Rhône Handicap : la neurostimulation pour retrouver les bienfaits du sport avec Avistim

Nathalie Benoit, médaille de bronze en aviron handisport aux JO de Tokyo, est venue tester le rameur équipé d’un dispositif d’électrostimulation au Cercle d’aviron de Lyon.  Photo S.M
Nathalie Benoit, médaille de bronze en aviron handisport aux JO de Tokyo, est venue tester le rameur équipé d’un dispositif d’électrostimulation au Cercle d’aviron de Lyon. Photo S.M

Le projet Avistim vise à équiper des structures de rameurs équipés d’un dispositif d’électrostimulation afin de rendre le sport plus accessible à des personnes privées de l’usage de leurs jambes. Le Club d’aviron de Lyon est l’un des premiers sites équipés.

« Je sens un petit quelque chose… Là, un peu plus. Là, oui, je sens bien les picotements maintenant… » D’habitude, c’est uniquement à la force de ses bras que la championne de para-aviron Nathalie Benoit avance sur l’eau. Mais ce lundi, ce sont ses jambes, paralysées par la sclérose en plaques, que la médaillée de bronze aux JO de Tokyo, sollicite grâce à un rameur équipé d’une technologie innovante, l’électrostimulation.

« Il faut être juste en dessous du niveau de la douleur pour progresser au maximum »

Grâce à des électrodes placées sur les cuisses, les muscles se contractent sous l’effet des signaux électriques envoyés et Nathalie Benoit aligne les mouvements va-et-vient sur le rameur comme n’importe quel athlète valide. C’est au Club d’aviron de Lyon que la vice-championne du monde (2019) est venue tester cet appareil, dans le cadre du projet Avistim dont elle est la marraine.

Avistim s’appuie sur l’utilisation de rameurs utilisés en salle, des ergomètres de type Concept 2, équipés d’un boîtier et de capteurs utilisant l’électrostimulation fonctionnelle. Il faut bien localiser où placer les électrodes pour obtenir la meilleure réponse. L’intensité maximale est réglée avant le début de l’entraînement ; elle est ensuite modulable à l’aide d’un boîtier, par le sportif ou le coach.

« Il faut être juste en dessous du niveau de la douleur pour progresser au maximum », explique Gaëlle Deley, maître de conférences à l’UFR Staps de l’Université de Dijon et chercheuse au laboratoire Caps de Dijon, qui travaille depuis 6-7 ans sur l’électrostimulation et a créé l’association Stimule ton handicap pour transférer sur le terrain ses recherches.

Le projet Avistim s’est ainsi développé grâce à cette association, la société Kurage - qui développe les appareils - l’APF France Handicap et la Fédération française d’aviron, « qui possède une expérience dans le sport santé », rappelle son président Yvonig Foucaud. Avistim a remporté un appel à projets « Impact 2024 » dont l’objectif est de valoriser d’ici les JO de 2024 des initiatives sportives dotées d’un impact social.

L’aviron santé avec le Club d’aviron de Lyon

L’objectif d’Avistim est qu’au moins 500 personnes puissent bénéficier de cette méthode en France d’ici 2024 au sein des structures du réseau APF France handicap et des clubs affiliés à la FFAviron. Deux structures seront équipées par région. Le Club d’aviron de Lyon, qui développe l’activité aviron santé depuis plusieurs années , est l’un des premiers dotés.

Pour Pauline Kosak, l’un des trois entraîneurs formés à la technologie, Avistim est ainsi « le point ultime pour réunir les mêmes publics en même temps et avec une même licence ». Les résultats sont en effet bénéfiques pour les personnes handicapées mais aussi pour les sportifs valides de haut niveau. Pour bénéficier de séances, il suffit de souscrire à l’adhésion aviron santé d’un montant de 300 €/an.

Sylvie MONTARON

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