Métropole de Lyon Après Chipolata, le Lyonnais Guard signe chez le géant Universal Music

Guard avec Josselin Sallet, compositeur-arrangeur : « On peut travailler sur tous les styles, du jazz au R’n’B français, en passant par la pop urbaine ».  Photo Progrès /Régis BARNES
Guard avec Josselin Sallet, compositeur-arrangeur : « On peut travailler sur tous les styles, du jazz au R’n’B français, en passant par la pop urbaine ». Photo Progrès /Régis BARNES

Il serait trop facile de résumer Guard à Chipolata, titre aux 29 millions de vues sur YouTube, concocté avec le chanteur et complice Téo Lavabo. Derrière ce succès décalé se cache un artiste lyonnais polymorphe, qui travaille avec l’industrie musicale dans l’ombre de son studio villeurbannais .

L’accueil est simple et chaleureux, à l’image de l’hôte qui nous accueille dans son antre. Un studio d’enregistrement, (Team Creativ), aux lumières tamisées, cosy et équipé d’un matériel sophistiqué qui cohabite avec de « vrais » instruments. Un lieu dont il garde l’adresse secrète. Abdelhak Guard aime recouvrir sa tête d’un bonnet mais c’est la multicasquette qui définirait le mieux son profil : compositeur, interprète, musicien, arrangeur, producteur, éditeur…

Quand il parle de son métier, mieux vaut s’accrocher au fil de ce passionné le reliant d’une activité à l’autre. Lui-même se qualifie de « couteau suisse de la musique », tant ce trentenaire, papa de trois petites filles, multiplie depuis des années des expériences dans tous ces domaines. Et c’est au sein de sa structure AG Groupe, que cette fine lame matérialise cette polyvalence plutôt atypique dans le milieu musical.

« J'ai toujours été l'artiste de la famille »

 Guard dans son studio à Villeurbanne. Photo Progrès /Régis BARNES
Guard dans son studio à Villeurbanne. Photo Progrès /Régis BARNES
 Guard et Josselin ont réalisé le titre « Chipolata » qui approche les 29 millions de vue sur YouTube.   Photo Progrès /Regis BARNES
Guard et Josselin ont réalisé le titre « Chipolata » qui approche les 29 millions de vue sur YouTube.   Photo Progrès /Regis BARNES
 Guard sort un nouveau single, Une chance, mélange de pop sur un beat tech house.   Photo Progrès /Régis BARNES
Guard sort un nouveau single, Une chance, mélange de pop sur un beat tech house.   Photo Progrès /Régis BARNES
 Guard dans son studio à Villeurbanne. Photo Progrès /Régis BARNES  Guard et Josselin ont réalisé le titre « Chipolata » qui approche les 29 millions de vue sur YouTube.   Photo Progrès /Regis BARNES  Guard sort un nouveau single, Une chance, mélange de pop sur un beat tech house.   Photo Progrès /Régis BARNES

Le gamin du 6e arrondissement, qui a fréquenté un temps le lycée du Parc a gardé de son passage dans cet établissement prestigieux, la volonté d’aller de l’avant et de se surpasser. « J’étais le pauvre d’un quartier bourgeois, plaisante-t-il, on vivait dans un immeuble social. La stimulation intellectuelle pendant ces années-là a été très forte. Mes frères et sœurs ont eu de belles réussites professionnelles… moi j’ai toujours été l’artiste de la famille, c’est là où je m’accomplis ».

Franchir un nouveau cap

Chanteur mais aussi bassiste, il fait ses gammes derrière le micro, dans le groupe pop-rock teinté de métal, Neo Krown. Il enchaîne et se professionnalise, toujours au chant, avec Seven Lives. Et passe à la vitesse supérieure en assurant les premières parties de grosses affiches, James Blunt, Aaron, Jenifer, Asa. Mais c’est surtout le titre potache et décalé, Chipolata , coproduit avec Téo Lavabo, qui mettra en lumière tout le travail réalisé en coulisses et permettra à AG Groupe de signer un accord de licence exclusif avec MCA, rattaché au géant Universal Music (lire par ailleurs).

Le 12 avril, Guard et son label qui revendique une indépendance artistique passe « un deal de distribution » avec ce poids lourd de l’industrie musicale pour booster ses ambitions. À ses côtés, ses associés « historiques », Marjorie, son épouse, pour le côté juridique, Anthony Amadori, le parolier ou Josselin Sallet, co-compositeur. Mais aussi d’autres partenaires qui franchissent avec lui ce nouveau cap. Une Team Creativ, « au service du titre, de la chanson, qui respecte son ADN en ne la dénaturant pas mais en la travaillant de A à Z pour lui donner la chance de rencontrer un large public »

Si Guard élargit ses collaborations avec des artistes reconnus ou émergents, il n’abandonne pas pour autant sa propre carrière. Après des titres et un clip qui ont très bien vécu en radio et sur les chaînes musicales, le Lyonnais compte bien faire parler de lui avec un nouvel album qu’il défendra sur scène dès que le monde de la musique pourra enfin sortir des studios où il reste confiné depuis trop longtemps ».

Contact : guard.officiel@gmail.com

« Le succès de "Chipolata", on ne l’a pas vu arriver »

Indigeste pour les uns mais succulente gourmandise décalée pour des millions d’autres, la chanson Chipolata , interprétée par Téo Lavabo a fait le buzz sur les plateformes de streaming musical et sur YouTube où elle affiche près de 30 millions de vues.

« On était prêt, mais ce succès on ne l’a pas vu arriver », glisse Guard qui analyse les recettes d’un tel engouement populaire : « Audace de l’artiste, titre proposé en plein Covid avec comme message : donner envie de rigoler et de danser ». Et surtout, des passages dans La France a un incroyable talent, sur M6 et chez Hanouna, où l’interprétation gentiment sulfureuse d’un Téo Lavabo dans une combinaison moulante a fait couler de la sueur devant les écrans. Et un peu de liquide dans les caisses du studio villeurbannais.

Pino d’Angio et son tube planétaire Ma quale idea dans les studios

« La communauté LGBT adore Téo Lavabo, mais on ne veut pas être enfermé dans une catégorie, glisse Guard. Il y a surtout une bienveillance et une ambiance qui rappelle un peu David LaChapelle (photographe et réalisateur américain). Avec Téo nous sommes potes, on se connaît depuis dix ans, il faut prendre cette chanson au 18e degré », glisse son coauteur, bien conscient que les paroles ont peu de chance de finir dans l’encyclopédie de la poésie française. Guard s’en moque, il préfère retenir les rencontres rendues possibles grâce à son métier et à sa réputation grandissante. Comme celle avec l’Italien Pino d’Angio, propulsé star planétaire en 1981, avec son tube disco-funk, Ma quale idea.

« Artistiquement c’était frustrant, mais humainement, les quatre jours passés avec lui dans notre studio resteront inoubliables ».

R.B.

Régis BARNES

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