Auvergne-Rhône-Alpes Covid-19 : la région, « épicentre » de l’épidémie pendant la deuxième vague

Une évacuation sanitaire liée au Covid-19 au cours de la deuxième vague, en novembre 2020.  Photo Richard MOUILLAUD
Une évacuation sanitaire liée au Covid-19 au cours de la deuxième vague, en novembre 2020.  Photo Richard MOUILLAUD

Santé publique France dresse un bilan inter-régional des trois premières vagues de Covid, entre mars 2020 et mai 2021. L’agence souligne qu’en Auvergne Rhône-Alpes, la deuxième vague a connu une « dynamique fulgurante » avec une ampleur et impact sanitaire « exceptionnels ».

Touchée de manière « précoce et brutale » dès février 2020, la région Auvergne Rhône-Alpes (ARA) a connu trois vagues « de grande ampleur » mais la 2e, à l’automne 2020 « a remporté tous les superlatifs », relève Santé publique France (SpF), dans un bilan inter-régional des 3 premières vagues , entre mars 2020 et juin 2021.

Le Rhône, la Loire et l’Isère les plus touchés

En fait, la région ARA n’a connu qu’un répit de courte durée à l’issue de la fin de la première vague (voir par ailleurs) car la circulation virale est rapidement repartie à la hausse dès fin juillet dans le Rhône, la Loire et la Haute-Savoie. Si en août 2020, les jeunes adultes étaient les principaux contaminés, avec la rentrée de septembre, la circulation virale s’est accélérée dans toutes les classes d’âge. Le Rhône, la Loire et l’Isère étaient alors les plus touchés. Face à la saturation des capacités de dépistage, les tests ont dû être limités aux personnes symptomatiques, limitant l’identification de tous les malades tandis que des clusters de grande taille étaient identifiés en milieu universitaire. De nouveaux clusters ont ensuite aussi touché les EHPAD. Le pic épidémique a été atteint fin octobre-début novembre avec un taux d’incidence de plus de 900 cas/100 000 habitants, près de deux fois supérieur au taux national.

Les Ehpad plus impactés que lors de la première vague

Ainsi, le deuxième confinement, début novembre, « a été tardif pour la région », remarque SpF. Le 16 novembre, 7 125 patients Covid + étaient hospitalisés dont 866 en soins critiques. Le nombre de lits en réanimation a été porté à 1 200 pour une capacité initiale de 500 lits. Cependant, entre le 23 octobre et le 24 novembre 2020, 124 patients ont dû être transférés dans des services de réanimation d’autres régions. Les Ehpad ont aussi été plus impactés que lors de la première vague avec 75 % des établissements rapportant plus de 22 100 cas chez des résidents et 3 465 décès soit 65 % des décès survenus dans les établissements sur les 3 vagues.

Cette deuxième vague a d’abord touché les métropoles, les axes de circulation où se concentrent les zones d’activités et d’échanges, notamment Lyon et le nord-est de l’Ain, les vallées du Rhône et de la Saône, l’axe Saint-Etienne/Le Puy et la vallée de la Drôme mais des territoires ruraux ont également été impactés. Des territoires « à forte densité de population où vivent davantage de communautés précaires ou issues de l’immigration dans des logements suroccupés peur propices aux respects des gestes barrières » ont aussi été très touchés, relève SpF. Enfin, la région a été celle qui a connu les conditions météo les plus favorables à la diffusion du virus à cette période.

Un bilan "extrêmement lourd"

Cette deuxième vague a impacté plus largement la région que la première avec 11 départements sur 12 ayant un taux d’incidence supérieur à 500/100 000 dont 4 dépassants les 1 000/100 000 (Loire, Haute-Loire, Savoie, Haute-Savoie). Au final, le bilan régional des trois premières vagues de Covid reste « extrêmement lourd », souligne SPF, avec plus de 60 500 hospitalisations dont 10 600 en soins critiques et 17 070 décès dans les établissements de santé et médico-sociaux.

Février 2020 : le premier cluster investigué en France, aux Contamines-Montjoie

La région Auvergne Rhône-Alpes a été concernée très tôt par le Covid avec un 1er cas identifié début février 2020 en Haute-Savoie, aux Contamines-Montjoie, chez un Anglais de retour d’un voyage à Singapour. Ce fut le premier épisode de cas groupés de Covid investigué en France. Les clusters se sont ensuite multipliés et la progression de l’épidémie a été rapide. La région a connu son pic épidémique au cours de la semaine du 23 au 29 mars avec 2 070 nouvelles hospitalisations et 223 épisodes signalés en EMS (Établissements médico-sociaux). ARA a figuré parmi les régions les plus touchées lors de cette première vague, mais loin derrière l’Ile-de-France et le Grand Est notamment parce que la situation a été très hétérogène avec des départements très touchés - Loire, Rhône, Haute-Savoie - et d’autres relativement épargnés en Auvergne.

Quant à la troisième vague, son ampleur a été moindre grâce notamment à la vaccination, lancée en janvier, et de grandes campagnes de dépistage, avec un pic de 3 909 personnes hospitalisées le 20 avril 2021. Il faisait cependant suite à un long et haut plateau présent dès décembre. C’est pourquoi le nombre total d’hospitalisations pour cette troisième vague (22 923) s’approche du bilan de la deuxième (28 300), et que le nombre cumulé d’admissions en soins critiques (4 856) est supérieur (4 171). Et la mortalité hospitalière (4 600) a été moins élevée tandis que l’impact de la vaccination a été visible dans les EHPAD avec 3 300 cas confirmés et 350 décès chez les résidents.

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