Lyon Mais d’où vient le Gros Caillou de la Croix-Rousse ?

La découverte du Gros Caillou remonte à 1861 lors du percement de la ficelle reliant la Presqu’île à la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
La découverte du Gros Caillou remonte à 1861 lors du percement de la ficelle reliant la Presqu’île à la Croix-Rousse.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ

Symbole de la Croix-Rousse, le Gros Caillou, aussi haut qu’un homme, est une petite cocasserie géologique débarquée des Alpes il y a 140 000 ans, transportée par un glacier.

Dans le quartier, c’est un rite de passage obligé pour les petits Croix-Roussiens. Il faudra plusieurs tentatives et prises d’élan mais une fois qu’ils tiennent le truc, généralement vers 6 ans, ils ne le lâchent plus, au moins jusqu’à 12 ans… Quand les parents viennent traîner ici, au bout du bout du boulevard de la Croix-Rousse, pour admirer la vue sur Lyon et par jour de chance, sur le Mont-Blanc, les enfants, eux, s’éclipsent. On les retrouve perchés au sommet du Gros Caillou, dominant le monde, le Rhône et toute la plaine jusqu’aux Alpes. Pas un jour ne passe sans qu’un gone ne lui grimpe dessus. La roche reste immuable. Elle en a vu passer d’autres au fil de ses longues années.

Exhumé de la terre en 1861

Les experts en géologie expliquent qu’il s’agit d’un rocher déplacé par les glaciers du Riss il y a 140 000 ans. Originaire des vallées Maurienne et Tarentaise dans les Alpes, ce bloc erratique aurait parcouru près de 200 km pour arriver ici. Il dormait dans les entrailles de la colline jusqu’à ce que les ouvriers qui travaillaient au percement de la ficelle reliant la Presqu‘île à la Croix-Rousse se cassent le nez dessus en 1861. Les travaux sont alors interrompus et prennent un certain retard le temps que la roche extrêmement dure, constituée de quartzite triasique métamorphique, soit dégagée du substrat. Le Gros Caillou est ainsi exhumé.

Une nouvelle fois déplacé en 2007

Trente ans plus tard, lors de l’inauguration de la ficelle, en 1891, on l’installe pile au milieu du boulevard de la Croix-Rousse, entre le 1er et le 4e arrondissement. Tout un symbole : c’est là qu’autrefois étaient érigés les remparts séparant la Croix-Rousse de Lyon. Il n’en fallait pas plus pour y voir l’union entre les deux communes.

Le temps passe. Le rocher, aussi haut qu’un homme, prend racine. Il reste là jusqu’à ce qu’en 2007, le lieu soit réaménagé, le parking enterré, l’esplanade végétalisée. Et le Gros Caillou, déplacé… De quelques mètres seulement, mais suffisamment pour l’ancrer dans le 1er  arrondissement. De cela, aujourd’hui, les petits Croix-Roussiens se moquent totalement : le Gros Caillou est et restera toujours à eux.

T. V.

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