Métropole de Lyon Revenu solidarité jeunes : « Un coup de pouce pour voir plus loin »

Benjamin et Salim, deux bénéficiaires du RSJ (Revenu de solidarité jeunes), posent dans la cour de la fondation AJD, qui les accompagne dans leur démarche.  Photo Progrès /Maxime JEGAT
Benjamin et Salim, deux bénéficiaires du RSJ (Revenu de solidarité jeunes), posent dans la cour de la fondation AJD, qui les accompagne dans leur démarche.  Photo Progrès /Maxime JEGAT

Benjamin et Salim font partie des premiers bénéficiaires du Revenu solidarité jeunes expérimenté par la Métropole de Lyon à partir de juin. Destiné aux moins de 25 ans en situation de précarité, le RSJ n’est pas seulement une aide financière.

« Après le chômage, je n’avais plus rien et j’étais trop jeune pour toucher le RSA  », explique Benjamin. Le jeune homme de 22 ans fait partie des premiers bénéficiaires du Revenu solidarité jeunes expérimenté par la Métropole de Lyon (lire par ailleurs).

Le dispositif ne se limite pas à une aide financière. « L’objectif est d’identifier les freins à l’emploi et de les faire tomber » insiste Justine Bouquand, instructrice RSJ au sein de la fondation AJD Maurice-Gounon, l’une des structures partenaires de la Métropole sur ce dossier. Problèmes de santé, de logement, difficultés en français… les jeunes sont accompagnés.

« Certains sont très éloignés de l’emploi, leur priorité est la survie »

« On revient à des fondamentaux. Commencer par l’entrée emploi quand on est dans une situation critique ce n’est pas possible. Le RSJ permet à des jeunes de pouvoir se nourrir, acheter le strict minimum pour vivre. C’est plus facile ensuite de regarder du côté de la formation et de l’emploi », souligne Maryse Chevalier, directrice générale de la fondation AJD.

Les profils des 18-24 ans concernés sont très variés. « Certains sont en rupture familiale, il peut y avoir des jeunes qui sortent de prison, des parcours de rue, des jeunes qui ont déjà des diplômes mais qui ont du mal à trouver un emploi. Certains sont très éloignés de l’emploi, leur priorité est la survie », précise Justine Bouquand.

« Impasse »

Venu d’Algérie, Salim, 23 ans, est arrivé en France fin 2019. « C’était compliqué pour moi. J’étais hébergé par un ami » raconte-t-il. Ces dernières semaines, en s’inscrivant dans le dispositif - les premiers dossiers ont été instruits en mai, et les premières allocations seront versées fin juin - tout s’est accéléré.

Il est hébergé par la Fondation AJD et vient de décrocher un emploi dans un des ateliers d’insertion. « C’est un premier pas dans mon parcours. Ça me permet de faire des projets pour le futur », se réjouit-il. Même constat pour Benjamin, qui rejoint lui aussi un atelier d’insertion de la fondation. « J’étais dans une impasse. Ça m’a permis de rebondir. Le RSJ, c’est un coup de pouce, cela permet de voir plus loin », nous dit le jeune homme.

« Le RSJ est un filet de sécurité pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de rupture dans le parcours de ces jeunes et qu’ils ne se retrouvent pas sans rien pendant un temps », ajoute Justine Bouquand. Au bout de trois mois, les dossiers de chaque jeune seront réévalués. 

La Métropole ambitionne d’accompagner 1 500 jeunes sur le territoire d’ici fin 2021. L’enjeu sera aussi de faire connaître le dispositif. Une campagne de communication destinée au grand public démarrera le 7 juin. Aujourd’hui, 22,6 % des moins de 30 ans habitant la Métropole vivent sous le seuil de pauvreté.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?