Lyon Place Bellecour : un dessin lève le voile sur le transport de la statue de Louis XIV en 1713

L’expert Alain Cano et Clément Schintgen, commissaire-priseur à l’étude Conan entoure le dessin /Photo Progrès /Michel NIELLY
L’expert Alain Cano et Clément Schintgen, commissaire-priseur à l’étude Conan entoure le dessin /Photo Progrès /Michel NIELLY

Découvert lors d’une mise en vente d’une collection privée, un dessin parfaitement conservé apporte un éclairage nouveau sur une des statues emblématiques de Lyon, Louis XIV sur son cheval. Ce document qui sera mis aux enchères le 29 juin, raconte le transport et la pose de la première statue, place Bellecour, le 28 décembre 1713.

Un dessin géométral, représentant la machine qui a permis de transporter et d’élever la statue de Louis XIV. Réalisé à la plume à partir de lavis gris et rose, le tout sur papier vergé. À ses côtés, une petite statue naïve de Louis XIV, sur son socle. Au dessus enfin, un texte manuscrit de l’architecte Claude Perret en vieux français. Un document rare, parfaitement conservé, datant de décembre 1 713. Exceptionnel même puisqu’il décrit le transport et la pose de la statue de Louis XIV le 27 et 28 décembre 1713, place Bellecour. Mais attention ! Pas celle de Frédéric Lemot installée en 1825 , mais la précédente, sculptée par Desjardins et fondue par les frères Keller en 1 674.

 Gros plan du dessin de la machine réalisée par l’architecte lyonnais Claude Perret qui seraz vendu aux enchères le 29 juin prochain. Photo Progrès /
Gros plan du dessin de la machine réalisée par l’architecte lyonnais Claude Perret qui seraz vendu aux enchères le 29 juin prochain. Photo Progrès /
 Détail de l’écriture en haut gauche   Photo Progrès /Michel NIELLY
Détail de l’écriture en haut gauche   Photo Progrès /Michel NIELLY
 Détail de la statue de Louis XIV qui regarde l’architecte en souriant… Un dessin naïf très différent de celui de la machine, dont la précision et les détails sont impressionnants.   Photo Progrès /Michel NIELLY
Détail de la statue de Louis XIV qui regarde l’architecte en souriant… Un dessin naïf très différent de celui de la machine, dont la précision et les détails sont impressionnants.   Photo Progrès /Michel NIELLY
 Signature en haut à droite de l’architecte lyonnais Claude Perret   Photo Progrès /Michel NIELLY
Signature en haut à droite de l’architecte lyonnais Claude Perret   Photo Progrès /Michel NIELLY
 Gros plan du dessin de la machine réalisée par l’architecte lyonnais Claude Perret qui seraz vendu aux enchères le 29 juin prochain. Photo Progrès /  Détail de l’écriture en haut gauche   Photo Progrès /Michel NIELLY  Détail de la statue de Louis XIV qui regarde l’architecte en souriant… Un dessin naïf très différent de celui de la machine, dont la précision et les détails sont impressionnants.   Photo Progrès /Michel NIELLY  Signature en haut à droite de l’architecte lyonnais Claude Perret   Photo Progrès /Michel NIELLY

Une découverte exceptionnelle

Comment un dessin aussi rare et précieux a-t-il pu être laissé dans un coin et retrouvé par hasard ? Sa découverte, début mai n’est pourtant pas magique comme l’explique en souriant le commissaire-priseur Clément Schintgen. « Je ne l’ai hélas pas retrouvé par hasard au fin fond d’une armoire Louis XIII. L’histoire est beaucoup plus banale : le dessin était dans une collection privée qui allait être mise en vente. Par contre, c’est une très belle pièce, très bien conservée. Et surtout, il nous touche particulièrement, nous Lyonnais, installés à quelques centaines de mètres de la Place Bellecour ! ».

C’est le Lyonnais Alain Cano, expert en la matière qui a été missionné pour valoriser cette pièce rare et apporter du coup quelques explications sur sa rareté. « En fait, les seules images que nous avions de cette machine sont une peinture qui se trouve au musée Gadagne et une gravure à la bibliothèque municipale de Lyon. Mais c’est le premier dessin. Et son authenticité ne fait aucun doute : l’orthographe du texte écrit par l’architecte de la Ville de Lyon Claude Perret n’est pas encore véritablement fixée, le dessin de la machine est saisissant de détails et le document est dédié à Monseigneur François de Neufville de Villeroy, gouverneur de Lyon à l’époque ».

Un regard neuf sur l’enlèvement de la statue

Au-delà de sa rareté, le document qui sera vendu le 29 juin parmi un lot de tableaux, dessins et estampes par l’étude Conan Auction apporte un regard nouveau sur l’événement. « L’intérêt est multiple : local, artistique et scientifique » précise l’expert. « Ce croquis est unique en son genre à notre connaissance. Si le dessin à l’échelle est impressionnant de précision, c’est le texte décrivant les festivités, qui apporte un regard neuf sur la prouesse technique de l’événement : nous y apprenons que l’enlèvement de la statue s’est fait en une demi-heure, devant Mgr   le prévost des marchands et échevins, le corps consulaire mais aussi un public d’admirateurs. De plus, il décrit l’installation comme festive, notamment l’inauguration en grande pompe de cette première statue de Louis XIV… qui sera ensuite détruite et fondue à la révolution ».

Reste à voir qui se rendra acquéreur de ce dessin de 46 cm, dont la mise à prix sera entre 800 et 1 000 €. Verdict le 29 juin, sauf si l’État préempte son acquisition, ce qui permettrait au public de pouvoir le découvrir…

David TAPISSIER et Michel NIELLY

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