Lyon L'association La Cloche agit contre l’exclusion des personnes à la rue

Atelier jardinage proposé par l’association La Cloche  Photo Progrès /La Cloche
Atelier jardinage proposé par l’association La Cloche  Photo Progrès /La Cloche
Photo Progrès /La Cloche
Photo Progrès /La Cloche
Atelier jardinage proposé par l’association La Cloche  Photo Progrès /La Cloche Photo Progrès /La Cloche

Créée en 2014, l’association La Cloche agit contre l’exclusion en changeant le regard porté sur le monde de la rue. Depuis 2017, elle est implantée à Lyon et propose différentes activités et programmes. Tous les jeudis, bénévoles et sans domicile se retrouvent à l’Auberge Le Flâneur Guesthouse. Reportage.

L’Auberge Le Flâneur Guesthouse (7e arrondissement) est devenu un repère pour les bénévoles et bénéficiaires de l’association La Cloche. Un lieu convivial et chaleureux où se retrouvent des habitués, pour la plupart. Cathy (prénom modifié), vient pour la première fois. « De bouche-à-oreille, j’ai entendu parler de l’association et des rendez-vous ici les jeudis, je suis venue voir », explique-t-elle. Les discussions fusent, et l’odeur du thé embaume une partie de la pièce. Ces personnes réunies autour des tables, sont sans domiciles fixes et trouvent en ce lieu un moment pour se ressourcer, échanger et « se sentir exister ». « À la rue on meurt plus d’isolement que de froid » , constate Mélanie Dagneau, directrice de l’antenne Auvergne Rhône-Alpes de La Cloche. Créée en 2014, l’association agit contre l‘exclusion des personnes « sans domicile », et a développé une antenne à Lyon depuis 2017.

Casser les préjugés

L’association propose plusieurs programmes : le Carillon, un réseau solidaire, entre voisins, et commerçants de quartier. 130 commerces situés à Lyon et Villeurbanne, en partenariat avec l’association mettent à disposition des services : recharge des portables, verre d’eau… Chaque commerce partenaire de ce programme, colle sur leur vitrine un autocollant, à l‘effigie du programme. Les voisins de quartier qui adhèrent à ce dispositif peuvent laisser des « cafés suspendus »  : ils prépayent des cafés, viennoiseries sous forme de bons, qui reviendront aux personnes sans abri. « Il s’agit de casser les préjugés concernant les personnes qui vivent à la rue », avance Mélanie Dagneau. Pour aller au contact direct des personnes sans domicile, l’association organise des rencontres de rue, intervient en accueil de jour, et coanime des permanences, avec une « personne qui a connu la rue ». Des actions de sensibilisation, auprès d’écoles et entreprises sont menées, « pour mieux comprendre le monde de la rue ». Deux fois par mois, La Cloche propose des activités de cuisine, avec son programme « la Cloche gourmande », pour « favoriser l’inclusion ». « Les ateliers permettent de développer des compétences et aptitudes qui favorisent l’insertion socioprofessionnelle de personnes en situation d’exclusion », avance la directrice de l’antenne.

Être membre et bénéficiaire de l’association

Niko a 31 ans. Toujours des écouteurs aux oreilles, c’est un adepte de musique. Le trentenaire insiste bien sur l’orthographe de son prénom : il s’appelle Niko et pas Nico. « Je dois probablement avoir des origines… Apparemment italiennes. », avance-t-il. Il s’est engagé au sein de l’association depuis 4 mois environ. « La Cloche est la seule association qui m’a autorisé à être bénévole, en étant sans domicile fixe. J’ai voulu m’engager auprès d’autres associations, mais je n’ai eu que des refus.. parce que je vivais dehors ». Ici, il se sent « respecté », « La Cloche m’apporte de la joie, de la bonne humeur. À la rue, je ressens la pression, les gens ne nous respectent pas vraiment. Ici, tout le monde se respecte. » Niko vit à la rue depuis 13 ans. Depuis qu’il est membre à La Cloche, il se sent « plus entouré ». « Seul on tombe facilement en dépression. Ici, on voit des sourires, de la bonne humeur », témoigne-t-il. Mais il admet : « c’est difficile de retourner à la rue après les permanences. Je n’aime pas dire au revoir, ici c’est la famille », ajoute-t-il. « Des histoires d’amitiés se nouent, c’est un réseau de solidarité entre les personnes. Il y a une vie en dehors de l’association. Parfois, ils organisent des rencontres de rue sans que l’on soit forcément avec eux », rapporte Mélanie Dagneau.

Léa AUJAL

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