Gastronomie Hommage aux Mères lyonnaises

Eugénie Brazier, connu sous le nom de "la Mère Brazier", aux fourneaux. Son bouchon est toujours présent au 12, rue Royale.  Photo DR
Eugénie Brazier, connu sous le nom de "la Mère Brazier", aux fourneaux. Son bouchon est toujours présent au 12, rue Royale. Photo DR
La Mère Bizolon distribue son bouillon aux soldats,   ici devant la gare Perrache.  Photo DR
La Mère Bizolon distribue son bouillon aux soldats, ici devant la gare Perrache. Photo DR
Eugénie Brazier, connu sous le nom de "la Mère Brazier", aux fourneaux. Son bouchon est toujours présent au 12, rue Royale.  Photo DR La Mère Bizolon distribue son bouillon aux soldats,   ici devant la gare Perrache.  Photo DR

Pionnières de la gastronomie française, les Mères lyonnaises ont marqué l’histoire de la cuisine, de la Belle époque à l’entre-deux-guerres. Derrière Paul Bocuse ou Georges Blanc à leurs débuts, elles sont aussi les premières femmes chefs à décrocher des étoiles Michelin.

« On parle toujours de la mère Brazier, mais les premières Mères lyonnaises ont disparu de la mémoire collective. » Partant de ce constat, Bernard Boucheix, Auvergnat d’origine, a fait le tour de la France pour mettre en lumière la notoriété d’autres femmes aubergistes qui ont marqué leur époque dans ses livres  : Les vénérables Mères lyonnaises et Les Mères lyonnaises, les reines Mères de Lyon.

La Mère Guy

C’est la plus ancienne des Mères lyonnaises. Elle a ouvert sa guignette en 1759. Sa recette ? La matelote d’anguille.

La Mère Brigousse

Dans les années 1830, elle est appelée “La Mère des amoureux”, à cause de ses fameuses quenelles en forme de tétons de Vénus. À cette époque, le hameau des Charpennes, où vécut la Mère Brigousse, vit le jour. Son auberge était le théâtre de tous les jeunes hommes bourgeois, qui venaient enterrer leur vie de célibataire autour des mets en forme de sein.

La Mère La Mélie

Mère de la province du Beaujolais pendant la Belle époque, La Mélie se comportait comme un homme. On la retrouve sur de nombreuses cartes postales en France debout sur une table ou à califourchon sur une chaise. Elle n’hésite pas à s’exhiber, quitte à choquer pour l’époque, et à affirmer son fort caractère. Sa recette ? Le saucisson du Beaujolais, cuit dans son jus, ou encore l’andouillette.

La Mère Fillioux

Mère de la “Belle époque”, elle incarne la restauration bourgeoise. Cette Auvergnate est la première Mère lyonnaise à connaître une célébrité internationale de son vivant. Sur les publicités de l’époque, on peut lire à propos de son établissement : « restaurant connu dans le monde entier ». “L’impératrice des Mères lyonnaises” a notamment formé la Mère Brazier. Sa recette ? La poularde de Bresse demi-deuil, toujours servie chez Paul-Bocuse.

La Mère Bourgeois

Avec la Mère Brazier, elle est la première femme chef à avoir décroché trois étoiles au guide Michelin. Si la guerre 1914-1918 a impacté la fréquentation de l’établissement de la Mère Bourgeois, il reprendra de plus bel après la Première Guerre mondiale. Le nom Bourgeois rayonne à l’international au cours des Années folles. Des Parisiens aux célébrités, nombreux sont les gourmands qui ont fait une halte chez la Mère Bourgeois. Sa recette ? Les grenouilles ou les écrevisses du Bugey.

La Mère Bizolon

Par sa dévotion et sa fin tragique, la Mère Bizolon se distingue des autres mères. Véritable mère nourricière pendant la Première Guerre mondiale, elle tenait une buvette à Perrache. Bouillon chaud, pain, café, vin, la “Maman des soldats” distribuait pas moins de 1 000 repas aux soldats français et américains. Elle perdra son fils pendant le conflit. Décorée de la Légion d’Honneur par Édouard Herriot, la Mère Bizolon sera agressée chez elle par un inconnu, et décédera à l’Hôtel-Dieu le 3 mars 1940.

La Mère Brazier

La Mère Brazier, icône lyonnaise, a fait son apprentissage dans une institution lyonnaise, le Bistrot Fillioux. Édouard Herriot, maire de l’époque, avait salué celle qui avait « fait plus que [lui] pour la renommée de la ville ».

Repris en 2008 par le chef Mathieu Viannay, son bouchon est toujours présent, au 12, rue Royale (1er  arrondissement). En 2003, la rue a été rebaptisée de son nom.

Pratique Les vénérables Mères lyonnaises et Les Mères lyonnaises, les reines Mères de Lyon sont disponibles aux Éditions Créer www.edicreer.com

J’ai voulu redorer l’histoire des Mères, mythiques, et leur cuisine simple et généreuse.

Bernard Boucheix, auteur des livres sur les Mères lyonnaises 

Amandine EYMES

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?