Métropole de Lyon Panzani, avalé tout cru pour 550 millions d’euros

Le siège du groupe Panzani est lyonnais et le restera, souligne le groupe Ebro, qui s’en sépare.  Photo Progrès /DR
Le siège du groupe Panzani est lyonnais et le restera, souligne le groupe Ebro, qui s’en sépare. Photo Progrès /DR

La célèbre marque de pâtes, propriété du groupe espagnol Ebro Foods, mais dont le siège est lyonnais, s’apprête à être cédée au fonds d’investissement CVC Capital Partners.

Panzani change de crémerie pour rejoindre le fonds d’investissement britannique CVC Capital Partners. Montant de la transaction, 550 millions d’euros, a annoncé lundi l’AFP.

Si la cession du célèbre fabricant de pâtes aura des répercussions au plan national comme européen, elle n’est pas sans conséquence pour Lyon et sa région où, de longue date, Panzani possède siège social, usines et centre de recherche et développement. Le groupe « maintiendra son siège social à Lyon » et l’opération « n’aura aucun impact social pour les employés », a très vite communiqué son acquéreur en 2005, l’espagnol Ebro Foods. 750 employés, dont 250 à Lyon, seraient concernés par cette opération qui ne sera pas finalisée avant décembre.

Fin d’un suspense

Les négociations exclusives lancées portent sur l’acquisition des activités pâtes sèches, couscous, sauces et semoule. Le périmètre de l’opération inclut, ainsi, les marques Panzani et le fabricant de graines de couscous Ferrero, ainsi que les actifs opérationnels, dont les usines et les moulins, liés à ces marques.

C’est donc la fin d’un suspense : Panzani, deuxième fabricant de pâtes fraîches au monde et premier exportateur de semoule de blé dur, ne reviendra pas sous pavillon français. Son concurrent historique spécialisé dans les pâtes sèches, Lustucru Rivoire & Carret (1) (groupe Pastacorp) avait manifesté son appétit pour Panzani et ses marques de pâtes fraîches Lustucru Sélection et de riz Taureau Ailé, espérant ainsi constituer un géant français.

Ebro en voulait-il trop ? La cession intervient dans un contexte très favorable puisque le premier confinement avait fait s’envoler les ventes de pâtes et riz. Déjà en 2019, Panzani occupait 38 % des parts de marché sur le seul créneau des pâtes, soulignait au Progrès, Xavier Riescher, président du groupe Panzani. Il disait aussi sa volonté de rester à Lyon.

Rappelons qu’après avoir passé des dizaines d’années rue Boileau, tout près du parc de la Tête d’Or, Panzani a installé son siège rue Saint-Romain dans le 8e arrondissement en 2019. Aujourd’hui, l’histoire se poursuit pour la marque au slogan célèbre « Des pâtes oui ! Mais des Panzani ». Elle fut créée après guerre par Jean (Giovanni) Panzani, florentin devenu français d’adoption qui fit un tabac en proposant ses pâtes sous un emballage transparent. Un empire industriel était né, avalé par Danone, lyonnais également, en 1973, puis PAI Partners en 1997, Ebro en 2005, CVC Capital Partners désormais.

(1) En 2002, les activités de Lustucru avaient été scindées.

D.M avec AFP

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