Lyon Zorm, un drôle d’animal sur les murs

Mais qui se cache derrière... ce singe souriant ? Photo Progrès /David TAPISSIER
Mais qui se cache derrière... ce singe souriant ? Photo Progrès /David TAPISSIER
Photo Progrès /David TAPISSIER
Photo Progrès /David TAPISSIER
Mais qui se cache derrière... ce singe souriant ? Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER

Du singe à l’homme tout droit sorti de sa coquille, en passant par un ours, un koala ou un pingouin, l’artiste de rue Zorm sculpte et colle de drôles de petites têtes. Des créations qu’il dépose sur les murs de Lyon après les avoir peintes…

Un cochon, puis un singe, un ours, un koala et enfin un pingouin. Une petite ménagerie qui n’est pas prévue au cœur de la plaine Asiatique du parc de la Tête-d’or. Non. Pour découvrir ces quatre animaux, il faut lever les yeux et se balader dans Lyon… Vous aurez peut-être la chance, au détour d’une rue, en haut d’un mur de découvrir une des œuvres en plâtres de Zorm.

Des animaux, sculptés dans du plâtre, puis peints, qui ont été tour à tour, les bêtes un peu totem de l’artiste urbain.

Car comme beaucoup d’artistes de rue, Zorm souhaite rester incognito. Tout commence par un CAP de tailleur de pierre à Paris, puis une formation de sculpteur. Il est jeune, vit dans un squat, en rebelle. Sa première œuvre, un cochon en 2006, près de Belleville. Une tête qui sourit… mais avec cynisme. « Mes sculptures ont toujours eu comme objectif de dénoncer quelque chose. À l’époque, c’était le système… », se rappelle-t-il.

 Un cochon de 2006, vestige de son travail parisien… Photo Progrès /David TAPISSIER
Un cochon de 2006, vestige de son travail parisien… Photo Progrès /David TAPISSIER

De cette période, il n’a gardé qu’un exemplaire, fatigué et abîmé… témoin d’un passé qu’il ne renie pas. Un beau jour, il décide pourtant de passer à autre chose, suit une formation un peu barrée, aux antipodes de la sculpture. « Ce métier, ce n’est pas Zorm, c’est ce qui me fait vivre et je n’en parle pas et je le sépare bien l’artiste… » rajoute le sculpteur.

En 2015, lorsqu’il débarque à Lyon, c’est d’ailleurs pour des raisons professionnelles. Mais par habitude, il lève les yeux pour regarder les œuvres dans les rues des pentes. C’est d’ailleurs un autre street-artist, Théo, célèbre pour ses Je t’aime visibles sur de nombreux murs de Lyon , qui lui redonne envie de reprendre la sculpture urbaine en 2018. « J’ai choisi une tête de singe, un animal qui nous est proche, un bonobo exactement, qui sourit. Je trouve qu’il y a une part d’humanité chez cet animal, qui va bien avec la part d’animalité de l’homme. Une réflexion à travers le regard qu’on porte sur les animaux et sur l’activité humaine qui les menace… »

Des animaux chassés par l’homme

Durant des semaines, il moule ses têtes et les colle sur les murs lyonnais. Dorées, oranges, roses ou multicolores, seules ou à plusieurs, elles sont souvent « flashy », certainement par culture, lui qui est d’origine sud-américaine. « J’en ai également mis au Pérou » sourit-il « tout comme à Avignon, Arles ou Marseille, des villes où j’ai travaillé professionnellement ».

L’année suivante, il enchaîne par des ours, qui sourient également. Toujours un animal chassé par l’homme, qui placé en hauteur, regarde les gens passer… En 2020, il passe au pingouin, au koala… chacun d’eux correspondant à une époque. Sauf les têtes de bébé -qui ne sourient pas- visibles également à Lyon mais qui ne sont pas de lui… « Ce sont des créations et j’en suis fier. C’est un plaisir de les exposer comme ça, d’offrir ce droit de regard pour le public ».

Une tête d’homme… pour exprimer le confinement

Et progressivement, il complète sa palette, détourne ses têtes en tableaux qu’il a exposés à Paris en 2021, même si le confinement a écourté l’expérience. Son art évolue… et c’est désormais une tête d’homme qui sort, d’une pyramide ou d’un œuf qu’il colle sur les façades lyonnaises. Une première pour lui, qui n’est pas à l’origine des têtes de bébés que l’on a pu voir sur les murs lyonnais en 2019. « Aujourd’hui, on sort masqué, ça me paraissait assez normal de passer à l’humain. La tête sort d’une coquille, mais la bouche et le nez sont cachés… ».

Deux nouvelles pièces qui transforment la ménagerie des sculptures urbaines en musée où l’homme a désormais toute sa place aux côtés des spirographes d’Ofé ou des pigeons de Cal …

Zorm - ses œuvres à découvrir sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/zorm.zorm/

David TAPISSIER

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