Villeurbanne Deux jeunes chercheuses récompensées pour leur parcours d’excellence

Stella et Jessika sont venues poursuivre leurs études en France, notamment à l’École normale supérieure de Lyon (ENS).  Photo illustration Progrès /Philippe JUSTE
Stella et Jessika sont venues poursuivre leurs études en France, notamment à l’École normale supérieure de Lyon (ENS). Photo illustration Progrès /Philippe JUSTE

Stella Bitchebe, doctorante, et Jessika Consuegra, post-doctorante, habitent Villeurbanne et font partie des 35 chercheuses sur 740 candidates à avoir été sélectionnées pour le prix Jeunes Talents France 2021 L’Oréal-Unesco qui leur a été remis, ce jeudi 7 octobre, à Paris.

Stella Bitchebe, doctorante, et Jessika Consuegra, post-doctorante, habitent Villeurbanne et font partie des 35 chercheuses sur 740 candidates à avoir été sélectionnées pour le prix Jeunes Talents France 2021 L’Oréal-Unesco qui leur a été remis, ce jeudi 7 octobre, à Paris. À la clef, une dotation financière qui va leur permettre de poursuivre leurs travaux de recherche. Mais cette récompense salue avant tout un parcours brillant , parfois semé d’embûches pour des jeunes femmes engagées dans un cursus scientifique où elles sont très fortement sous-représentées. Toutes deux nous confient leur fierté d’obtenir cette reconnaissance et leur envie d’inciter les plus jeunes à marcher dans leurs pas.

Stella Bitchebe : « Il n’y a pas de frontières pour l’intelligence »

Stella Bitchebe Photo Progrès/Caslot Jean-Charles
Stella Bitchebe Photo Progrès/Caslot Jean-Charles

Stella Bitchebe a 27 ans et est originaire du Cameroun où elle a suivi ses études jusqu’à l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, avant de venir étudier en France. À Toulouse, puis à Nice et enfin à Lyon où elle est doctorante à l’ENS, l’École normale supérieure de Lyon.

Ses recherches portent sur la réduction de l’empreinte carbone des datas center et l’amélioration de leur sécurité. « L’objectif est de réduire le nombre de serveurs dans les clouds et de diminuer ainsi la consommation d’électricité », explique-t-elle brièvement, par souci de vulgariser la complexité de sa thèse universitaire qui l’amène à l’excellence.

« Casser le plafond de verre »

« Ce prix est un très grand honneur pour moi, c’est la reconnaissance de mon parcours et d’un combat personnel. Celui de voir de plus en plus de filles se tourner vers des études scientifiques ». Car Stella l’avoue humblement, son chemin qui l’a menée jusqu’à cette récompense était loin d’être tracé d’avance. « Dans mon pays d’origine, fonder une famille est quelque chose de culturel pour une femme.

Je ne dis pas que c’est incompatible avec de longues études mais je voulais aller au-delà de ça, ne pas me brimer. Commencer une thèse au Cameroun est impossible, je voulais casser ce plafond de verre en venant en France. Il n’y a pas de frontière pour l’intelligence. Je suis l’aînée d’une famille de cinq filles qui vit encore au Cameroun. Toutes ont un parcours scientifique. Ce prix leur montre que c’est possible de réussir, il me donne envie de continuer et d’explorer d’autres domaines ».

Jessika Consuegra : « Avoir ce prix est une grande émotion »

Jessika Consuegra. Photo Progrès/Caslot Jean-Charles
Jessika Consuegra. Photo Progrès/Caslot Jean-Charles

Originaire de Colombie, Jessika Consuegra est mariée à un Français, lui-même chercheur et maman de deux petites filles. La famille habite à Villeurbanne depuis 2015, dans le quartier République. La jeune femme de 33 ans est post doctorante, elle est arrivée en France il y a dix ans pour poursuivre ses études supérieures. « Je ne parlais pas la langue et j’ai appris. J’adore la France, il y a tellement plus de choix et d’opportunités pour les femmes qu’en Colombie ». Ses recherches à l’École normale supérieure de Lyon (ENS) portent sur les effets positifs de bactéries du microbiote intestinal. « C’est très dans l’actualité, cela permet entre autres de combattre la malnutrition et de développer des thérapeutiques pharmaceutiques contre certaines maladies ».

« Une grande émotion »

« Ce prix, c’est une vraie surprise, une grande émotion », s’enthousiasme cette chercheuse qui avait déjà candidaté l’année dernière. « Je le prends comme une reconnaissance personnelle, avec le devoir de représentation qui l’accompagne. Je viens d’un quartier populaire, personne dans ma famille n’a fait d’études comme moi, c’est difficile sans passer par des écoles privées. Mon exemple prouve aux plus jeunes que l’on peut croire en ses rêves et réussir ».

Elle qui adore vivre à Villeurbanne, « une ville de grande mixité riche en activités de toutes sortes », aimerait donner le goût des études scientifiques aux plus jeunes. « Il faudrait valoriser davantage cette filière et montrer que l’accès à la voie de la recherche et des métiers scientifiques est possible pour tous ».

Régis BARNES

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