Lyon Un dimanche d’ouverture en plus en 2022, les commerçants applaudissent

Pour le coprésident de l’association Lyon Côté Croix-Rousse, Patrick Tiffon, ce dimanche supplémentaire en 2022 permettra à la braderie de se dérouler comme les 18 et 19 septembre derniers.  Photo Progrès /Yves Le Flem
Pour le coprésident de l’association Lyon Côté Croix-Rousse, Patrick Tiffon, ce dimanche supplémentaire en 2022 permettra à la braderie de se dérouler comme les 18 et 19 septembre derniers.  Photo Progrès /Yves Le Flem

Après la douche froide en 2020 et la suppression de cinq dimanches sur douze par les Écologistes, l’ouverture d’un huitième dimanche en 2022, est accueillie favorablement par les commerçants lyonnais plongés dans un contexte difficile.

C’est Noël et pourtant, les présidents d’associations de commerçants à Lyon font plutôt grise mine. Avec la cinquième vague et les mesures sanitaires qui se resserrent, il n’y a pas la foule des grands jours sur les artères commerciales de la ville. Beaucoup pointent un climat anxiogène et des habitudes qui marquent le pas avec trop de commandes sur internet depuis la crise du Covid qui perdurent, au détriment des commerces de proximité.

« Le contexte est morose. Sur la grande rue de la Croix-Rousse, le chiffre d’affaires est en baisse » avance Patrick Tiffon, co-président de l’association Lyon Côté Croix-Rousse (Lyon 4e) « D’autant que les accès directs à la Croix-Rousse sont devenus compliqués à l’image de la montée Bonafous en travaux, la montée Saint-Sébastien en sens unique , et plus récemment la Voie est libre (18-19 décembre) avec une piétonnisation dans le 4e , les gens qui viennent moins. »

Le retour des braderies en 2022

Néanmoins, Patrick Tiffon se dit satisfait de l’octroi d’un nouveau dimanche d’ouverture en 2022. Après la suppression radicale de cinq dimanches en 2021 sur douze accordés par la majorité précédente de Gérard Collomb (le maximum autorisé par la loi), la nouvelle fait l’unanimité. « On s’est battu. On a rencontré Camille Augey, adjointe au commerce à Lyon à deux reprises. Ce nouveau dimanche servira à notre braderie » se félicite Patrick Tiffon, coiffeur rue d’Austerlitz. Une braderie que les Croix-Roussiens ont maintenue les 18 et 19 septembre mais qui n’a pas été très concluante. « Entre la distanciation et la réduction des jauges, on a perdu beaucoup d’argent ».

De braderie, il en sera question en Presqu’île les 24-25 septembre 2022. Une géante même concoctée par My Presqu’île (Lyon 2e) et qui s’étalera des bas des Pentes jusqu’à Perrache. Les commerçants du 2e ayant fait l’impasse cette année. « En règle générale, seule six à huit ouvertures de dimanches par an marchent fort à l’image des dimanches de décembre, des soldes d’hiver et d’été » souligne Clément Chevalier, directeur de la structure de management du centre-ville. « Ce dimanche supplémentaire accordé sera pour le 25 septembre et notre animation inédite. » Clément Chevalier reconnaît lui aussi un contexte global mitigé en raison de la crise sanitaire mais se félicite du bon rendement de la carte shopping (une nouvelle offre valable dans une centaine de boutiques en Presqu’île) lancée début novembre et qui a recueilli 10 000 € en un mois.

Sentiment mitigé chez Isabelle Burtin, présidente de la Fédération Le 6 (Lyon 6e) « Ce nouveau dimanche est très bien pour les commerces indépendants. Toutefois, il en faudrait douze. Nous avions proposé que les quatre autres dates soient dévolues aux centres commerciaux, afin que ne s’installe pas de concurrence déloyale entre les petites et les grandes enseignes et les villes périphériques. Mais la ville n’a pas retenu notre proposition » déplore-t-elle.

La patinoire des Lumières booste Monplaisir

Du côté de Monplaisir (Lyon 8e), l’activité est bonne. En témoigne Gwaenael Belbeoch, président de l’UCAM (Union des commerçants et artisans de Monplaisir) : « On est content de ce dimanche supplémentaire. Tout ce qui permet de faciliter nos activités est bon à prendre. Nous avons déjà nos deux temps forts avec la braderie de printemps décalée en juillet cette année et celle de l’automne Samedi Plaisir. En termes d’affluence, elles ont bien fonctionné. En période de braderie, cela permet aux commerçants d’écouler certains stocks, en revanche, les commerces de bouche fonctionnent un peu moins » précise Gwaenael Belbeoch qui se réjouit du retour de la patinoire des Lumières place Ambroise Courtois. Une animation en plein air qui draine du monde dans le secteur. « À l’instar des dernières années, il n’y avait pas de demandes d’ouvertures importantes » avoue Patrice Iochem président de l’Association de management de centre-ville « Lyon 7 Rive Gauche (Lyon 7e). « La décision prise convient donc à la grande majorité des commerçants et ce d’autant que des réunions préalables ont été organisées à la CCI Lyon Métropole et à la ville de Lyon. Ce qui est important, c’est de conserver la possibilité d’ouvrir les dimanches avant Noël et le premier dimanche des soldes ! »

Nadine MICHOLIN

Votre opinion ?

Les commentaires sont clos.