Gastronomie Émile Bourillot: «Enfant, je voulais être cuisinier comme mon père»

Christian et Émile Bourillot aiment se retrouver autour d’une bonne table.  Photo Progrès /Laurence PONSONNET
Christian et Émile Bourillot aiment se retrouver autour d’une bonne table.  Photo Progrès /Laurence PONSONNET

Émile, 23 ans, est le fils de Christian Bourillot, Meilleur Ouvrier de France qui a tenu pendant plus de trois décennies un restaurant étoilé place des Célestins, à Lyon. Rencontre.

Est-ce que votre père a, d’une certaine manière, façonné votre identité ?

« Forcément. Un père, c’est toujours un repère. »

Enfant, comment viviez-vous sa renommée ?

« J’étais très fier qu’il soit connu et reconnu, cela lui donnait l’image d’un héros. De plus, on me portait attention en tant que fils de : Tu es le petit Bourillot ? Interrogeaient les gens. Et aujourd’hui encore, lorsque je fais une réservation au restaurant, on me demande souvent si je suis le fils du cuisinier. Cela me fait sourire. »

Comment avez-vous vécu le grand écart d’âge qui vous sépare ?

« Cela ne m’a jamais dérangé. Parfois, les gens s’en étonnaient mais pour moi, c’était la normalité. Ce qui était surtout mis en avant par les autres, c’était son titre de Meilleur Ouvrier de France. Cela a toujours impressionné mes copains. Combien de fois ai-je entendu « Je me ferais bien inviter à manger chez toi » et mon père se faisait un plaisir de les accueillir. »

Racontez-nous quelques souvenirs

« Enfant, j’ai eu droit à un article dans Le Progrès où je racontais mon souhait d’être cuisinier ; je ne connaissais que cet univers et la réussite de mon père me faisait rêver. Dans la cour de récréation, je l’ai montré aux copains. C’était un événement pour moi qui n’avais que 10 ans, d’autant plus que Paul Bocuse, Pierre Orsi, et Jean-Paul Lacombe m’avaient félicité.

Je me souviens aussi qu’au Pavillon du Parc, vers 7 ou 8 ans, vêtu de la tenue complète de cuisinier et coiffé de la toque, je m’occupais parfois de la décoration des assiettes. Je trouvais cela exaltant et j’adorais l’ambiance qui régnait dans les cuisines. »

Vous sentez-vous un devoir de mémoire envers lui ?

« Non car mon père n’a jamais cherché à ce que je suive sa voie. J’aurais aimé perpétuer le nom et m’inscrire dans la lignée de cuisiniers comme mon grand-père Adrien ou mon père Christian. Mais je connais toutes les contraintes de ce métier et je sais qu’on ne peut l’exercer que par passion. »

Un regret ?

« Celui de ne pas avoir connu la grande époque, celle des Célestins, où mon père recevait les vedettes et le Tout-Lyon. »

Qu’aimeriez-vous lui dire ?

« Je voudrais lui dire mon admiration pour son dévouement aux autres et son parcours professionnel. »

De notre correspondante locale, Laurence PONSONNET

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