Rhône | santé Thomas Laurent, infirmier « soulagé » d’avoir quitté les HCL

Thomas Laurent , ancien infirmier des HCL. Photo DR
Thomas Laurent , ancien infirmier des HCL. Photo DR

Ardent défenseur de l’hôpital public au sein de plusieurs collectifs et de la CGT, cet infirmier de 35 ans s’est mis en disponibilité cet été.

La goutte d’eau est arrivée début août. « On travaillait en sous-effectif un jour sur deux », raconte Thomas Laurent, infirmier au service post-urgences de l’hôpital Edouard-Herriot.

Membre des collectifs inter-urgences et inter-hôpitaux, militant à la CGT, cet infirmier de 35 ans était de toutes les actions de défense de l’hôpital public.

Mais cela faisait plusieurs semaines, qu’il songeait à jeter l’éponge.

Il a déposé sa demande de disponibilité le 6 août : « Elle a été acceptée très vite. J’aurai tenu moins de deux ans », sourit-il.

Entré à l’hôpital comme faisant fonction d’aide-soignant après le lycée, le jeune homme avait déjà pris une disponibilité en 2013, pour travailler dans l’humanitaire, avant de revenir aux HCL en décembre 2018.

« J’avais eu une expérience dans le privé associatif et lucratif ; j’étais content de réintégrer l’hôpital public. » Mais cette fois, il veut vraiment « quitter l’univers du soin ».

Sa disponibilité ne commencera qu’en novembre. Il risque donc d’être rappelé d’ici là… Mais en janvier, il espère intégrer une formation de libraire.

 

« Ça tient avec la bonne volonté des gens »

Deux-tiers des infirmiers estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées depuis le début de la crise, selon une enquête de l’Ordre national des infirmiers. Thomas avait demandé à plusieurs reprises à quitter « ce service  fourre-tout » pour les urgences, mais « les HCL ne publient pas les postes en interne pour ne pas vider les services où personne ne veut aller ».

« ça rajoute à l’envie de partir », ajoute l’infirmier en évoquant le cas d’un manipulateur radio parti lui-aussi en disponibilité après avoir tenté sans succès de quitter HEH pour l’hôpital neurologique.

Sa participation aux réunions locales du Ségur de la santé lui laisse un goût amer : « On a le sentiment de ne pas avoir été écouté. On nous dit : c’est bon, vous avez été augmentés. Mais entre plus de salaire et plus de temps avec les patients, moi, j’aurais choisi la 2e option. »

« Ça tient avec la bonne volonté des gens. Il y a un côté bonne sœur. Mais on se fait avoir », soupire Thomas. Aujourd’hui, c’est le « soulagement qui l’emporte, quand on sait que l’on va quitter ce milieu », regrette-t-il, un peu « triste », en se souvenant combien il était « content », le 16 juin, lors de la mobilisation historique pour la défense de la santé.

« C’est sans doute pour ça qu’on a eu une hausse de salaire aussi importante. On voit bien que quand le rapport de force est là, ça fonctionne mais on n’arrive pas à le tenir », regrette le jeune militant.

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