Villeurbanne Venez flâner aux Puces du Canal : un village dans la ville aux mille trésors

Depuis le mois de mai, une dizaine de nouvelles boutiques a ouvert ses portes aux Puces du Canal de Villeurbanne.  Photo Progrès /Martina MANNINI
Depuis le mois de mai, une dizaine de nouvelles boutiques a ouvert ses portes aux Puces du Canal de Villeurbanne.  Photo Progrès /Martina MANNINI

Installé depuis vingt-cinq ans dans le quartier Saint-Jean à Villeurbanne, le deuxième marché national est pris d’assaut par 10 000 visiteurs chaque week-end depuis sa réouverture fin mai. Entre mobilier d’époque, fripes vintage, bibelots en tout genre et œuvres d’art recyclées, ici la chine prend ses meilleurs quartiers.

En dépit de quelques nuages moutonnés aux airs de fin d’été en toile de fond, les jeudis matin aux Puces du Canal sont toujours égayés par une certaine effervescence. À l’heure où les brocanteurs itinérants n’ont pas encore pointé leur nez et les déballages et marchandages se font uniquement entre professionnels, les touristes et chineurs peuvent arpenter le site en long et en large, dans une ambiance intimiste et au parfum d’antan. Ces allées qui regorgent, notamment, sur six hectares, d’antiquités, d’objets rares et insolites. Avec une dizaine de nouvelles boutiques à découvrir.

Replonger dans les souvenirs d'enfance

Chez Broc by V, dans le quartier de l’ancienne école, Pierre-Alain met en scène sa collection de trouvailles rétro, qui tapent dans l’œil en raison de leurs couleurs vives mais qui invitent surtout à la nostalgie. On y retrouve entre autres un coin bistro avec des jeux de bar, encadré par des anciennes enseignes publicitaires, une salle de classe avec ses bancs et fournitures d’écoliers (affiches, livres, BD…), ainsi qu’un garage décoré de vieux bidons, pompes à essence et un grand feu tricolore. Des objets laissés pour la plupart dans leur patine d‘origine et qui ont tous à leur façon marqué le temps. « Dans cet univers décalé et atypique, chacun peut s’amuser à trouver sa petite madeleine de Proust », explique-t-il.

Redonner vie aux objets du passé

Non loin de là, au village des containers, Jean-Marc, l’un des figures fortes de ce temple de la chine, arrange l’accrochage d’une hélice d’avion de la Première Guerre Mondiale sur son container. Ce brocanteur au regard gentil et aux grandes mains un peu abîmées a travaillé presque toute sa vie dans une entreprise de décoration, avant de se spécialiser dans les meubles de métiers. Il vend et propose en location des tables, dessertes et établis récupérés dans des fermes et anciennes usines de la région. « Maintenant, la mode c’est de les détourner pour y poser sa télé ou prendre son bain à côté », explique-t-il en ajustant d’un geste nonchalant son béret noir sur sa tête. Aux chineurs moins imaginatifs, il conseille d’agrémenter de couleurs pastel leur déco d’intérieur avec, par exemple, « ces siphons à eau de Seltz, qu’on retrouvait autrefois dans les bistrots et restaurants lyonnais et qui permettaient de servir de l’eau gazeuse en jet, grâce à la pression. »

 Jean-Marc a déniché un grand nombre de siphons à eau de Seltz. Ces bouteilles en verre qu’on retrouvait autrefois dans les bistrots et restaurants lyonnais et qui permettaient de servir de l’eau gazeuse en jet.   Photo Progrès /Martina MANNINI
Jean-Marc a déniché un grand nombre de siphons à eau de Seltz. Ces bouteilles en verre qu’on retrouvait autrefois dans les bistrots et restaurants lyonnais et qui permettaient de servir de l’eau gazeuse en jet.   Photo Progrès /Martina MANNINI
 Dans sa boutique Broc by V, installée dans le quartier de l’école, Pierre-Alain s’est amusé à recréer une salle de classe avec des bancs d’écoliers et des fournitures rétro en tout genre.   Photo Progrès /Martina MANNINI
Dans sa boutique Broc by V, installée dans le quartier de l’école, Pierre-Alain s’est amusé à recréer une salle de classe avec des bancs d’écoliers et des fournitures rétro en tout genre.   Photo Progrès /Martina MANNINI
 De plus en plus de jeunes viennent flâner aux Puces pour dénicher des perles rares à prix cassés. Ils sont particulièrement attirés par l’art urbain et les pièces recyclées.   Photo Progrès /Martina MANNINI
De plus en plus de jeunes viennent flâner aux Puces pour dénicher des perles rares à prix cassés. Ils sont particulièrement attirés par l’art urbain et les pièces recyclées.   Photo Progrès /Martina MANNINI
 Plus de 10 000 visiteurs déambulent entre le grand hall couvert, les conteneurs aménagés, l’ancienne école et les zones de déballage à la recherche de leur bonheur à petits prix chaque week-end.   Photo Progrès /Martina MANNINI
Plus de 10 000 visiteurs déambulent entre le grand hall couvert, les conteneurs aménagés, l’ancienne école et les zones de déballage à la recherche de leur bonheur à petits prix chaque week-end.   Photo Progrès /Martina MANNINI
 Dans ce village décalé et atypique, chaque objet raconte une histoire et chaque visiteur peut replonger dans sos souvenirs.   Photo Progrès /Martina MANNINI
Dans ce village décalé et atypique, chaque objet raconte une histoire et chaque visiteur peut replonger dans sos souvenirs.   Photo Progrès /Martina MANNINI
 Les amateurs du huitième art peuvent faire un détour au stand 47, dans le quartier des Tôles, où François expose une riche collection d’appareils et accessoires : pour l’argentique mais aussi pour le numérique.   Photo Progrès /Martina MANNINI
Les amateurs du huitième art peuvent faire un détour au stand 47, dans le quartier des Tôles, où François expose une riche collection d’appareils et accessoires : pour l’argentique mais aussi pour le numérique.   Photo Progrès /Martina MANNINI
 L’atelier du Canal, sous les Traboules, expose fresques murales, peintures, dessins, tirages d’art urbain et contemporain, réalises par une vingtaine d’artistes différents. On y retrouve par exemple les gélules de TOKI, un couple de street-artistes lyonnais ou les têtes de singes accrochées aux murs par l’artiste Zorm.   Photo Progrès /Atelier du Canal
L’atelier du Canal, sous les Traboules, expose fresques murales, peintures, dessins, tirages d’art urbain et contemporain, réalises par une vingtaine d’artistes différents. On y retrouve par exemple les gélules de TOKI, un couple de street-artistes lyonnais ou les têtes de singes accrochées aux murs par l’artiste Zorm.   Photo Progrès /Atelier du Canal
 Jean-Marc a déniché un grand nombre de siphons à eau de Seltz. Ces bouteilles en verre qu’on retrouvait autrefois dans les bistrots et restaurants lyonnais et qui permettaient de servir de l’eau gazeuse en jet.   Photo Progrès /Martina MANNINI  Dans sa boutique Broc by V, installée dans le quartier de l’école, Pierre-Alain s’est amusé à recréer une salle de classe avec des bancs d’écoliers et des fournitures rétro en tout genre.   Photo Progrès /Martina MANNINI  De plus en plus de jeunes viennent flâner aux Puces pour dénicher des perles rares à prix cassés. Ils sont particulièrement attirés par l’art urbain et les pièces recyclées.   Photo Progrès /Martina MANNINI  Plus de 10 000 visiteurs déambulent entre le grand hall couvert, les conteneurs aménagés, l’ancienne école et les zones de déballage à la recherche de leur bonheur à petits prix chaque week-end.   Photo Progrès /Martina MANNINI  Dans ce village décalé et atypique, chaque objet raconte une histoire et chaque visiteur peut replonger dans sos souvenirs.   Photo Progrès /Martina MANNINI  Les amateurs du huitième art peuvent faire un détour au stand 47, dans le quartier des Tôles, où François expose une riche collection d’appareils et accessoires : pour l’argentique mais aussi pour le numérique.   Photo Progrès /Martina MANNINI  L’atelier du Canal, sous les Traboules, expose fresques murales, peintures, dessins, tirages d’art urbain et contemporain, réalises par une vingtaine d’artistes différents. On y retrouve par exemple les gélules de TOKI, un couple de street-artistes lyonnais ou les têtes de singes accrochées aux murs par l’artiste Zorm.   Photo Progrès /Atelier du Canal

Transmettre une passion de longue date

Changement d’ambiance dans la halle Louis la Brocante. Au stand 47, avec François, on remonte le temps direction XIXe siècle, à la découverte des prémices du huitième art. Ce photographe et collectionneur possède un nombre disproportionné de vieux appareils et accessoires : Polaroid, compacts, argentiques, flashs et objectifs de tous les modèles, ainsi que trépieds et étuis en cuir. Ils ont conservé tout leur charme et font toujours bien leur travail. De quoi passer des heures à farfouiller parmi des boîtes empilées ici là, sous son regard vigilant. « C’est ma passion et être ici me permet de la transmettre aux autres », s’exclame celui qui est aussi l’un des fondateurs de la Maison de la photographie à Saint-Bonnet-de-Mure, où sont exposés rien de moins que 2 000 exemplaires.

Retrouver de l'art urbain

Sous le hangar des antiquaires, d’autres merveilles artistiques s’offrent aux yeux et semblent intriguer tout particulièrement les plus jeunes visiteurs. Notamment du côté de l’Atelier du Canal, qui expose depuis septembre 2019 une centaine d’œuvres d’art urbain et contemporain. « Souvent, les gens s’arrêtent et disent : ‘ah tiens, j’ai vu ces têtes de singe souriantes sur les pentes de la Croix Rousse, ces super-héros en forme de gélule dans le 2e arrondissement »,  « Ils aiment davantage car ça leur rappelle des bons souvenirs ». Cette marchande croit beaucoup en cette ‘boucle vertueuse ’qui voit les objets chinés sur place se retransformer encore et encore : « Comme cette lampe réalisée à partir d’un abreuvoir, ou ces cadres faits à partir de collages d’affiches et de revues vintage : originaux et écologiques ! »

Les Puces du Canal, 5 rue Eugène Pottier, Villeurbanne. Ouvert tous les jeudis et les samedis, de 7 à 13 heures et les dimanches, de 7 à 15 heures. Tél. 04.69.85.66.28. www.pucesducanal.com

Martina MANNINI

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