Villeurbanne Composter, jardiner grâce à un nouveau modèle

Charles Lambert travaille depuis deux ans sur le module Verticulteurs.  Photo DR
Charles Lambert travaille depuis deux ans sur le module Verticulteurs.  Photo DR

À l’époque d’un « monde d’après », où le dioxyde de carbone a retrouvé son taux d’avant le confinement, des solutions pour un monde plus vert apparaissent néanmoins. C’est le cas de celle de Charles Lambert, ingénieur agronome, qui travaille sur un modèle d’agriculture urbaine : le module Verticulteurs.

Comment en êtes-vous venu à concevoir un module d’agriculture urbaine ?

« Je travaille depuis deux ans sur un modèle d’agriculture urbaine. Par le passé, j’ai conçu des potagers sur les toitures de Paris, en vertical. Je suis ensuite rentré sur la région et me suis dit que le système vertical était bien mais perfectible. J’ai réfléchi à un système de gestion de déchets et des matériaux. C’est ainsi que j’ai pensé au module Verticulteurs, une unité de compostage + agriculture. »

Comment fonctionne le module Verticulteurs ?

« Le projet est né début septembre 2019. Il y a eu une phase de prototypage jusqu’en novembre, puis il a démarré juridiquement en mars. L’entreprise est à la croisée de l’agriculture urbaine et de l’économie circulaire. D’un côté, les citoyens se réapproprient leur alimentation et la gestion de leurs déchets.

De l’autre, le modèle innovant utilise des ressources locales avec des acteurs du territoire. Concrètement, on l’alimente en épluchures et en carton, que les vers dévorent. Ceux-ci se nourrissent de la matière fraîche qu’on lui apporte. Il n’y a ainsi pas d’apports d’engrais venus de loin. Ce compost communique avec le terreau, que les vers peuvent ainsi fertiliser.

Le module Verticulteurs permet la récupération des eaux de drainage des plantes, le “thé de compost”, chargées en nutriments. Elles sont réutilisées ensuite comme eaux d’arrosage pour les jardinières. »

Comment cultivez-vous à Villeurbanne ?

« Je me suis établi à l’Autre Soie. Le CCO (Centre culturel œcuménique, NDLR) m’a proposé un morceau de terrain pour tester en réel mes modules. C’est un site expérimental, dans lequel j’évalue quel type de plante est le plus adapté au module Verticulteurs. C’est aussi une vitrine pour mes clients et partenaires.

Pour l’instant, j’ai une vingtaine de modules Verticulteurs en production. Je vends les légumes que je produis grâce à eux en circuit court à Lyon et Décines.

Dès novembre, je proposerai des activités et animations à Villeurbanne (fabrication d’un lombricomposteur à partir du seau alimentaire). J’ai aussi des projets avec l’épicerie Vrac en Ville, sur le cours Tolstoï.

Les personnes qui le souhaitent peuvent redistribuer leur production à celles dans le besoin via les acteurs de la solidarité. »

Et la suite ?

« Je souhaite accompagner des écoles, des entreprises, des bailleurs sociaux dans leurs projets de potager en ville et trouver du foncier pour monter une ferme urbaine collaborative. Les gens seraient adhérents et participants aux travaux du jardin. »

www.verticulteurs.com

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