Lyon Pokémon : il met aux enchères un album qui vaut de l’or

Richard Richarté et son précieux album.  Photo DR
Richard Richarté et son précieux album.  Photo DR

L’entrepreneur à succès Richard Richarté met aux enchères vendredi 25 juin un album complet des premières cartes Pokémon arrivées en France en 1999. Rare et exceptionnel pour une vente unique dont la mise à prix atteint les 40 à 60 000 €.

Richard Richarté, entrepreneur à succès, met aux enchères son album Pokemon vendredi 25 juin à 19 heures. 102 cartes datées de 1999, soigneusement rangées dans un album original avec Pikachu et consorts en couverture. Un petit trésor de cartons et plastiques dont la simple mise à prix est estimée entre 40 000 et 60 000 € par la maison Millon, en charge de cette vente unique. Les prix pourraient bien s’envoler tant le rationnel a rarement l’occasion de citer quand on évoque l’univers débarqué du Japon.

 Parmi les 102 cartes certaines sont plus précieuses que d’autres selon l’ampleur de leur tirage. Récemment une carte Dracaufeu a été vendue pour 12 000 €. Photo Yann Girault
Parmi les 102 cartes certaines sont plus précieuses que d’autres selon l’ampleur de leur tirage. Récemment une carte Dracaufeu a été vendue pour 12 000 €. Photo Yann Girault

En guise d’exemple, le 16 juin dernier une seule carte datée de 1999 s’est vendue 12 000 € lors d’une vente aux enchères à Troyes… Aux États-Unis, des cartes ont trouvé preneur pour plus de 400 000 € via eBay… Après plus de vingt ans d’existence, le phénomène Pokémon ne s’atténue pas et s’invite dans les salles de vente. Les grappes humaines scotchées à leurs smartphones à la suite de la sortie de « Pokemon GO » en 2016 l’avaient rappelé : international, l’univers Pokemon sous toutes ses formes (jeux vidéo, mangas, cartes, appli etc.) n’est pas sujet à l’usure du temps.

« Exceptionnel ! »

L’album de Richard Richarté, confectionné avec les toutes premières cartes françaises, a donc de quoi faire briller quelques yeux. « Toute la première édition, quasi neuve, dans l’album d’origine, c’est exceptionnel ! On peut trouver des cartes par-ci, par-là sur internet mais ça… » reconnaît Alexis Jacquemard, responsable du département Pop culture chez Millon. Il n’a pas hésité longtemps quand Richard Richarté, dingue de culture nipponne, est venu le chercher, son trésor en main.

« Pendant le confinement, je l’ai sorti d’un carton. Je me suis dit que ça valait mieux qu’eBay, » explique le patron de Mini-World qui n’en fait pas une affaire d’argent. « Bien sûr, ça me fait quelque chose car c’est un moment de mon histoire (voir par ailleurs) mais il faut que les objets vivent et ça n’intéresse pas mes filles. J’ai 54 ans et mon truc là, ce sont les voyages ». Alors, quand on lui demande ce qu’il fera des gains, il dit ne pas savoir, évoque ses enfants, « un voyage en Inde » et les « trains de maharadjahs ».

« Acheteurs, collectionneurs et investisseurs »

Vendredi soir, il sera toutefois à Paris pour un événement, a l'Hotel Drouot et sur Drouot Online , qui intéresse. « Depuis une grosse semaine, on a des acheteurs et des collectionneurs qui demandent à voir l’album à se renseigner. Depuis le confinement, il y a aussi des investisseurs qui s’intéressent au phénomène, » précise Alexis Jacquemard le 17 juin. Il ne serait d’ailleurs pas surpris de voir le rendez-vous du 25, dépasser les frontières de l’Hexagone et, peut-être, tutoyer des records.

"L'album était complet en dix jours"

Quand les cartes Pokemon débarquent en France en 1999, Richard Richarte débute. Il est tout juste propriétaire d’un magasin de jeux vidéo cours Gambetta à Lyon. Fan de culture japonaise, il se fait livrer des cartons de paquets de cartes (les « booster ») qu’il vend ensuite à l’unité. « On gagnait trois fois plus comme ça ». Il en profite pour faire son album. « Il a été complet en dix jours. Je me souviens, on ouvrait les « booster » sur une petite table avec les collègues puis on triait les cartes. Quand on les recevait, c’était Noël. C’est pour cela que ça me relie à un moment de mon histoire. Les cartes rares valaient déjà cher. On vendait une « Dracaufeu » 200 francs ! C’était hallucinant, » se souvient Richard Richarté, aujourd’hui à la tête de deux parcs d’attractions miniatures à Vaulx-en-Velin et Toulon.

C.S.

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