Métropole de Lyon Transports en commun : Transdev lorgne sur le réseau lyonnais

Niveau fréquentation, Thierry Mallet estime que le niveau est à « 80-85 % en ce moment ». « Notre métier a des marges faibles et une perte de fréquentation de 20 % nous plonge de suite dans le rouge », ajoute-t-il.  Photo Progrès /DR
Niveau fréquentation, Thierry Mallet estime que le niveau est à « 80-85 % en ce moment ». « Notre métier a des marges faibles et une perte de fréquentation de 20 % nous plonge de suite dans le rouge », ajoute-t-il.  Photo Progrès /DR

Présent à Lyon à l’occasion des Journées de l’Economie, le PDG de la multinationale du transport Transdev, Thierry Mallet, a fait le point sur l’actualité du groupe et ne cache pas son intérêt lyonnais

Après avoir chipé à Keolis le marché des transports en commun de Villefranche-sur-Saône, Libellule, Transdev, opérateur de transport, lorgne désormais avec appétit sur le réseau lyonnais, chasse gardée de Keolis (filiale de la SNCF) depuis des décennies. C’est ce que nous a confirmé le PDG du groupe Thierry Mallet, en déplacement à Lyon pour les Journées de l’Economie (JECO). « C’est l’objectif. On a le sentiment qu’il y a une équipe un peu plus ouverte. A un moment, on a un peu arrêté de répondre sur Lyon car on avait l’impression qu’il n’y avait pas de volonté de changer », pose-t-il.

Objectif 2024

Le renouvellement de la délégation de service public (DSP) doit intervenir début juillet 2024. En février 2021, les élus de l’autorité organisatrice, le Sytral, avaient voté un prolongement de 18 mois de l’actuelle DSP pour mener à bien des études en vue d’un éventuel allotissement. Selon les résultats de ces études, qui seront rendues début mars 2022, il pourrait donc y avoir différents lots selon les modes de transports (métros, bus, trams et même téléphérique, lire ci-contre) ou les zones géographiques. Un atout selon le patron de Transdev. « L’allotissement le plus naturel, c’est par mode de transports. Il y a un lot métro puis après tram. On peut les mélanger avec bus. C’est ce que font Paris ou Stockholm  », détaille Thierry Mallet, dont le but est « d’aller sur un maximum de lots ». Transdev, codétenu par la Caisse des Dépôts (66 %) et par le Groupe Rethmann (34 %), présent dans 18 pays avec 83 000 employés, attend désormais le cahier des charges.

« Si on ne résout pas le problème de la périphérie… »

Et le PDG d’évoquer le cas de la métropole lyonnaise. Selon lui, l’enjeu n’est plus de renforcer les transports en centre-ville, où l’offre est pléthorique (métro, tram, bus, vélo, trottinette…), « presque sursaturée ». « Si on ne résout pas le problème de la périphérie, on ne résout pas le problème écologique […]. En périphérie, dès qu’il y a une qualité d’offre, les gens abandonnent leur voiture [pour ces trajets, NDLR] car c’est une économie importante ».

Le but est donc de viser le « transfert modal » en augmentant l’offre  : ferroviaire, parkings relais (voitures, vélos), bus à haut niveau de service permettant d’accéder aux gares ou aux bouts de lignes. « Il faut recréer de la densité dans des zones où il n’y en a pas », explique Thierry Mallet, prenant l’exemple de Briis-sous-Forges en région parisienne. D’un grand parking le long de l’A10 partent des bus en voies dédiées vers la gare RER de Massy. « C’est aussi le système autour de Madrid, ajoute le PDG. Il faut passer à la bonne échelle, celle de l’aire urbaine ». Donc celle d’un couple Région et Métropole de Lyon, qui doivent se mettre d’accord et tirer dans le même sens. Peut-être le plus grand défi.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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