Bron De la rue aux cuisines prestigieuses : « J’osais à peine respirer lorsque je suis entré chez Pierre Orsi »

Constantin Pocai à l’oeuvre dans les cuisines de Pierre Orsi. Photo Progrès /DR
Constantin Pocai à l’oeuvre dans les cuisines de Pierre Orsi. Photo Progrès /DR

Ancien SDF, Constantin Pocai a démarré en septembre comme aide-cuisinier dans le célèbre restaurant de la place Kléber. Un rêve pour ce Roumain arrivé dans l’Hexagone en 2011.

Depuis fin septembre, le cuisinier Constantin Pocai vit un rêve éveillé. Celui qui affirme « je me couche avec ce métier, je me réveille avec ce métier et quand je suis au restaurant, j’oublie tous mes problèmes », vient d’intégrer les cuisines du restaurant gastronomique de Pierre Orsi. Un épisode heureux dans le récit d’une vie conduite par sa passion.

Arrivé en France en 2011 , ce Roumain d’origine a vécu un an dans la rue. Bénévolat, activité en restauration ou en atelier de nettoyage pour 320 euros, il ne baisse jamais les bras. À l’Îlot qu’il intègre un temps, Constantin se découvre un talent pour l’art de la sculpture sur fruits et légumes  ».

 Constantin Pocai transforme, entre autres, pastèques et melons en œuvres d'art grâce à des motifs sculptés, le tout restant comestible.   Photo Progrès /Laurence MIRAILLES
Constantin Pocai transforme, entre autres, pastèques et melons en œuvres d'art grâce à des motifs sculptés, le tout restant comestible.   Photo Progrès /Laurence MIRAILLES

« C’était Versailles pour moi »

À l’aise avec les couteaux, il finit aussi par décrocher des contrats dans la restauration. Son parcours l’emmène au Conseil général où il bosse avec le Chef Stéphane Garcia. Il obtient facilement une lettre de recommandation qui a convaincu Pierre Orsi. Les portes de la gastronomie lyonnaise s’ouvrent à lui 10 ans après son arrivée dans l’Hexagone.

« Je suis heureux quand Madame Orsi me complimente sur mon travail », se réjouit aujourd’hui l’aide-cuisinier qui conservera probablement longtemps le souvenir de son premier jour dans le fameux établissement du 6e arrondissement.

Récemment, Constantin Pocai a pu rencontrer le chef lyonnais Davy Tissot, détenteur du Bocuse d'Or 2021.   Photo Progrès /DR
Récemment, Constantin Pocai a pu rencontrer le chef lyonnais Davy Tissot, détenteur du Bocuse d'Or 2021.   Photo Progrès /DR

« Tous les Roumains ne profitent pas du système »

« J’osais à peine respirer lorsque je suis arrivé à l’entretien, ce restaurant, c’était Versailles pour moi », explique l’ancien SDF. « Je suis dans mon élément, nous ne travaillons que des produits frais et je touche à tout », se réjouit le Roumain d’origine, heureux d’avoir intégré cette brigade de 6 personnes au sein du restaurant à 49 ans.

Un plaisir partagé à en croire Mickaël Colella, second de cuisine chez Pierre Orsi assurant que son nouveau collègue a « tout pour réussir ».

Avec ce nouvel emploi, Constantin Pocai a moins de temps pour son activité de sculpture sur fruits, légumes, bougies et savons qu’il exerce en tant qu’autoentrepreneur. Mais, toujours mené par la passion, il ne l’a pas abandonnée et continue ses démonstrations au marché de la création le dimanche.

« Je veux changer les mentalités : tous les Roumains ne profitent pas du système et ne réclament pas un logement gratuit », conclut-il, tout en regrettant le manque d’assistance auquel il doit faire face dans ses démarches administratives, du fait de son statut de salarié.

Contact : pocaiconstantin5@gmail.com ou Constantin Art Éphémère sur Facebook

De notre correspondante Laurence MIRAILLES

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