Breakdance Un groupe de danseurs lyonnais défie le Top 8 mondial

Dix danseurs défendront les couleurs de Tie Break au BOTY 2021.  Photo DR /Homardpayette
Dix danseurs défendront les couleurs de Tie Break au BOTY 2021. Photo DR /Homardpayette

La compagnie de danse Tie Break va vivre, dimanche à Montpellier, son premier Battle Of The Year international, qui réunit les huit meilleures équipes du monde.

Une fois n’est pas coutume, la France ne sera pas représentée par son champion national lors du « Battle Of The Year » de Montpellier, où les huit meilleurs groupes de la planète « breakdance » sont attendus ce dimanche. Last Squad (Bordeaux), qui est aussi le lauréat en titre du BOTY international, a en effet décliné l’invitation, en raison sans doute de la date rapprochée avec le premier championnat du monde organisé en France, qu’il disputera le 4 décembre au Théâtre du Châtelet, à Paris.

Des anciens Pokemon à la manœuvre

Au final, cette défection des B-Boys bordelais profite à leurs homologues lyonnais de la compagnie de danse hip-hop Tie Break, pour qui cette consécration apparaît légitime et méritée. « On est vice-champion de France après avoir perdu la finale en 2019 », rappelle Patrick M’Bala, un des cadres du groupe avec Moncef Zebiri, tous les deux ayant longtemps appartenu au Pokemon Crew, en tant que danseurs et chorégraphes. « En 2020, on était très motivé pour repartir sur une préparation. Sans les annulations du Covid, je pense qu’on aurait été champions de France… »

Preuve de sa montée en puissance, Tie Break a enchaîné, tout au long de cette année 2021, « de gros battles que nous avons pratiquement tous remportés », se félicite Patrick M’Bala. De plus, il y a quelques jours, en région parisienne, les breakers rhodaniens ont enfin réussi à battre Last Squad, après leurs échecs successifs en championnat de France et lors du processus de sélection pour le mondial à venir dans la capitale française.

Une prise de risques assumée

« À la différence de Last Squad, dont les mouvements sont très propres, on prend énormément de risques, avec beaucoup d’acrobaties », détaille Patrick M’Bala, qui perpétue ainsi le « style lyonnais » des Pokemon Crew. « Vu que le niveau est très élevé, poursuit-il, les juges n’hésitent pas à sanctionner le moindre défaut, par exemple sur une mauvaise réception après un salto. On assume cette prise de risques, d’autant qu’on travaille dur pour tout maîtriser… »

Sur scène, alors que les écueils pourront se multiplier (pression, fatigue, transpiration…), Tie Break devra composer avec la jeunesse de sa troupe. « On a un groupe jeune et en reconstruction. On va affronter des équipes qui existent depuis plusieurs années et qui ont déjà beaucoup gagné ensemble. Ce sera compliqué, même si je sais qu’on va réaliser une très bonne performance, parce qu’on s’est préparé pour ! », affirme Patrick M’Bala.

Les dix membres de Tie Break, qui se rendront à Montpellier, se mesureront à des Japonais (Flooriorz), Coréens (Jinjo), Vénézuéliens (VinoTinto), Néerlandais (The Ruggeds Pays-Bas), Belges (Hustle Kids) et Américains (The Squadron et Monster Crew).

Dimanche 21 novembre à partir de 14 h 30, au Zénith Sud de Montpellier. Les shows chorégraphiques détermineront l’ordre des quarts de finale.

« On a de gros potentiels »

Le Brondillant Patrick M’Bala, 35 ans, s’apprête à vivre l’un des derniers grands rendez-vous de sa carrière exceptionnelle (champion du monde en 2003 et 2006, d’Europe et de France). Avec les ex-Pokemon Moncef Zebiri, Fares Baliouz et Nagueye Mahmoud, il a monté Tie Break, une compagnie de danse qui a pour vocation à créer des spectacles. « En parallèle, je continue les battles parce que j’aime l’adrénaline de la compétition. Mais c’est très éprouvant et on a toujours peur de se blesser (en rapport à l’activité spectacle de la compagnie). Aujourd’hui, je suis beaucoup dans la transmission de mon expérience. On a de gros potentiels (Tie Break a été un tremplin pour les Lyonnais Yanis Smaili et Arnil Nguon, B-Boy avec le statut de haut niveau, Ndlr). Certains vont tenter de se qualifier pour les JO de Paris (la discipline deviendra olympique à partir de 2024).»

T. A.

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