Portrait Paul Frichet : «À Lyon, je vis comme dans un village»

Au cœur de son quartier, la place Sathonay joue un rôle central pour Paul Frichet.  Photo Progrès /David TAPISSIER
Au cœur de son quartier, la place Sathonay joue un rôle central pour Paul Frichet.  Photo Progrès /David TAPISSIER
Les héros de L’ Arche de Néo… débarquent place Sathonay.  Photo Glénat
Les héros de L’ Arche de Néo… débarquent place Sathonay. Photo Glénat
Au cœur de son quartier, la place Sathonay joue un rôle central pour Paul Frichet.  Photo Progrès /David TAPISSIER Les héros de L’ Arche de Néo… débarquent place Sathonay.  Photo Glénat

Le dessinateur Paul Frichet habite à Lyon depuis 2003. Installé au cœur du 1er arrondissement, il s’occupe de ses filles, en crèche et en maternelle… tout en conservant du temps pour ses projets de dessin.

Mes premiers pas

« Je suis né en Haute Normandie, dans un village connu pour son fromage, Neufchatel-en-Bray. J’ai fait toute ma scolarité à Rouen. »

Le dessin

« Dès la primaire, je lisais des comics, grâce à l’éditeur Lug. Strange, les XMen… Je m’amusais à décalquer des doubles pages. Je me souviens même avoir créé un personnage Ptérodactyle man… Ensuite, je suis passé à la BD franco-belge avec le magazine Spirou. Je savais alors ce que je voulais faire : de la BD. »

Mes études

« Après mon Bac S, j’ai été pris à Émile-Cohl. Je l’ai choisi car il n’y avait pas de mise à niveau à l’époque. Pour moi, c’était l’école de la vie en dessinant. C’était très scolaire et ça me convenait bien. Nous étions une promo très BD avec B-gnet , Magalie Lacombe, Fred Salsedo. L’école était dans le quartier de la place Saint-Anne et on habitait tous à côté. »

Disney

« À la sortie de l’école, Disney est venu pour recruter aux États-Unis. Ils cherchaient des jeunes dessinateurs pour caricaturer et faire des portraits. Je suis donc parti en 2002, pour quatorze mois au parc d’Epcot, en Floride, dans le village français. On logeait sur place. Mais c’était usant et peu gratifiant. Je suis parti avant la fin… »

Ma première BD

« Lors de mon retour à Lyon, j’ai commencé à démarcher car j’avais déjà comme but de faire de la BD. J’ai fait des petites histoires parues chez Bodoï, grâce au scénariste Nicolas Pothier qui travaillait là-bas. Ils publiaient de jeunes auteurs. J’ai signé chez Treize étrange pour la publication de ces planches du Lover Masqué , qui racontait l’histoire d’un héros qui se bagarre avec de la poésie. Cet album, c’était une aventure. J’avais la tête dans le guidon, je l’ai fait sans réfléchir. »

Les petits boulots

« Comme beaucoup de dessinateurs, j’ai fait des petits boulots pour gagner un peu d’argent : du déménagement, beaucoup de manutention, du traitement de chèque. En fait, je cherchais un CDD pour avoir des horaires plus fixes. C’est plus simple pour dessiner… »

Néo

« Après deux trilogies, Stéphane Betbeder m’a proposé ce scénario sur la condition des animaux. Ça lui correspond bien, ce côté militant. Un album qui m’a permis de revenir à un dessin plus épuré. »

Les animaux

« C’est un défi graphique : faire des animaux semi-réalistes et surtout très expressifs. C’est cartoon, mais au niveau de la morphologie, je suis réaliste. Finalement, c’était moins compliqué que prévu. Au départ, mon trait était un peu raide, mais une fois que j’ai trouvé le trait, c’est venu facilement. »

Le militantisme

« Je ne le suis pas autant que Stéphane et ce n’est pas dans ma nature. Par contre, j’aime les projets où il y a du fond. Ce qui me plaît, c’est avant tout raconter des histoires. Là, c’est une bonne fiction, les personnages sont attachants et c’est pour moi le plus important ! »

Les vaches

« L’animal le plus difficile à dessiner ? Les vaches, la structure est plus compliquée, notamment la tête. En fait, l’important, c’est que l’on reconnaisse l’animal, qu’il soit crédible : ça reste de la BD et ce n’est pas un documentaire ! »

Vivre de la BD

« J’y arrive… Mais ça dépend de chez qui tu signes ! Pour moi, le plus compliqué, c’est de respecter les délais. Je suis moins lent qu’à une époque, mais j’ai deux enfants, dont un en crèche. Les journées sont courtes… »

Mon Lyon

« Je suis arrivé rue des Capucins en 2003. C’est central, vivant et très agréable avec des enfants. C’est un peu comme un petit village. Scolairement c’est assez brassé, la crèche est à deux pas, c’est piétonnier et il y a peu de voitures. Les enfants peuvent aller à pied à l’école et c’est un privilège en ville ! On va peut-être déménager mais on restera dans le même quartier. Nous avons tout sur place. »

Propos recueillis par David TAPISSIER

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