Métropole de Lyon Villeurbanne: « À Saint-Jean, il faut toujours se battre pour obtenir quelque chose »

Frédérique Louis-Glaster essaie d’alerter sur le manque ou la faiblesse des services publics à Saint-Jean.  Photo Progrès /Régis BARNES
Frédérique Louis-Glaster essaie d’alerter sur le manque ou la faiblesse des services publics à Saint-Jean. Photo Progrès /Régis BARNES
Frédérique Louis-Glaster essaie d’alerter sur le manque ou la faiblesse des services publics à Saint-Jean.  Photo Progrès /Régis BARNES

Il y a quatre ans, Frédérique Louis-Glaster crée avec des amis une page Facebook destinée aux habitants du quartier. Quelques centaines d’abonnés plus tard, cet espace d’informations pratiques joue toujours un rôle d’alerte et de mobilisation citoyenne dans le quartier.

572 abonnés. Depuis sa création en mars 2016, la page Facebook « J’habite StJean Villeurbanne » a tissé sa toile. « Nous étions quatre à porter cette idée. Mais aujourd’hui, c’est surtout moi qui la fais vivre quand je peux », souligne Frédérique Louis-Glaster. Pas toujours facile pour cette habitante installée depuis 17 ans à Saint-Jean, de consacrer du temps à cet exercice chronophage qui consiste à poster, partager, commenter des informations pratiques qui touchent à la vie du quartier. Car ici, on est loin d’une démarche qui laisse la place aux trolls et à l’expression directe sans fond. « J’ai rarement fait de la modération et je n’ai dû supprimer qu’une fois un message insultant ».

« On s’est démené pour un bus scolaire »

« J’ai lancé cette page, avec l’idée de rendre visible l’autre côté du périphérique, à l’équipe municipale de l’époque (Le maire PS Jean-Paul Bret), souligne Frédérique. Je voulais l’alerter sur les problèmes auxquels les habitants étaient confrontés, notamment le manque ou la faiblesse des services publics. Comme la poste ou le médecin qui reviendront un jour, on l’espère. Je faisais partie du comité de quartier mais j’estimais que les élus ne se bougeaient pas. On s’est démené pour obtenir un bus, le Junior direct, qui transporte en 15 minutes les jeunes au collège Jean-Macé. En novembre, on a réussi à rétablir les horaires de la ligne TCL qui dessert Saint-Jean, limités à 23 heures pendant le premier confinement. On est intervenu aussi pour avoir une connexion pédestre entre le pont de Cusset et la piste cyclable. À Saint-Jean, il faut toujours se battre. Et notre page permet de mobiliser les gens ».

Bientôt 2 000 nouveaux logements

Frédérique Louis-Glaster se montre plus indulgente avec la nouvelle équipe élue à la tête de la Ville. « Le maire a été le patron d’Est Métropole Habitat (un des principaux bailleurs sociaux sur la métropole de Lyon N.D.L.R.), il connaît donc bien les difficultés de ce quartier. D’autres élus habitent Saint-Jean ou sentent bien le quartier pour avoir porté le projet de la future ZAC auprès de la Métropole (un projet urbain de 2000 nouveaux logements). « C’est bien pour l’avenir, on aura le tram, plus de commerces et de services publics et de la mixité sociale ». Avec une réserve : « Ce serait mieux pour les habitants si le parc était aménagé au centre plutôt que le long des berges du canal de Jonage ».

« Je ne ressens pas de ghettoïsation »

Très attachée à son quartier, Frédérique Louis-Glaster, combat aussi les a priori : « En 17 ans, ma famille n’a jamais été agressée ou notre maison cambriolée. Les voitures qui brûlent sont celles volées et abandonnées après la sortie d’autoroute. Je ne vis pas dans la cité mais je ne ressens pas de ghettoïsation. Il y a un sentiment d’appartenance à Saint-Jean. De là à parler d’une réelle vie de quartier… ».

Régis BARNES

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