Musique Julien Behr, le gone de l’opéra

Ses partenaires apprécient Julien Behr pour son charisme et sa bonne humeur.  Photo Rudy WAKS
Ses partenaires apprécient Julien Behr pour son charisme et sa bonne humeur. Photo Rudy WAKS

Le jeune ténor sort son premier récital, accompagné par l’orchestre de l’Opéra de Lyon.

A 36 ans, Julien Behr a la voix en poupe. Le ténor lyonnais sort Confidence , son premier récital, fier d’avoir enregistré cet album avec l’orchestre de l’Opéra de Lyon, « l’orchestre de chez moi ». Lors de la première séance d’enregistrement sur le plateau de l’auditorium, s’adressant aux musiciens, l’ancien élève des Maristes aurait même versé une larme. Ce disque marque une étape importante dans le parcours original de cet artiste apprécié pour son charisme et sa bonne humeur, et fait la une des médias spécialisés.

Au départ, Julien Behr n’imaginait pas connaître une carrière de chanteur d’opéra. Certes, il y a eu ses longues années à la maîtrise de la primatiale Saint-Jean, où il a chanté de 6 à 21 ans, puis ses débuts au concert avec les Chœurs de Bernard Têtu. Il y a eu ses années sur les planches dans la troupe de théâtre amateur qu’animait sa mère. Mais, à cette époque, l’étudiant à la fac catho et à Lyon 3 vise la robe noire.

Pourtant, une fois décroché son master en droit des affaires, il s’offre une respiration et reporte d’un an an son concours d’avocat. Sans surprise, il échoue. « En réalité je traînais des pieds à l’idée d’intégrer un cabinet », reconnaîtra-t-il plus tard.

Entre temps, il avait franchi les portes du conservatoire supérieur de musique sans passer par la case conservatoire de Région. Les juristes perdaient peut-être un ténor du barreau, mais les mélomanes ont gagné un ténor dont la voix s’approfondit d’année en année.

Ses débuts au festival d’Aix-en-Provence, en 2009, dans Orphée aux enfers , d’Offenbach, ont accéléré sa carrière.

Pourtant, cet amateur de bons gueuletons entre amis attendra 2015 et Idoménée, de Mozart, pour monter sur la scène de l’opéra de Lyon.

Depuis « sa » maison l’accueille régulièrement. Même s’il n’a pas envie de brûler les étapes, de casser sa voix en s’attaquant trop tôt aux grands rôles, d’autres projets attendent Julien Behr. Certains sont dans les tuyaux avec l’opéra de Lyon. Au disque, on attend la sortie de Roméo et Juliette, de Berlioz, le nouvel album de l’Orchestre national de Lyon où il chante sous la baguette de Leonard Slatkin. Fier d’être Lyonnais !

“Confidence” sur l’oreiller

Pour ses débuts au disque en solo, Julien Behr sort le classique de son côté guindé. Entre tendresse et héroïsme, joie et mélancolie, Confidence nous fait découvrir des raretés de l’opéra français du XIXe siècle (Gounod, Messager, Bizet, Delibes, Chabrier, etc.), des pages empreintes de romantisme « à écouter sur l’oreiller avec l’être cher ». Il conclut ce programme rafraîchissant avec Vous qui passez sans me voir , une chanson de Charles Trenet, « le chanteur préféré de mon grand-père, décédé il y a deux ans, mon héros à qui je dédie cet album ».

La réussite de ce disque tient aussi à la direction de Pierre Bleuse qui, à la tête de l’Orchestre de l’opéra de Lyon, retrouve l’esprit de la french touch qui convient idéalement au moelleux de la voix de Julien Behr.

> Disque Alpha classics.

Antonio MAFRA

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