LYON Michael Jones : « La scène, c’est un peu ma drogue »

Michael Jones et l’une de ses 30 guitares, un modèle popularisé par John Lennon et George Harrison.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON
Michael Jones et l’une de ses 30 guitares, un modèle popularisé par John Lennon et George Harrison.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON

Le musicien franco-gallois raconte son enfance, ses débuts et ses années avec Jean-Jacques Goldman dans un livre de souvenirs. Un livre qui passe par Lyon, puisque le musicien habite la région depuis plus de vingt ans.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un livre de souvenirs ?

« Il y a dix ans, j’avais fait une émission de télé avec Stéphane Basset, dont le principe était d’aller retrouver l’origine et les racines des artistes. Alors, nous sommes allés au Pays de Galles, retrouver les lieux de mon enfance, c’était très sympa. Il y a un an, Stéphane m’a rappelé, il était à la recherche de ce document, qu’il avait perdu et que j’avais gardé évidemment. C’est lui qui m’a dit : on devrait en faire un livre. »

On apprend que vous avez une formation d’ingénieur automobile et que vous auriez pu travailler pour une écurie de compétition.

« Oui, j’avais une promesse d’embauche de Ford pour faire l’assistance sur les rallyes. Mais avant ça, je me suis pris une année sabbatique. Je suis allé en France, j’ai rencontré des musiciens. Je pensais m’amuser avec eux quelques mois, et aller bosser. Mais ça a duré cinquante ans… »

Votre savoir-faire en harmonie vocale était rare en France…

« Ça a un peu changé depuis le film Les Choristes. Mais la grande différence entre la France et les pays anglo-saxons, c’est la laïcité. L’harmonie vocale, ça s’apprend à l’école, qui est anglicane chez nous. Alors on apprend des cantiques de Bach, d’Haendel, de grands compositeurs. Alors qu’en France, on a des cantiques catholiques, au mieux grégoriens, qui sont pauvres en harmonie… »

Ça vous a beaucoup servi…

« Oui, ça nous a réunis, Carole, Jean-Jacques et moi, pour Fredericks, Goldman et Jones. On était tous fans de gospel et finalement le gospel, c’est la version moderne des chants religieux. Ça a donné le jazz, le blues, le rock, toutes ces musiques qui étaient modernes dans notre jeunesse (rires). »

Vous continuez à beaucoup jouer sur scène, qu’est-ce qui vous motive ?

« Le partage avec le public, c’est un peu ma drogue. La musique, pour moi, c’est une fête, et ça se fait ensemble. Je peux jouer devant 50 personnes dans un bar, ou devant des milliers de personnes sur une grosse scène, tout me convient. »

On apprend aussi dans votre livre que Jean-Jacques Goldman aime moins la scène que vous…

« Ce n’est pas qu’il n’aime pas. Au départ, il avait beaucoup le trac, mais il a fini par aimer ça, d’ailleurs on a fait beaucoup de tournées. Mais ce n’est pas ce qu’il préfère. Son truc, c’est la création, écrire des chansons, réaliser des disques… Moi c’est le contraire, alors on se complétait bien. »

Vous avez une émission sur internet, Confiture. Comment est-elle née ?

« Pendant le confinement, les musiciens et les restaurateurs étaient sans travail. On a eu l’idée de faire une émission qui nous réunit, et ça m’amuse beaucoup. »

Vous avez invité Sellig, autre lyonnais…

« On se connaît depuis vingt ans, on est très complices. Je lui ai fait des musiques pour ses spectacles, et il m’a écrit des textes, pour mes enchaînements sur scène, entre les chansons. »

Qu’est-ce qui vous a amené à Lyon ?

« À l’époque j’étais dans le sud de la France et la mère de ma fille, qui venait de naître, a voulu se rapprocher de ses parents qui sont Lyonnais. À Marseille, à l’époque, c’était très compliqué, et très long d’aller à Paris, il n’y avait pas le TGV. De Lyon, c’est bien plus rapide.

Michael Jones, Mes plus Belles Chances , éditions Robert-Laffont. 20,50 €

Recueilli par T.M.

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