Métropole de Lyon Arbres, forêts urbaines et climat : comment planter et où ?

Bruno Bernard, le président (EELV) de la Métropole de Lyon et Pierre Athanaze vice-président à l’Environnement dans l’une des trois « forêts urbaines » qui seront plantées cette année par la collectivité. Ici, vendredi à Saint-Priest, dans la première du genre : 2 000 arbres (érables, sapins d’Espagne) et 600 arbustes (aubépine) vont pousser le long de l’ancienne route de Grenoble, dans un terrain appartenant à la Métropole.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Bruno Bernard, le président (EELV) de la Métropole de Lyon et Pierre Athanaze vice-président à l’Environnement dans l’une des trois « forêts urbaines » qui seront plantées cette année par la collectivité. Ici, vendredi à Saint-Priest, dans la première du genre : 2 000 arbres (érables, sapins d’Espagne) et 600 arbustes (aubépine) vont pousser le long de l’ancienne route de Grenoble, dans un terrain appartenant à la Métropole. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

Pierre Athanaze, vice-président écologiste à l’Environnement à la Métropole de Lyon, expose les grandes lignes du plan « végétalisation » du territoire, entre forêts urbaines, restauration des corridors écologiques, aides à l’achat d’arbres, nouveaux alignements et plantations pour attirer les insectes pollinisateurs.

Pourquoi faut-il planter des arbres ?

Les arbres offrent un beau cadre de vie, avec de l’ombrage et des oiseaux ! En ville, planter massivement durant six ans permettra de gagner en fraîcheur grâce à l’évaporation. Outre ces raisons sociales, nous avons aussi besoin des arbres pour modifier le climat car ils piègent le carbone.

Où allez-vous planter ?

On remplace les arbres qui meurent à cause des canicules (lire par ailleurs). Nous allons aussi planter de nouveaux alignements, mais aussi des arbustes et des végétaux partout où cela sera possible dans les nombreux terrains appartenant à la Métropole en attente d’urbanisation.

 Le projet « Poste à chevaux » à Saint-Priest, s’étend sur 2 hectares.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Le projet « Poste à chevaux » à Saint-Priest, s’étend sur 2 hectares.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 Ce terrain est à boiser avec la plantation de 2 000 arbres et 600 arbustes. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Ce terrain est à boiser avec la plantation de 2 000 arbres et 600 arbustes. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 Cette parcelle, située sur le territoire de la commune de St Priest est déjà classée en Espace Boisé Classé (EBC).   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Cette parcelle, située sur le territoire de la commune de St Priest est déjà classée en Espace Boisé Classé (EBC).   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 Le projet consiste donc à densifier en forêt une bonne partie de sa surface (environ 1,5 ha) tout en préservant les arbres actuels.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Le projet consiste donc à densifier en forêt une bonne partie de sa surface (environ 1,5 ha) tout en préservant les arbres actuels.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 L’idée est aussi de maintenir une partie en prairie fleurie permettant aux insectes pollinisateurs de trouver de la nourriture.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
L’idée est aussi de maintenir une partie en prairie fleurie permettant aux insectes pollinisateurs de trouver de la nourriture.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 Les plantations sont en cours.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Les plantations sont en cours.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 Les plantations sont en cours.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Les plantations sont en cours.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
 Le projet « Poste à chevaux » à Saint-Priest, s’étend sur 2 hectares.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  Ce terrain est à boiser avec la plantation de 2 000 arbres et 600 arbustes. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  Cette parcelle, située sur le territoire de la commune de St Priest est déjà classée en Espace Boisé Classé (EBC).   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  Le projet consiste donc à densifier en forêt une bonne partie de sa surface (environ 1,5 ha) tout en préservant les arbres actuels.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  L’idée est aussi de maintenir une partie en prairie fleurie permettant aux insectes pollinisateurs de trouver de la nourriture.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  Les plantations sont en cours.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD  Les plantations sont en cours.   Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Où allez-vous faire pousser les nouveaux arbres d’alignement ?

On a plutôt planté en milieu urbain jusqu’à maintenant. Nous allons continuer, en mettant l’accent dans le 8e arrondissement ou encore sur les quais hauts du Rhône et de la Saône où les arbres sont malades et/ou vieillissants.

Mais nous allons désormais étendre ces plantations le long de zones agricoles à Caluire, Cailloux-sur-Fontaines, Feyzin, Corbas…

Pourquoi planter le long de voiries en périphérie alors que le besoin d’ombre est important en centre-ville ?

En périphérie, la priorité n’est pas l’ombre mais les insectes pollinisateurs. Au bord des routes en milieu agricole, nous ferons pousser des tilleuls, pommiers, amandiers, cerisiers de façon à attirer des abeilles et des papillons. Les agriculteurs ont besoin des insectes pour polliniser, alors qu’on connaît une chute importante des rendements agricoles. Il y a urgence.

Comment éviter le fiasco de certaines plantations, comme à la Confluence, où les mêmes alignements ont été replantés plusieurs fois ?

Nous ne souhaitons plus connaître des échecs de 15 % à 20 %. Planter des grands arbres, de dix ans d’âge, dans le sillage de ce qui s’est fait à la bibliothèque François-Mitterrand à Paris, fonctionne mal et c’est très cher.

Quand on arrache les arbres de la pépinière, pour les transplanter ailleurs, on y laisse 80 % des racines. Résultat : les arbres végètent, résistent mal à la chaleur, quand ils ne sont pas arrachés par le premier grand vent venu. Ce n’est pas admissible lorsqu’on travaille avec du vivant et de l’argent public.

Vous allez donc planter des arbres plus jeunes. Un risque politique ?

Les habitants risquent d’être choqués, au départ. Il faut avoir le courage de dire qu’on va planter plus petit pour que ça pousse plus vite. Des arbres plus jeunes, c’est aussi, moins cher à l’achat, au transport et à la plantation.

Et sur les places ? À Lyon, beaucoup sont très minérales avec des arbres décoratifs qui ne procurent pas beaucoup d’ombrage. Allez-vous les remplacer

Ce n’est pas la priorité, même si on va lutter contre les gros îlots de chaleur, comme à la Confluence, en plantant sur les gradins de la darse et sur l’esplanade François-Mitterrand. Mais on ne peut pas planter partout en ville à cause des réseaux (haute tension, gaz, métro, etc.)

Et mettre des arbres dans des bacs ?

Cela ne peut se faire que de façon temporaire, pour se rendre compte d’un aménagement par exemple. Avenue Vivier-Merle à Lyon (3e), la moitié des magnolias plantés dans des grands pots, il y a dix ans, a été perdue faute d’arrosage durant le premier confinement.

Quand on a besoin d’un arrosage au goutte-à-goutte, comme sur les murs végétalisés, on connaît des problèmes de durites, et dans le temps, c’est très onéreux.

Et les forêts urbaines ?

Nous allons en planter trois cette année à Saint-Priest (2,5 hectares), Caluire et Sathonay. Certaines le seront selon le modèle du botaniste japonais Akira Miyawaki , avec des plants très denses, très petits, avec arbustes et arbres.

Ce seront des essais grandeur nature. Nous allons continuer !

 

Propos recueillis par Sophie MAJOU

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