Lyon Crise sanitaire : ce théâtre qui rebondit avec les entreprises

Thomas Debray veut promouvoir l’impro de partout, y compris dans le monde de l’entreprise.  Photo Progrès /DR
Thomas Debray veut promouvoir l’impro de partout, y compris dans le monde de l’entreprise.  Photo Progrès /DR

Les confinements ont convaincu Thomas Debray, à la tête du théâtre d’improvisation lyonnais L’Improvidence, de développer son savoir-faire en direction des entreprises. Un mouvement amorcé avant le covid mais qui s’est accéléré, avec le rachat d’ImprO2, organisme de formation axé sur l’agilité comportementale.

Il a su improviser, Thomas Debray. Privé de spectateurs avec les mesures sanitaires liées au covid, le dirigeant du théâtre L’Improvidence, basé à Lyon 3e avec une équipe de 4 personnes, a rebondi en direction des entreprises.

Ce mouvement avait été amorcé avant la crise, pour répondre à des demandes de sociétés, souhaitant tester des méthodes pour développer l’agilité comportementale de leurs collaborateurs. Il s’est accéléré. « Le premier confinement a donné le temps de réfléchir », expose Thomas Debray, qui s’est dit que la crise pouvait aussi être une opportunité. Il a donc transformé son modèle économique.

D’abord des spectacles en ligne

L’Improvidence, qui a d’abord basculé sa programmation en ligne en proposant sur sa plateforme ImprOnlive des spectacles sans public mais interactifs, qui réunissent 2000 spectateurs par mois, a dans un premier temps décidé de rendre ce studio on line accessible aux entreprises pour des séminaires en distanciel. Le dispositif, qui inclut 4 caméras haute définition et une régie de montage vidéo en direct, avait nécessité un investissement de 50 000 euros en matériel.

L’essai a été concluant. L’Improvidence touche un public plus large ; des PME, des groupes de tailles importantes, qui veulent faire passer auprès de leurs salariés des messages sur le projet de leur entreprise de façon différente ou qui font des présentations de produits. En début d’année, des comités d’entreprise ont même voulu louer le théâtre.

Des formations certifiantes

De quoi convaincre Thomas Debray d’aller plus loin. Il y a quelques semaines, il a bouclé l’acquisition d’ImprO2, organisme de formation soft skills (compétences relationnelles, sociales, de communication…) à partir de l’improvisation, basé à Paris. Une entité de 5 salariés, qui va lui permettre de capter des publics professionnels dans la capitale, à Lyon mais aussi Bordeaux, où l’Improvidence est implantée, voire au-delà. Car avec des formations en présentiel et en distanciel, éligibles au CPF (compte personnel de formation), le potentiel géographique est beaucoup plus vaste.

Pour Thomas Debray, cette fusion-acquisition va dans le sens de la diversification de ses activités : « Certaines entreprises font leurs formations dans un théâtre pour le côté un peu magique », explique-t-il, évoquant des séances animées par des comédiens consultants. Des live play, des jeux de rôles permettent de développer ce savoir-être et cette agilité comportementale nécessaires au quotidien dans la vente, la négociation et bien d’autres domaines encore.

« On va chercher des publics différents »

« On se sert du théâtre comme d’un outil, qui permet aussi de remobiliser les collaborateurs sur un nouveau projet par exemple. De notre côté, on teste des idées, c’est un pari. » Un pari en passe d’être relevé : cette activité devrait peser demain 50 % du chiffre d’affaires consolidé de l’Improvidence (qui a réalisé 600 000 euros en 2019 hors covid ; ImprO2 pesant de son côté 600 000 euros de CA en BtoB). Le jeune dirigeant teste aussi des formules interactives en Ehpad et sur des spectacles d’enfants : « On va chercher des publics différents. » Et de l’activité autrement.

Valérie BRUNO

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?