Rhône « Des projets ambitieux pour produire une agriculture nourricière »

La métropole de Lyon ne compte aujourd’hui que 8 % de surface bio. Des start-up comme Alancienne favorise les circuits-courts dans une démarche de réduction du gaspillage alimentaire.  Photo Progrès /DR
La métropole de Lyon ne compte aujourd’hui que 8 % de surface bio. Des start-up comme Alancienne favorise les circuits-courts dans une démarche de réduction du gaspillage alimentaire. Photo Progrès /DR

Portées par les annonces de la Métropole écologiste qui souhaite investir 10 millions d’euros pour une agriculture bio et locale, des initiatives prenennt corps comme la start up Alancienne, qui souhaite dupliquer son modèle de ferme agroécologique dans la région lyonnaise.

Contribuer à l’autonomie alimentaire du territoire avec une agriculture locale, bio, durable, moins polluante : l ors de sa rentrée politique, Bruno Bernard a annoncé vouloir quadrupler le budget agricole et alimentaire de la Métropole et le porter à 10 millions d’euros en 2022 pour « augmenter son ancrage sur le territoire lyonnais », faisant le constat que 95 % des produits agricoles sont exportés.

« Les Lyonnais ne consomment que 4 % de la production locale »

Parmi les projets évoqués pour y arriver, la création d’incubateurs de paysans dans l’Est lyonnais et d’une ferme semencière développée par le Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA) de Charly. Des projets ambitieux pour produire une agriculture nourricière devant aboutir au minimum à « 50 % de consommation locale ».

En projet, des incubateurs de payasans dans l’Est lyonnais

La start-up Alancienne, présente dans la région lyonnaise depuis deux ans, développe justement un service de livraison à domicile de produits ultra-frais, bio et locaux. Comme d’autres initiatives en faveur de l’agriculture écologique, ils souhaitent se faire connaître auprès de la Métropole : « Nous répondons, avec notre service, au problème que la Métropole essaie d’assumer en investissant davantage dans le monde paysan. La région possède un bassin de production en agroécologie très développé avec des produits locaux de belle qualité. Toutefois, les Lyonnais ne consomment 4 % de cette production, dont la majorité est destinée à d’autres régions de France ou à l’export », constate Paul Charlent, co-fondateur d’ Alancienne.

 Tous les produits proposés sur le site Alancienne proviennent directement d sites régionaux engagés en agroécologie. Photo Progrès /DR
Tous les produits proposés sur le site Alancienne proviennent directement d sites régionaux engagés en agroécologie. Photo Progrès /DR

En mettant en relation producteurs et citadins avec son site internet, l’entreprise travaille aujourd’hui en collaboration avec 40 producteurs de la région, chacun engagé dans l’agroécologie ou dans l’agriculture biologique, et compte 1 200 clients. « Le matin, les produits sont récoltés, le soir, on livre des fruits, légumes, lait viande, pain, œufs… Toujours en production ultra-locale ».

Le but étant, en pratiquant l’agroécologie, d’être le plus autonome possible en travaillant au maximum dans un écosytème naturel pour faire de la production de biomasse alimentaire. Une agriculture « sans déchets, sans pollution, sans « entrants » et avec des agriculteurs mieux rémunérés », certifie Paul Charlent, car 56 % des exploitations françaises dépendent de la PAC : sans ce versement, les agriculteurs mettent la clé sous la porte. Cette agriculture-là ne tourne pas rond. Il faut leur redonner de la souveraineté, qu’ils puissent se payer décemment… ».

« Les villes doivent retrouver leur indépendance agricole »

L’idée du chef d’entreprise étant de répliquer son concept dans la région lyonnaise au cours des deux prochaines années : « C’est le modèle que nous avons développé à Paris avec La Ferme de l’Envol , une ferme agroécologique inspirée de la permaculture… Les villes doivent retrouver leur indépendance agricole ».

Sandrine RANCY

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