Rhône Voitures sans permis : un marché de niche en plein essor

Concession Aixam Lyon Vaise (9e), ces deux Aixam City Sport vont être livrés à des jeunes lycéens âgés de 15 et 16 ans domiciliés à Tassin-la-Demi-Lune et Saint-Genis-Laval. Dans les deux cas, les parents refusaient d’acheter des deux-roues qu’ils jugent « trop dangereux ».  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Concession Aixam Lyon Vaise (9e), ces deux Aixam City Sport vont être livrés à des jeunes lycéens âgés de 15 et 16 ans domiciliés à Tassin-la-Demi-Lune et Saint-Genis-Laval. Dans les deux cas, les parents refusaient d’acheter des deux-roues qu’ils jugent « trop dangereux ».  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
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Concession Aixam Lyon Vaise (9e), ces deux Aixam City Sport vont être livrés à des jeunes lycéens âgés de 15 et 16 ans domiciliés à Tassin-la-Demi-Lune et Saint-Genis-Laval. Dans les deux cas, les parents refusaient d’acheter des deux-roues qu’ils jugent « trop dangereux ».  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND

Fini, l’image de la voiturette pour ceux qui n’ont plus le permis, elle est devenue en quelques années un engin tendance. Plus sûre, plus fiable, mieux équipée, ses ventes sont en constante hausse. Pouvant être conduite dès 14 ans, son image s’est rajeunie. Difficultés de passer le permis, étalement urbanistique, le département du Rhône est un sol fertile à son développement.

Par le passé, la voiture sans permis était souvent moquée. Aujourd’hui, c’est devenu un objet tendance chez les jeunes au même titre que les scooters et motos. Clément, 16 ans, domicilié dans les Monts d’Or roule en Aixam City GTO. « Ma sœur avait une voiture sans permis, mes parents ont fait la même chose pour moi, en attendant mes 18 ans, et que je puisse passer mon permis voiture », explique l’adolescent pour qui son véhicule est un moyen de transport bien pratique au quotidien.

«  Ce n’est pas pour s’amuser. Ce n’est pas un karting. Cela évite à mes parents de me véhiculer en permanence. Je vais avec au lycée à Lyon, chez des potes et en soirée », précise-t-il. Comme beaucoup de parents, ce choix d’un véhicule sans permis est guidé par un souci de sécurité. « Mes parents ne voulaient pas que je conduise un deux-roues », confie Clément.

« Des moteurs DCI fiables et propres »

Il faut tout de même savoir que le prix d’une voiture sans permis varie entre 10 000 et 16 000 € neufs pour 900 à 3 000  pour l’équivalent en scooter ou moto 50 cm³. Il s’agit de quadricycles majoritairement thermiques qui fonctionnent au diesel. « L’électrique n’est pas très demandé. Il faut dire qu’avec un véhicule de ce genre, on consomme seulement 3 litres aux 100 km avec des moteurs DCI fiables et propres, sans contrainte d’autonomie liée à la recharge », confie Olivier Tonadre, gérant de trois garages Aixam dans la Métropole de Lyon, dont le dernier qui vient d’ouvrir, rue Gambetta à Lyon 7e.

Le chef d’entreprise, qui représente le leader européen dans cette niche, connaît une croissance continue depuis ses dernières années. En 2020, malgré la crise sanitaire, il a vendu 60 véhicules neufs, un chiffre identique à 2019. L’objectif pour 2 021 est d’atteindre 150 ventes, dont une cinquantaine d’occasions.

Un marché de l’occasion qui se porte particulièrement bien confirme Brahim Ketif, gérant de Lyon sans permis, distributeur multimarques et exclusif pour la marque italienne Casalini et française Bellier. « Dès que l’on rentre une voiture d’occasion, elle est revendue tout de suite. Les véhicules perdent très peu, il est impossible d’en trouver à moins de 5 000 », explique le professionnel.

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« Trois familles de clients »

La clientèle est répartie en trois familles, plus ou moins importante en fonction du secteur. La première concerne des jeunes de moins 18 ans, génération iPhone, dont les parents cherchent avant tout la sécurité pour leurs enfants. C’est elle qui a boosté ces dernières années les ventes. Un phénomène très présent dans l’agglomération lyonnaise avec des familles qui s’installent en maison à l’extérieur de Lyon où les transports en commun sont peu présents. L’apprentissage, qui est reparti à la hausse, créée aussi de nouveaux besoins de déplacement pour se rendre au travail : artisans boulangers, métiers du BTP…

La deuxième est liée à une problématique de retrait ou une suspension de permis. « Cette clientèle se tourne vers l’achat ou la location de véhicules en fonction des profils. Avec les permis à points et le nombre de contrôles dans le Rhône, les demandes sont nombreuses. Elles devraient même s’amplifier avec le déploiement prochain des radars embarqués. Bien sûr, il y a les suspensions liées à l’alcoolémie, mais sur dix appels, deux concernent l’alcool et encore des conducteurs pris à la sortie d’un repas ou d’une fête arrosée », note Olivier Tonadre.

La troisième famille concerne la clientèle historique, les plus fidèles et réguliers. Il s’agit de personnes plus âgées qui n’ont jamais passé ou réussi à avoir le permis pour différentes raisons. On retrouve aussi ceux qui ont la phobie de la vitesse, de la circulation et qui avec un véhicule sans permis se sentent plus à l’aise.

Le prix, le temps et la difficulté de décrocher son permis aujourd’hui dans le département du Rhône font que le recours à la voiture sans permis fait son chemin. À noter que la limitation à 45 km/h des voiturettes n’est plus forcément un handicap rédhibitoire pour circuler dans des agglomérations où la vitesse est très souvent limitée à 30 km/h.

Damien LEPETITGALAND

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