Lyon La petite épicerie sociale et solidaire qui fait du bien aux étudiants

À l’heure d’une distribution de paniers par Gaelis sur le campus Rockefeller.  Photo Lou VINCENT
À l’heure d’une distribution de paniers par Gaelis sur le campus Rockefeller. Photo Lou VINCENT
Photo Lou VINCENT
Photo Lou VINCENT
Photo Lou VINCENT
Photo Lou VINCENT
À l’heure d’une distribution de paniers par Gaelis sur le campus Rockefeller.  Photo Lou VINCENT Photo Lou VINCENT Photo Lou VINCENT

Depuis dix ans, les épiceries AGORAé œuvrent pour aider financièrement et psychologiquement les étudiants lyonnais en grande précarité. Reportage ce week-end, lors d’une distribution de paniers de première nécessité sur le campus Rockefeller (Lyon 8e) alors que la situation ne s’est pas améliorée depuis le déconfinement.

Sur les différentes tables sont proposés des fruits, légumes, céréales, produits d’hygiène ou encore des fournitures scolaires.

Le vendredi 18 et samedi 19 septembre, la fédération étudiante Gaelis (Groupement des Associations et Élus étudiants de Lyon Indépendants et Solidaires) s’est mobilisée pour distribuer gratuitement des paniers de première nécessité aux étudiants les plus précaires, notamment sur le campus Rockefeller (Lyon 8), via ses épiceries solidaires, baptisées l’AGORAé.

Ce jour-là, la file d’attente ne cesse de s’allonger, chaque étudiant tenant son sac de courses à la main, avec l’espoir que ce “kit" de survie les fera tenir jusqu’à la fin du mois.

Salima, 26 ans, étudiante étrangère en sixième année de médecine, témoigne. « Je n’ai pas vu ma famille depuis plus d’un an, l’isolement et les difficultés financières se sont aggravés pendant le confinement, heureusement que l’AGORAé était là »

Travaillant en plus de ses études, elle a espoir que sa situation s’améliore grâce à ces paniers. Même constat pour Yanis, lui aussi étudiant étranger. Actuellement en troisième année de licence en Sciences du langage, il cherche du travail à temps partiel pour poursuivre ses études à côté.

« J’ai connu l’AGORAé grâce à une amie. Je compte déposer un dossier pour devenir bénéficiaire car tout seul, financièrement, je ne peux pas m’en sortir ». Cette action, qui a débuté pendant le confinement, a mis en exergue les nombreuses difficultés financières que rencontrent les étudiants lyonnais.

Un phénomène qui tend à s’aggraver

« On remarque une grosse demande des étudiants à Lyon. On a l’impression de ne jamais pouvoir faire assez », explique Madeleine, Chevauchet, vice-présidente de Gaelis.

Après le confinement, plus de 8000 paniers ont été distribués aux étudiants en onze semaines. Ce week-end, 1100 étudiants se sont inscrits pour recevoir cette aide.

Laurane, 20 ans, étudiante en orthophonie, se confie : « Cela fait trois ans que je suis bénéficiaire à l’AGORAé. Cela permet de soulager financièrement mes parents et moi de m’en sortir, avec un travail en plus de mes études ».

Malgré la bourse, beaucoup d’étudiants n’arrivent pas à joindre les deux bouts et sont obligés de travailler à côté de leurs études.

C’est le cas de Majda, 22 ans, étudiante étrangère en dernière année de master Marketing et vente, qui a fait appel à l’AGORAé après le confinement : « La situation s’était dégradée.

«Je ne travaillais pas jusqu’à présent mais là je cherche un job à mi-temps pour m’en sortir ».

De même pour Corentin, 21 ans en deuxième année de kiné : « Cette action est géniale. J’ai perdu 50 € sur ma bourse car mon frère est passé interne en médecine : ce n’est pas négligeable quand on est étudiant donc toute aide est la bienvenue ».

Travaillant durant l’été pour payer ses études, il « ne regrette pas d’être venu ».

Laura, présidente de GAELIS. Photo Lou VINCENT
Laura, présidente de GAELIS. Photo Lou VINCENT
Fiona et Camille, bénévoles lors de la distribution de paniers. Photo Lou VINCENT
Fiona et Camille, bénévoles lors de la distribution de paniers. Photo Lou VINCENT
 Stand de distribution. Photo Lou VINCENT
Stand de distribution. Photo Lou VINCENT
 Des denrées alimentaires, des produits d’hygiène ou encore des fournitures scolaires sont donnés. Photo Lou VINCENT
Des denrées alimentaires, des produits d’hygiène ou encore des fournitures scolaires sont donnés. Photo Lou VINCENT
Laura, présidente de GAELIS. Photo Lou VINCENT Fiona et Camille, bénévoles lors de la distribution de paniers. Photo Lou VINCENT  Stand de distribution. Photo Lou VINCENT  Des denrées alimentaires, des produits d’hygiène ou encore des fournitures scolaires sont donnés. Photo Lou VINCENT

 

Des témoignages qui n’en finissent pas. Ce constat, Laura, présidente de Gaelis, le déplore : « Chaque année, on aide près de 200 bénéficiaires mais la demande est croissante.

Surtout de la part des étudiants étrangers : lors de la distribution de paniers, 65 % des étudiants présents ne venaient pas de France ». Une réalité qui ne reflète qu’une partie de l’iceberg. Beaucoup d’étudiants n’osent pas demander de l’aide, ne se sentant pas assez légitime.

« Je ne vais pas déposer de dossier. Il y a des étudiants qui auront toujours plus besoin que moi », se confie Nina, étudiante boursière en kiné à la recherche d’un travail en plus de ses études.

AGORAé 1 – Site de La Doua (12, rue Raphaël-Dubois, 69100 Villeurbanne). AGORAé 2 - Université Lyon 2 (5, avenue Pierre-Mendès, 69676 Bron). Pour devenir bénéficiaire, remplir un dossier d’attribution alimentaire sur le site internet de GAELIS.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?