Ils font la ville Dantes Dai Liang, l’homme qui chante Lyon aux Chinois

Dantès à travers Lyon et tourné vers la Chine . Photo Franc PÉRET
Dantès à travers Lyon et tourné vers la Chine . Photo Franc PÉRET

Tournée et enregistrée l’été dernier, la première chanson sur Lyon en chinois, Meili Li’ang, a été écrite par un Lyonnais. Dantès Dai Liang y raconte sa ville, avec comme objectif d’y attirer les visiteurs en provenance de l’Empire du milieu.

Meili Li’ang. Un titre de chanson… en chinois ! Mais pas n’importe laquelle : c’est la première qui parle de Lyon, et dont la traduction est « Lyon, même quand je suis loin  ». Derrière l’idée originale d’écrire une chanson pour faire la promotion de la capitale rhônalpine, Dantès Dai Lang, un Lyonnais de 40 ans, passionné par l’Empire du milieu, qui a vécu douze ans à Shanghai. De retour en France, il a enfin réalisé un de ses rêves : pouvoir chanter sur sa ville de cœur, afin de la faire découvrir en Asie.

Un aboutissement pour le compositeur, qui, lors de son entrée en sixième, souhaitait s’inscrire en russe, pour apprendre une langue différente. Mais une démonstration de kung-fu à Miribel le fait changer d’avis et il décide de découvrir la culture chinoise. Par chance, le seul établissement d’Europe qui le propose en première langue est à Lyon : le collège Jean-Moulin. Jusqu’en terminale, il s’investit à fond, prenant même une option renforcée. Il parvient au culot à partir en Chine avec l’École alsacienne de Paris lors d’un échange. Et là, c’est le choc : en 1995, la Chine s’ouvre à peine sur le monde. Musicien et compositeur à ses heures perdues, il y rencontre même le premier rockeur chinois, Cui Jian.

Figurant dans des films

Dès son retour dans l’Hexagone, il poursuit les langues en LEA et repart à Shanghai en septembre 2000. Avec, dans ses bagages, un CD de quatre titres enregistré au foyer de Montchat, et sa guitare. À cette époque, les étrangers intriguent encore, et il fait de la figuration dans des films locaux. La Chine s’ouvre et il participe même à un télé-crochet, où il chante ses propres titres en chinois, effleurant le succès.

Le retour en France est difficile. Il n’a qu’une idée : repartir. En 2004, direction le conservatoire de Shanghai, pour une thèse. Mais cette fois-ci, il s’envole avec un album écrit en chinois, enregistré à Villefranche. Son statut d’étranger maîtrisant la langue intéresse, et il se produit à la télé nationale lors du 1er  janvier 2005… devant 400 millions de personnes ! Il y restera jusqu’en 2012, écrivant un nouvel album et vivant des cachets de ses concerts.

Promouvoir la France auprès des Chinois

Lors de son retour en France, la Chine a changé. Elle s’est désormais ouverte sur le monde. Il décide de travailler entre les deux pays et de promouvoir la France auprès des Chinois, par ses chansons et ses vidéos. Entre 2014 et 2016, il travaille sur un projet à propos des Alpes et de la vallée de la Maurienne, puis en 2017 sur la Bretagne. Mais la ville qui l’intéresse, c’est Lyon. Fort de ses deux projets et soutenu par Only Lyon, il lance un financement participatif. Le tournage a lieu en août 2018 et l’enregistrement est fait dans un studio villeurbannais avec comme objectif de parler de la capitale rhodanienne sur les chaînes chinoises, lui qui a déjà tourné dans des vidéos en chinois pour expliquer la culture française. D’ailleurs, en France, si la communauté chinoise le reconnaît, la route est encore longue pour se faire aimer de ses compatriotes.

Lyon, une vision vraie de la France pour les Chinois

Sortie en novembre en France, la chanson est arrivée le mois suivant en Chine. Pour Dantès, Lyon représente l’image que se font les Chinois de la France, plus que Paris.

« La chanson reprend ce que l’on peut retrouver à Lyon, l’architecture, la nourriture, Guignol, la soierie ou encore le romantisme à la française. La qualité de l’air aussi, loin de celui pollué de Shanghai. L’idée est de montrer que Lyon est tournée vers l’avenir, et proposer cette chanson, qui se regarde et se fredonne, c’est essayer de rentrer dans la culture populaire chinoise, avant de pouvoir aller la chanter là-bas, lors d’un événement, et potentiellement donner envie à des Chinois de découvrir Lyon en vrai ! », conclut le chanteur lyonnais.

David TAPISSIER

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