ECONOMIE Épi c’est bon: plus qu’une épicerie, un lieu de vie sociale

Cofondatrice de l’épicerie solidaire, Hélène a également travaillé comme assistante sociale.  Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Cofondatrice de l’épicerie solidaire, Hélène a également travaillé comme assistante sociale.  Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
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Cofondatrice de l’épicerie solidaire, Hélène a également travaillé comme assistante sociale.  Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU

Ouverte en début d’année, l’épicerie solidaire Épi c’est bon ! est avant tout un lieu de rencontre et d’échange. Située dans un quartier d’habitat social du 8e  arrondissement de Lyon, l’épicerie est accessible à tous. Dans une optique de consommation écoresponsable, elle propose de nombreux produits bios et locaux.

Photo Le Progrès/ Laurène ROCHETEAU
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Des sacs de courses remplis à la main, un groupe d’amies quitte l’épicerie solidaire d’Hélène. Ce sont des habituées, elle les voit généralement le mercredi, et elles vivent dans les logements sociaux qui entourent la boutique. Aujourd’hui, elles sont venues faire leurs réserves, car elles savent que l’épicerie sera fermée jusqu’à la fin du mois d’août. Une fois qu’Hélène les a raccompagnées jusqu’à la porte, elle range quelques affaires qui traînent encore dans le magasin - tout à l’heure, elle a reçu plusieurs habitants du quartier venus prendre un café dans l’espace de vie de la boutique.

Car Épi c’est bon ! n’est pas seulement une épicerie solidaire, c’est avant tout un lieu de vie et de rencontre, ouvert à tous. « On recherche une mixité de public, explique Hélène, gérante et cofondatrice de l’établissement. On a dû œuvrer pour changer les mentalités, car les gens pensent que les épiceries solidaires sont réservées aux ménages en difficulté. »

Lancée en début d’année, l’épicerie solidaire s’est rapidement fait connaître dans le quartier. Ouverte trois jours par semaine, elle permet aux habitants du quartier d’acheter des produits à très bas prix. Hélène voit aussi bien des étudiants que des familles dans le besoin, envoyées par des travailleurs sociaux.

Photo Le Progrès/ Laurène ROCHETEAU
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Pas seulement une question d’étiquettes

Pour ces familles en difficulté, Hélène applique un prix encore plus bas, reconnaissable dans la boutique par une étiquette jaune. Les autres clients, qui ne sont pas suivis par des travailleurs sociaux, bénéficient du prix affiché sur les étiquettes blanches. Des tarifs pour la plupart bien inférieurs à ceux que l’on trouve en grande surface : un paquet de pâtes de 500 g y coûte 15 centimes. Mais Hélène propose également des produits bios aux tarifs « classiques », dont les fournisseurs sont les mêmes que pour les enseignes Biocoop ou La Vie Claire.

Le but est donc de proposer des produits de qualité pour toutes les bourses. La dimension solidaire de l’épicerie n’est toutefois pas qu’une question de prix : Hélène et son associée ont créé un véritable espace de vie au sein de l'épicerie. Tous les vendredis matin, quelques habitants du quartier viennent d’ailleurs y préparer un repas avec les invendus de l’épicerie, et sont ensuite rejoints par d’autres clients pour déjeuner. « On voit maintenant des gens qui ne sortaient plus de chez eux, explique Hélène. C’est une expérience humaine très riche. »

Photo Le Progrès/ Laurène ROCHETEAU
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Connaître la provenance des produits

Épi c’est bon ! est également une épicerie écoresponsable. « Nous incitons à limiter les déchets, les emballages », explique Hélène. À la rentrée, le rayon « vrac » accueillera d’ailleurs une nouvelle gamme de produits - Hélène voudrait même y proposer du café. Œufs, produits laitiers, glaces, vins… L’épicerie propose aussi  de nombreux produits locaux qui rencontrent un franc succès dans le quartier. Et même si l’huile d’olive, très prisée par la clientèle, n’est pas 100 % bio, Hélène en connaît particulièrement bien la provenance, puisque c’est elle qui la produit dans une exploitation du Lubéron. « Ce sont des olives récoltées en famille et entre amis. Alors même si l’huile n’est pas bio, je sais d’où elle vient et par où elle est passée. »

Pour le moment, Hélène se « laisse du temps » pour développer d’autres projets pour l’épicerie, même si un en particulier pourrait voir le jour d’ici la fin de l’année : elle travaille à la mise en place d’un site internet pour faire livrer des paniers de produits à ses clients. Un projet qui demande du temps - et de l’aide - et, pour le moment, Hélène aurait bien besoin de bénévoles pour l’aider à tenir l’épicerie.

Épi c’est bon !, 107 rue Laennec, 69 008, Lyon (ligne métro D, arrêt Laennec). Épicerie ouverte le mercredi de 14 h à 19 h, le jeudi de 14 h à 17 h, et le vendredi de 10 h à 17 heures contact.alcdc@gmail.com

Tous Unis Tous Solidaires, le site qui met en relation associations et bénévoles

Ouverte trois jours par semaine, l’épicerie solidaire aurait bien besoin de quelques mains en plus pour aider Hélène et son associée dans leurs tâches quotidiennes : l’accueil des clients, la caisse, la mise en rayon, la logistique, ainsi que pour aller chercher les produits à la banque alimentaire. Pour essayer de recruter des bénévoles, Hélène a récemment inscrit l’épicerie sur le site Tous Unis Tous Solidaires Tous Unis Tous Solidaires.

Ce collectif lyonnais, soutenu par la Métropole et composé de 16 associations, a lancé en 2019 sa 4e  édition, et a entièrement refondé son site internet, qui fonctionne comme un moteur de recherche pour le bénévolat. Il a pour but de faciliter la mise en relation des bénévoles et des structures recherchant de l’aide. Sur son site internet, les bénévoles peuvent donc s’inscrire à différentes missions qui leur sont proposées en fonction de leur localisation : épicier d’un jour, chef cuisinier pour des cantines solidaires, agent d’accueil d’une station de radio… Il suffit de cliquer sur le bouton « ça m’intéresse » pour proposer sa candidature et obtenir rapidement une réponse des responsables de la structure concernée.

Il existe également un espace distinct pour les associations qui souhaitent proposer des offres de bénévolat.

Laurène ROCHETEAU

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