Villeurbanne Le PC reprend la mairie aux socialistes en 1935 avec Camille Joly

Camille Joly avait 36 ans quand il a été élu maire PCF de Villeurbanne en mai 1935.  Archives le Rize
Camille Joly avait 36 ans quand il a été élu maire PCF de Villeurbanne en mai 1935. Archives le Rize

Jules Grandclément, maire SFIO puis PCF de 1908 à 1922, devait mener la bataille. Mais il décède deux mois avant les élections. L’instituteur reprend le flambeau. Alors que la ville est de plus en plus ouvrière, il gagne le scrutin en battant l’illustre Lazare Goujon, créateur des Gratte-ciel.

Jules Grandclément devait mener la liste communiste aux élections municipales de mai 1935, après sa victoire aux cantonales de 1934. Elle l’avait relancé dans une ville à la classe ouvrière devenue majoritaire.

Mais l’ancien maire SFIO de 1908 à 1921 , qui a choisi le socialisme révolutionnaire au moment de la scission du congrès de Tours, en 1921, et a été à la suite maire sous l’étiquette PCF jusqu’en 1922, meurt deux mois avant. Il faut un nouveau candidat. La section locale du PC choisit Camille Joly, 36 ans. C’est un instituteur de Villeurbanne, communiste depuis les années 20. Il était très proche de Grandclément.

Le duel avec Lazare Goujon va être sanglant. Le socialiste a battu Grandclément à la partielle de novembre 1924, alors qu’il n’était conseiller municipal que depuis 1922. L’heure n’était plus à porter au pouvoir la fraction communiste qui s’est très vite sectarisée après le congrès de Tours.

Mais la réalisation du quartier des Gratte-ciel pendant ses mandats a mis en difficulté la ville financièrement. Goujon n’arrive pas à boucler son plan d’aménagement urbain. Il est obligé d’augmenter les impôts. À la veille des élections, la mesure déclenche un fort mécontentement.

 Camille Joly à la fin des années 30.   Photo Progrès /Le Rize
Camille Joly à la fin des années 30.   Photo Progrès /Le Rize
 Lazare Goujon a été maire de Villeurbanne de 1924 à 1935, pendant l’entre-deux guerres. Il le redevient en mettant fin à la parenthèse communiste en 1947. Il gagne de nouveau les élections de 1953 et laisse sa place à son premier adjoint Etienne Gagnaire en 1954.   Photo Progrès /Le Rize
Lazare Goujon a été maire de Villeurbanne de 1924 à 1935, pendant l’entre-deux guerres. Il le redevient en mettant fin à la parenthèse communiste en 1947. Il gagne de nouveau les élections de 1953 et laisse sa place à son premier adjoint Etienne Gagnaire en 1954.   Photo Progrès /Le Rize
 Camille Joly à la fin des années 30.   Photo Progrès /Le Rize  Lazare Goujon a été maire de Villeurbanne de 1924 à 1935, pendant l’entre-deux guerres. Il le redevient en mettant fin à la parenthèse communiste en 1947. Il gagne de nouveau les élections de 1953 et laisse sa place à son premier adjoint Etienne Gagnaire en 1954.   Photo Progrès /Le Rize

Goujon ne veut pas s’unir aux communistes au second tour

Le premier tour a lieu le 15 mars. La ville compte 80 000 habitants. Elle a connu un large afflux depuis 10 ans en augmentant de 18 000 personnes, pour la plupart des ouvriers. Le PC de Camille Joly vire en tête avec 4 314 voix. Une première depuis les élections de 1922, année au cours de laquelle, Grandclément avait remis son poste de maire en jeu pour contrecarrer les socialistes. Ce qui avait été un échec.

15 socialistes avaient été élus et c’est Paul Bernard, un communiste plus ouvert à la discussion avec les socialistes qui avait été élu. Aux élections suivantes, en 1925, Grandclément menait la liste PCF mais fut grevé par la candidature de la liste socialo-communiste dissidente de Paul Bernard. Goujon confortait son siège.

Entre les deux tours, des négociations s’ouvrent avec Joly qui veut réaliser l’union de la gauche en prenant la tête de liste. Pour Goujon, c’est inconcevable : il est maire sortant. Le PC doit partir seul. Goujon se maintient, en sachant ses chances très compromises. Évidemment, il perd. Villeurbanne redevient communiste. Jusqu’à ce qu’un recours soit introduit et annule l’élection.

Joly aurait dû se mettre en congé de la fonction publique. L’élection partielle n’est qu’une formalité : il est réélu le 29 mars 1936 alors que le vent montant du Front populaire est prêt à mettre Léon Blum au pouvoir en mai avec le soutien du PC.

Christophe GALLET

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