Lyon 1er | Expo Le sérigraphe Papyart détourne l’actualité avec humour

Papyart dans son atelier au 44 rue Burdeau.  Photo Progrès /Lou VINCENT
Papyart dans son atelier au 44 rue Burdeau. Photo Progrès /Lou VINCENT

Papyart est un artiste sérigraphe mythique de la Croix-Rousse. Témoin de l’évolution du quartier, mais aussi de l’époque, il s’inspire de tout ce qui le révolte pour créer. Portrait de ce militant lyonnais bourru et passionné.

Déambulant dans les rues de la Croix-Rousse, Papyart salue chaleureusement les personnes qui le reconnaissent. Cet enfant des pentes est installé depuis plus de 40 ans dans son atelier collaboratif rue Burdeau (1er). Ouvert aux curieux qui souhaitent apprendre l’art de la sérigraphie, Papyart accueille les visiteurs d’un air décontracté et souriant. Cet artiste mythique de la Croix-Rousse adore son quartier et aime la manière dont il a évolué, une source d’inspiration et de combat depuis son plus jeune âge.

Enfant militant et blagueur

Dès le lycée, Papyart s’est engagé pour le mouvement libertaire et les mouvements sociaux de l’époque. « Quand j’étais petit, je trouvais que Lyon était une ville sinistre, le soir il n’y avait pas d’animation, c’était l’horreur », dit-il. Avec mai 1968, ce fils d’artisan s’est révélé. Participant aux manifestations, cela lui a permis de s’ouvrir au monde et à la culture. « Il y avait plein d’initiatives intéressantes ! C’était un véritable appel d’air de la culture, on sentait que la Révolution était là ! », témoigne-t-il avec le regard qui pétille. C’est ce quartier et l’ambiance de l’époque qui l’ont véritablement fait plonger dans le militantisme.

 Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT
Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT
 Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT
Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT
 Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT
Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT
 Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT  Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT  Sérigraphies réalisées par Papyart.   Photo Progrès /Lou VINCENT

Papy était son pseudo de militant : nom qu’il a gardé et qui a presque remplacé sa véritable identité. Il s’est construit autour des blagues et des jeux de mots. Sa principale source d’inspiration est l’actualité. Il dénonce le ridicule des politiciens, la vente d’arme, la pollution, le sexisme. Tous ces sujets qui le révoltent et qu’il détourne avec humour. « Je trouve beaucoup plus percutant de détourner un fait d’actualité par un message artistique, que participer à un simple débat politique », affirme-t-il. Son moyen d’action : la transmission humoristique et le partage artistique pour servir la cause avec légèreté.

« J’ai toujours fait de la sérigraphie : la journée j’étais imprimeur et le soir j’en faisais dans mon atelier, mais cette fois de manière plus engagée ». La sérigraphie est un moyen d’impression qui laisse libre cours à sa créativité mais qui est aussi peu coûteux. Discipline de plus en plus en vogue, Papyart développe un concept qui le distingue : son atelier mobile de sérigraphie. Unique en son genre, il se déplace avec tout son matériel, sur son fameux solex, pour initier les plus jeunes comme les adultes à cette discipline. « Ce que j’aime c’est le côté pédagogique à l’image de l’éducation populaire. Mon impression n’est pas académique, je fais à la fois de la transmission et de l’animation ! ».

 Papyart et son tandem qui lui sert d’atelier mobile.   Photo Progrès /Lou VINCENT
Papyart et son tandem qui lui sert d’atelier mobile.   Photo Progrès /Lou VINCENT
 Son fameux solex avec des sacs sérigraphiés à la vente. Photo Progrès /Lou VINCENT
Son fameux solex avec des sacs sérigraphiés à la vente. Photo Progrès /Lou VINCENT
 Son atelier au 44 rue Burdeau.   Photo Progrès /Lou VINCENT
Son atelier au 44 rue Burdeau.   Photo Progrès /Lou VINCENT
 Papyart et son tandem qui lui sert d’atelier mobile.   Photo Progrès /Lou VINCENT  Son fameux solex avec des sacs sérigraphiés à la vente. Photo Progrès /Lou VINCENT  Son atelier au 44 rue Burdeau.   Photo Progrès /Lou VINCENT

Investi aussi dans l’associatif, il a fondé Raclette Party avec d’autres entreprises lyonnaises de sérigraphies pour promouvoir ce mode d’impression. Son atypisme et sa gentillesse l’ont fait connaître des galeries et des entreprises, mais il « n’a pas pris la grosse tête » assure-t-il. « Pendant des années, les sérigraphes étaient traités de soixante-huitards attardés, j’ai été condamné plusieurs fois pour dégradation. Maintenant je suis exposé ! Comme quoi j’ai bien fait de persévérer ». Ce militant bourru mais attachant savoure maintenant sa liberté artistique.

Une expo à voir absolument au 44 rue Burdeau jusqu'au 17 octobre

Du 8 au 17 octobre, dans son atelier au 44 rue Burdeau, Papyart présente une expo intitulée «les affiches en sérigraphie à la Croix-Rousse et sa proche banlieue».

Des sérigraphies historiques dont «le but était d’arrêter un programme immobilier qui voulait transformer le quartier de la Croix-Rousse en nouveau Part-Dieu. C’est une lutte par ces affiches que nous avons gagnée, mais qui est tombée dans l’oubli ».

En exposant ces affiches, l’artiste veut montrer qu’il existe une alternative aux réseaux sociaux pour s’exprimer : la rue. « À l’époque du Journal Croix-Rousse, les personnes se mobilisaient massivement. Maintenant j’ai l’impression qu’ils se lamentent derrière leurs écrans ».

Un atelier d’initiation gratuit sera proposé pour découvrir la sérigraphie. Enfin, le 14 octobre, à partir de 15 h et sur réservation, le sérigraphe croix-roussien proposera une balade urbaine dans les pentes pour faire découvrir l’histoire, par la lutte, de ce quartier.

Coïncidence : le théâtre 44 attenant à l’atelier diffusera un film sur la même époque, « Lyon en fièvre », les samedis 10 et 17 octobre.

Lou VINCENT

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