingénieurs lyonnais, ont développé un matériau à base de résidus de bière, destiné à fabriquer des couverts jetables entièrement compostables. Ils espèrent prochainement investir la restauration à emporter, à commencer par les glaciers.

Cet été, les promeneurs du Vieux-Lyon pourraient déguster leurs glaces avec des couverts biodégradables. Ils ignoreront sans doute que ces cuillères seront non seulement lyonnaises mais fabriquées à partir de… déchets de bière. C’est en tout cas l’ambition affichée par les deux ingénieurs Marie Nagy et Armand Ferro, cofondateurs il y a deux ans de Reus’eat, aujourd’hui hébergés dans l’incubateur de l’ECAM Lyon. Deux années de recherches et de tests artisanaux puis industriels, avant d’arriver à un prototype prometteur, suffisamment lisse et solide. Il trouvera prochainement sa forme finale pour investir le marché des glaciers locaux puis de la restauration à emporter.

Le point de départ de ces anciens pensionnaires de l’EM Lyon , trouver une alternative écologique aux ustensiles à usage unique, pour lesquels l’utilisation du plastique est interdite depuis début 2021. Autre contrainte, inventer un produit entièrement compostable, même à domicile. « On veut aller plus loin, être biodégradable en mer ou sur le sol »

Une matière première qui valorise les déchets de brasseurs

Leur idée, recycler les drêches de bière, soit le résidu végétal issu du brassin. «Ces déchets sont produits en grande quantité, avec un rapport d’1/3 entre le litre de bière obtenu et les drêches résiduelles », note Armand Ferro. Une matière première idéale, notamment pour sa facilité d’approvisionnement local. « C’est un élément peu valorisé en milieu urbain, contrairement à la campagne où il est utilisé en nutrition animale. Il peut devenir problématique de se débarrasser des résidus en grande quantité. » Reus’eat compte ainsi profiter du circuit court permis par un écosystème brassicole lyonnais important, tout en restant à taille humaine.

« Nous sommes partis d’un vrai besoin de terrain », explique Marie Nagy. Un triple besoin : celui des brasseurs, des professionnels de la restauration et des consommateurs, et celui des industriels de l’agroalimentaire contraints de trouver un nouveau matériau. « Les couverts en bois peuvent s’avérer désagréables et râpeux, cela dégrade l’expérience culinaire. De plus ils participent à la déforestation et sont majoritairement produits en Chine », ajoute l’ingénieure agroalimentaire, qui envisage de créer prochainement un kit complet de couverts.

Et le duo ne compte pas s’arrêter là. D’ici 3 à 5 ans, Reus’eat pourrait se décliner sous formes diverses pour la vente à emporter comme des barquettes ou des assiettes. Les deux lyonnais envisagent également le développement d’autres types de matériaux et un changement de formulation pour permettre la réutilisation des produits.

Clémence OUTTERYCK

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