Villeurbanne Avec ses vélos en bambou, Félix Hébert trace sa route de patron

Félix Hébert mise sur les vélos en cadre bambou. Ils sont fabriqués à Villeurbanne. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Félix Hébert mise sur les vélos en cadre bambou. Ils sont fabriqués à Villeurbanne. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

Le créateur de Cyclik conçoit des vélos sur-mesure avec des cadres en bambou. Au-delà de l’aspect environnemental, ce passionné de deux roues, ancien compétiteur, mise aussi sur la performance, tant pour ses créations que pour la conduite de son entreprise.

Félix Hébert est un compétiteur. Cet habitué des cols alpins, qui s’est lancé dans la fabrication de vélos en bambou dès la fin 2014, n’entend pas mettre le pied à terre, désireux de porter sa société vers les cimes.

Ce trentenaire haut-savoyard a ainsi lancé son entreprise, Cyclik, à Villeurbanne. Il y conçoit des vélos sur-mesure en utilisant des matières végétales. Un savoir-faire construit à coup de ténacité.

Lui qui aurait aimé être cycliste pro a choisi de « ne pas se couper des études » et de construire sa route autrement, en lien avec sa passion.

« Depuis tout petit, je suis mordu de vélo. Je faisais des compétitions de jeunes […] Pour être pro, il fallait être capable de faire des sacrifices ».

Félix Hébert prend le chemin de l'université, à Lyon. Licence et master d’économie-gestion en poche, il devient, à l’issue de ses études, auditeur financier. En creuse, en parallèle, son idée de vélo en cadre bambou.

C’est en 2016 qu’il décide de s’investir pleinement dans son aventure entrepreneuriale ; il s'auto-finance et fait appel à de la "love money", empruntant auprès de proches.

Une cinquantaine d’heures pour un vélo

Félix Hébert a visiblement choisi le bon braquet sur un chemin loin d'être lisse. Ce fils d’un joaillier « qui aime créer et bricoler » semble avoir de qui tenir. Le patron de Cyclik façonne ses bijoux à deux roues en innovant.

Le choix du bambou pour le cadre, à la place du carbone, répond à plusieurs problématiques, environnementales mais pas uniquement : « Je cherchais un vélo confortable qui puisse mieux absorber les micro-vibrations de la route ».

Outre le confort et la résistance, le bambou offre de la performance, du fait de sa rigidité.

« Les bambous viennent de la bambouseraie d’Anduze (NDLR: dans le Gard), le lin (qui permet les assemblages) arrive de Normandie, la résine des Bouches-du-Rhône », souligne-t-il. Le choix des composants, lui, se fait avec les clients.

La réalisation d’un vélo prend environ 50 heures (prix moyen : entre 5 000 et 8000 euros). « Ils me disent ce qu’ils veulent, quelle pratique ils vont avoir. Il y a aussi les mesures anthropométriques. Cela détermine la géométrie du cadre ».

Après les vélos de route, piste, urbains ou encore électriques, la sortie d'un modèle VTT est annoncée en octobre.

Le dirigeant villeurbannais, qui compte des clients (en majorité CSP+) en France, Suisse alémanique et Allemagne, espère élargir son horizon à deux ans.

Avec un chiffre d’affaires prévisionnel 2019 de 80 000 euros (en courbe ascendante), il pourrait être amené à recruter l’an prochain (production, marketing/communication, commercial).

En patron, Félix Hébert porte pour l’heure toutes les casquettes, de la conception à la commercialisation en passant par les choix stratégiques : « Tout est à faire en même temps, dans sa globalité".

Ce qui n'effraie pas cet entrepreneur, prêt à faire bouger les lignes. En souriant : « Je me régale ».

Valérie BRUNO

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