Lyon Découvrir le vin par l’oreille : ATS Studios innove avec l’empreinte sonore des crus

L’oeno-musicologue Caroline Bourjade et Alain Coulas, PDG d’ATS Studios, entendent faire parler le vin par l’ouïe.  Photo Progrès /Valérie BRUNO
L’oeno-musicologue Caroline Bourjade et Alain Coulas, PDG d’ATS Studios, entendent faire parler le vin par l’ouïe.  Photo Progrès /Valérie BRUNO

Et si vous découvriez un vin par l’oreille ? C’est ce que propose ATS Studios (Lyon 9e ), agence de communication sonore qui a choisi de mettre le vin en musique en s’appuyant sur un algorithme. Une rencontre entre langages œnologique et musical qui donne des partitions complexes et uniques.

Le concept est original, et même poétique. Alors qu’un vin peut se sentir, se goûter, se voir et se toucher, pourquoi ne pourrait-il pas finalement être écouté ? C’est pour réparer ce qui apparaît à ses yeux comme une injustice sensorielle, qu’Alain Coulas, le patron d’ATS Studios (Lyon 9e ), agence de communication spécialisée dans la communication sonore, a choisi de lancer sa cave sonore. Une cave censée dévoiler le 5e sens du vin, et même plus encore. Car la démarche ne s’appuie pas selon lui sur une simple interprétation. Elle est fondée sur une approche à la fois scientifique et créative. « L’idée est de partir sur des éléments objectifs », relate le dirigeant, « or le premier élément objectif est la couleur d’un vin ». Une couleur qui n’est pas uniforme, mais faite de nuances, de subtilités se mesurant en ondes. L’analyse objective de la couleur donne ainsi une gamme de hertz, dont chacun peut être traduit par la note d’un instrument.

« Une manière différente de présenter son vin »

Pour créer ces partitions uniques, ATS Studios s’appuie sur un algorithme. Les morceaux, qui sont enregistrés dans les studios de Lyon 9e , sont le fruit d’une rencontre entre langage musical et œnologique. Car derrière un vin, il y a aussi des hommes et toute une histoire, un terroir. « Il s’agit de faire ressortir l’humain. L’univers du vigneron va à la rencontre du compositeur ». Et c’est Caroline Bourjade qui, au sein d’ATS studios, assure ce lien depuis six mois et l’entrée du projet dans sa phase active. La spécialiste en œno-musicologie explique : « Quand on entend la musique d’un vin, en plus de le goûter, cela fait découvrir de nouvelles facettes. Ces sons ont un usage polyvalent. Ils peuvent être utilisés dans un cadre oenotouristique, pour quelque chose de différenciant, d’unique. Ils peuvent accompagner une fiche technique ; être utilisés sur les réseaux sociaux, le site internet. Pour un viticulteur, c’est une manière différente de présenter son vin ». Un moyen nouveau de créer de l’émotion.

Pour l’heure, la cave sonore est constituée d’une dizaine d’univers (côtes-du-rhône, bordelais…). L’objectif est de vendre une cinquantaine de vins sonores sur 2021 et de réaliser entre 450 000 et 500 000 euros de chiffres d’affaires sur ce segment, gourmand en R & D (recherche et développement).

Le coût d’une prestation est lui très variable, allant de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’euros (selon la complexité du morceau, le nombre de musiciens, etc.). Alain Coulas, le PDG, pourrait à l’avenir étoffer la composition de sa cave en élargissant, pourquoi pas, à l’univers des spiritueux. Un vaste champ des possibles.

Valérie BRUNO

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