Rhône À 16 ans, elle écrit une BD pour alerter sur le choc toxique lié aux règles

Ainhoa a fait un choc toxique et a écrit une BD pour sensibiliser aux risques de choc toxique avec les tampons.  Photo Richard MOUILLAUD
Ainhoa a fait un choc toxique et a écrit une BD pour sensibiliser aux risques de choc toxique avec les tampons.  Photo Richard MOUILLAUD

Cette jeune Lyonnaise n’avait que 13 ans quand elle a été victime d’un choc toxique après avoir dormi avec un tampon périodique. Grâce à la réactivité de sa maman et des médecins de l’hôpital Femme Mère Enfant, l’adolescente a guéri sans grave séquelle. Mais elle pense aux jeunes filles qui n’ont pas eu cette chance.

« Nous avons eu beaucoup de chance…, répète Gaëlle. C’est un drame qui va tellement vite ! » A ses côtés, sa fille de 16 ans, Ainhoa (1), silhouette élancée, regard pétillant, raconte sans pathos ce choc toxique lié à l’utilisation d’un tampon périodique, dont elle a été victime à l’âge de 13 ans. « Sur le moment, je ne me suis pas rendu compte. C’est après que je me suis dit que passer 3 jours en réanimation à cet âge-là, ce n’était pas rien », explique Ainhoa.

Cette adolescente lyonnaise vient de réaliser une courte BD de 3 pages pour raconter son histoire et alerter sur ce risque. « Je pense à ces jeunes filles qui sont mortes parce qu’on a cru qu’elles avaient la grippe », poursuit Ainhoa. Ou une gastro-entérite… comme Maëlle, décédée à l’âge de 17 ans, en janvier 2020.

Ce soir du 18 août 2018, Ainhoa est chez son arrière-grand-mère. Ses règles arrivent mais elle n’a rien emporté. Sa mère lui donne un tampon qu’elle met juste avant de se coucher, à 23 heures. Trois heures plus tard, elle se réveille avec de la fièvre et des frissons puis se rendort. À son réveil, elle est « dans les choux ». Sans se lever, elle demande un à sa mère. Quand Gaëlle arrive dans la chambre, elle percute aussitôt et demande à sa fille si elle porte toujours le tampon. « J’avais été frappée par la diffusion du documentaire « Tampon, notre ennemi intime » d’Audrey Gloaguen sur France 5. On en avait pas mal parlé. Je me souvenais qu’il fallait enlever le tampon tout de suite », se souvient Gaëlle.

Les pompiers transportent Ainhoa à l’hôpital Femme Mère Enfant (HFME) de Bron. Sa tension est très basse. « Je me souviens juste que je me suis endormie plusieurs fois », raconte-t-elle. « Ça a été le branle-bas de combat. Les médecins arrivaient de tous les étages. C’était la panique. Ils avaient l’œil sur la montre. On sentait que ça se jouait à la seconde. Ils m’ont dit : si vous aviez apporté le tampon, on aurait gagné du temps », explique Gaëlle. Ainhoa est hospitalisée en réanimation. Tous ses organes sont scrutés à la loupe.

Elle se réveille trois jours plus tard, « avec des cathéters de partout », se rappelle-t-elle. Les premiers jours, elle est victime de vomissements et de diarrhées soudaines. Après 5 jours d’hospitalisation en pédiatrie, elle se remet rapidement hormis une grande fatigabilité persistante. Aujourd’hui encore, Ainhoa doit dormir davantage ; elle n’est plus première aux cross scolaires. « ça va mieux mais ce n’est plus comme avant », constate l’adolescente.

Si Ainhoa est restée discrète à l’école sur ce sujet encore tabou, la jeune fille et sa mère ont prévenu toute la famille. Et puis, Gaëlle a suggéré à sa fille de coucher son histoire sur le papier, elle qui dessine « depuis toujours ». Ainhoa s’est lancée il y a deux semaines. Le résultat tient dans 39 cases très didactiques où elle délivre un message de prévention et remercie les soignants de l’HFME « qui ont tous été super ». « Je pense que la BD est un bon support pour toutes les personnes qui n’ont pas envie d’aller lire un long article », glisse la jeune élève de terminale.

Aux Hospices civils de Lyon, le Pr François Vandenesch, directeur du Centre national de référence des staphylocoques qui a publié une étude sur ce sujet, a décidé de l’utiliser auprès de ses étudiants.

(1) Prénom d’emprunt

S.M.

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