Lyon | Déplacement Le trafic cycliste en hausse de 36 % depuis la rentrée : « Le système vélo est en surchauffe »

Sur les quais de la rive gauche du Rhône (quai Augagneur) on enregistre 15 800 passages de vélos par jour (piste du quai bas et piste du quai haut) contre 10 000 véhicules motorisés par jour. Ici, les vélos représentent 61 % des usages.  Photo Richard MOUILLAUD
Sur les quais de la rive gauche du Rhône (quai Augagneur) on enregistre 15 800 passages de vélos par jour (piste du quai bas et piste du quai haut) contre 10 000 véhicules motorisés par jour. Ici, les vélos représentent 61 % des usages.  Photo Richard MOUILLAUD
Sur les quais de la rive gauche du Rhône (quai Augagneur) on enregistre 15 800 passages de vélos par jour (piste du quai bas et piste du quai haut) contre 10 000 véhicules motorisés par jour. Ici, les vélos représentent 61 % des usages.  Photo Richard MOUILLAUD

Selon Fabien Bagnon et Valentin Lungenstrass, les « Messieurs Vélo » de la Ville et de la Métropole, le réseau cyclable doit encore être étendu pour absorber le nombre croissant de cyclistes et favoriser la pratique. Ils travaillent actuellement sur la pérennisation des pistes jaunes temporaires qui continuent de se multiplier à Lyon.

Il y a les mécontents et les ravis. La nouvelle piste cyclable bidirectionnelle entre le plateau de la Croix-Rousse et le pont Churchill, qui a vu le jour montée de la Boucle, il y a une semaine, ne fait pas exception aux réactions que l’on a connues à chaque fois qu’ un aménagement provisoire matérialisé en jaune vient bousculer les habitudes.

D’un côté, les automobilistes qui n’ont plus qu’une voie pour circuler et râlent devant les nouveaux bouchons - « Il faudrait peut-être comprendre que quand on fait ça sur des axes habituellement saturés avec deux voies, on crée encore plus de bordel et donc de pollution… »

De l’autre, les cyclistes qui se félicitent car « il n’existait aucun autre moyen de monter sur le plateau de ce côté. La montée des Esses, les quais comme tous les autres axes s’y sont faits. Dans six mois, tout le monde aura oublié comment c’était avant. »

 

« Temps d’adaptation et évaporation du trafic »

Ni Fabien Bagnon, vice-président en charge de la Voirie et des Mobilités actives à la Métropole de Lyon , ni Valentin Lungenstrass, adjoint à la Mobilité à la ville de Lyon, ne sont passés à côté de ces échanges entre les pros et les réfractaires, sur les réseaux sociaux. Les aménagements réalisés sur les avenues Saxe et Foch ou plus récemment montée du Chemin neuf avaient suscité les mêmes débats.

A ce sujet, les deux hommes qui travaillent ensemble, depuis les élections, à rendre la ville « 100 % cyclable, 100 % marchable » – mais potassent sur le programme depuis près d’un an maintenant – parlent d’une même voix.

« Quand on fait un aménagement, il y a toujours un temps d’adaptation. D’ici deux semaines, ou un peu plus, on va constater une évaporation du trafic », disent-ils, avant d’affirmer : « On suit notre cap politique. La problématique des déplacements est un vrai problème de vie quotidienne. Nous devons y apporter des solutions en misant sur un panel d’alternatives. Il faut prioriser et développer ces modes. Dans un contexte d’urgence climatique et de pollution de l’air, l’objectif est avant tout de décarbonner les transports. »

Marche et piétonnisation de certaines rues et des abords des écoles, développement des transports en commun, encadrement des trottinettes, incitation au co-voiturage… La création de pistes cyclables n’est qu’une solution parmi d’autres pour contrer les effets de la crise écologique.

Une solution aussi pour appliquer les règles de distanciation physique et décharger les transports en commun, dans le cadre de la crise sanitaire. Une solution mais également une réponse au boum spectaculaire de l’utilisation de la bicyclette en ville.

« Personne ne peut l’ignorer. Le système vélo est en surchauffe. Il est dans le rouge », dit Fabien Bagnon, avant de corriger : « Il est plutôt dans le vert. »

160 000 passages enregistrés le 18 septembre

Le fait est que l’explosion de la pratique que l’on avait connue depuis le déconfinement n’a pas baissé. Bien au contraire. Conséquence de la crise sanitaire, la dynamique s’est même accentuée. Rarement les Lyonnais n’ont été si nombreux à pédaler : la fréquentation des pistes cyclables le prouve. Selon les boucles de comptages de la métropole de Lyon , le trafic vélo est en augmentation de 36 % depuis la rentrée.

Sur les quais de la rive gauche du Rhône (quai Augagneur) on enregistre 15 800 passages de vélos par jour (piste du quai bas et piste du quai haut) contre 10 000 véhicules motorisés par jour. Ici, les vélos représentent 61 % des usages.

Record absolu de fréquentation : vendredi 18 septembre, 160 000 passages ont été enregistrés par les 68 compteurs du Grand Lyon. Et ce n’est pas fini si on en croit les 8 000 nouveaux dossiers qui auraient été déposés auprès de la Métropole pour obtenir la prime à l’achat d’un vélo électrique.

« Pour le moment, on met en place des actions rapides. Massifier va prendre du temps, faire le Réseau express vélo va prendre du temps. Pour améliorer la cyclabilité, on traite en aménagement de transition.

C’est un outil validé dans un contexte d’urgence qui nous permet d’aller vite et nous donne à voir les améliorations. Cela reste des aménagements modifiables. On travaille sur la pérennisation de tout ça de manière plus concertée. » Un comité de suivi devrait avoir lieu avant fin septembre.

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