Lyon Le maçon Elio Carbonaro sacré Meilleur ouvrier de France : « J’ai à cœur de valoriser les métiers manuels »

Elio Carbonaro a choisi de concevoir une échauguette high-tech en utilisant notamment, du béton sans ferraille et de la brique émaillée pour le soubassement. Autre argument qui sans doute a compté dans la note : 100 % des matériaux utilisés dans son projet viennent de la région.  Photo Progrès /Aline DURET
Elio Carbonaro a choisi de concevoir une échauguette high-tech en utilisant notamment, du béton sans ferraille et de la brique émaillée pour le soubassement. Autre argument qui sans doute a compté dans la note : 100 % des matériaux utilisés dans son projet viennent de la région. Photo Progrès /Aline DURET

La journée était chargée, lundi, pour le Lyonnais Elio Carbonaro. Après une visite dans l’un des amphithéâtres de la Sorbonne à Paris pour recevoir médaille et diplôme de Meilleur ouvrier de France (MOF), ce jeune Compagnon du devoir a été reçu à l’Élysée par le président Macron.

Il lui a fallu des heures et des heures de travail avant de rendre sa copie. Ou plutôt pour participer à l’épreuve finale du concours « Un des Meilleurs ouvriers de France » organisé tous les quatre ans par le Comité d’organisation des expositions du travail. C’est que le sujet était « plutôt complexe », reconnaît Elio Carbonaro, lauréat du concours qui s’est lancé dans l’aventure dans une spécialité qu’il a apprise chez les Compagnons du devoir, la maçonnerie.

Pour tous les candidats, -il y en avait 25 au départ de la compétition – il s’agissait de concevoir, sur le papier, une échauguette. Haut de cinq mètres, un peu plus, cet ouvrage, sorte de guérite en pierre, se place généralement aux angles de châteaux forts ou de bastions pour surveiller les alentours. Le défi n’est pas mince, mais Elio Carbonaro y met toute son énergie et son savoir-faire, tandis que d’autres jettent l’éponge. Il a de qui tenir. Dans la famille originaire de Nîmes, on est maçon et tailleur de pierre depuis quatre générations.

Il entame son apprentissage à 16 ans

L’entreprise actuelle pour laquelle il travaille à la Part-Dieu, Bouygues Bâtiment, lui a libéré du temps pour réaliser son œuvre. « On l’encourage et on le soutient », indique François Brogniart, directeur général adjoint qui évoque ici, la fierté d’accompagner Elio Carbonaro. « Il faut être un manuel de génie et disposer aussi d’une grande performance intellectuelle, car le concours est quelque chose de complexe », ajoute-t-il.

Chef de chantier au sein de cette entreprise dont les locaux se trouvent à la Part-Dieu, il a déjà œuvré sur un bon nombre de projets lyonnais : hôpital de la Croix-Rousse, tour Oxygène, école à la Duchère… Un petit tour en Asie Centrale lui permet de travailler sur deux hôtels et un parlement… C’est avec cet imposant bagage qu’il s’est lancé dans ce « très grand challenge » qui lui permet de se perfectionner dans son métier ». Mais pas seulement. Son idée à lui, celle qui lui tient à cœur, c’est aussi « valoriser les métiers manuels » et ce « goût du travail bien fait ». Notion qu’il a acquise au fil de son apprentissage entamé à 16 ans, qui le conduit dans toutes les régions de France et en Belgique.

Depuis lundi, Elio Carbonaro est officiellement MOF. Ce qui change ? Quand on le croisera sur les chantiers, il aura sur le col de son vêtement de travail, le petit liseré tricolore, celui que l’on regarde souvent, avec envie…

Aline DURET

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