Métropole de Lyon La compagnie du Subterfuge fait danser les murs des quartiers et sublime ses habitants

La compagnie du Subterfuge sillonne les quartiers de Lyon et Vénissieux pour faire danser les murs. À travers des projets artistiques mêlant poses, confidences et photographies, elle dépeint la vie des habitants avant de les exposer sur les façades.

La scène de la chorégraphe Laureline Gelas n’a pas de limite. Son domaine et ceux de sa compagnie du Subterfuge, fondée en 2005 , ce sont les rues, les parcs, les allées de quartiers comme Gorge de Loup (9e ), Moulin à Vent (8e ) ou Sœur Janin (2e ). Des parties de la ville souvent méconnues ou plutôt mal connues. Elle, en revanche, tout le monde la connaît. Depuis 5 ans, elle parcourt squares et cours d’immeubles, à la recherche d’habitants à qui elle souhaite donner la parole et l’image. Rendre beaux et visibles des citoyens qui, souvent, n’ont pas conscience d’être intéressants.

Un nouvel opus : " Mon quartier c'est…"

Dans le dernier projet, près de 280 habitants ont déjà confié leurs rêves, illustrés par des portraits colorés et lumineux. Des phrases et des photos ensuite collées par les artistes dans les rues, sur les murs des écoles ou sur d’immenses bâches. « C’est un petit côté régressif, une bêtise autorisée », pétille Laureline Gelas, l’esprit tourné vers son nouvel opus, intitulé « Mon quartier c’est… »

« Je vous appellerai si je veux devenir maire de Gorge de Loup ! » lance Medhi. Ce timide jeune homme de 19 ans n’hésite pourtant pas à poser au pied de son immeuble pour Marion Bornaz, une des photographes de la compagnie avec Juliette Treillet et Kévin Buy.

Un engagement artistique et citoyen

Cette mise en avant, Medhi, rencontré par hasard comme comme tous, l’accepte après un échange avec les deux femmes. « Ça m’enrichit ce que tu dis », lui glisse la photographe. Une discussion, des confidences, autour de son quotidien et de sa vision du quartier. « Il n’y a pas beaucoup de choses pour les jeunes ici », déplore-t-il. « C’est justement l’intérêt du conseil citoyen », lui répond Laureline Gelas entre deux clichés. Pour elle, engagement artistique et politique vont de pair. « J’espère que l’on amène aux habitants un regard différent, un pas de côté sur l’actualité et la société », souligne l’artiste.

 Medhi, 19 ans, pose volontiers avec son chiot Rocky.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Medhi, 19 ans, pose volontiers avec son chiot Rocky.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Les artistes de la compagnie du Subterfuge rencontrent et photographient les Lyonnais dans leurs quartiers.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les artistes de la compagnie du Subterfuge rencontrent et photographient les Lyonnais dans leurs quartiers.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Les habitants sont impliqués dans le choix de leurs photos.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Les habitants sont impliqués dans le choix de leurs photos.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Le dialogue avec les habitants est essentiel dans les projets de la compagnie du subterfuge.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Le dialogue avec les habitants est essentiel dans les projets de la compagnie du subterfuge.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Au gré des rencontres, les jeunes se laissent facilement photographier.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Au gré des rencontres, les jeunes se laissent facilement photographier.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Marion Bornaz, photographe, et Laureline Gelas, chorégraphe de la compagnie du Subterfuge.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Marion Bornaz, photographe, et Laureline Gelas, chorégraphe de la compagnie du Subterfuge.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Après autorisation, les photos sont collées sur les murs de la ville, comme ici à l'école Jean-Zay (9e).   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Après autorisation, les photos sont collées sur les murs de la ville, comme ici à l'école Jean-Zay (9e).   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
 Medhi, 19 ans, pose volontiers avec son chiot Rocky.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK  Les artistes de la compagnie du Subterfuge rencontrent et photographient les Lyonnais dans leurs quartiers.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK  Les habitants sont impliqués dans le choix de leurs photos.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK  Le dialogue avec les habitants est essentiel dans les projets de la compagnie du subterfuge.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK  Au gré des rencontres, les jeunes se laissent facilement photographier.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK  Marion Bornaz, photographe, et Laureline Gelas, chorégraphe de la compagnie du Subterfuge.   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK  Après autorisation, les photos sont collées sur les murs de la ville, comme ici à l'école Jean-Zay (9e).   Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

« J’aime la joie qu’elles nous apportent»

« C’est une bonne expérience, elles sont à l’écoute, sourit la vedette du jour. Cela donne une bonne image des jeunes de quartier. » Une vision justement recherchée par la compagnie. « On lutte contre les préjugés, on met en avant les gens pour montrer qu’on se ressemble tous », lui explique la chorégraphe.

Au détour d’une rue, elle se fait ensuite interpeller par Anfal, 15 ans. Alors elle s’arrête. On parle études, sorties, Covid, Ramadan… La confiance est totale. Au fil des années, Laureline Gelas a vu grandir l’adolescente et sa fratrie. Elle les a tous mis en scène, sauf Anfal, trop réservée.

Mais ce nouveau projet tourné autour du quartier l’emballe. Cette fois, c’est promis, elle prendra la pose. « J’aime la joie qu’elles nous apportent. Comme une sorte de mission. Avec tout ce qui nous arrive, elles sont là. » Pari réussi. « Tout le monde y trouve son compte, c’est pour cela que les projets fonctionnent », explique Laureline Gelas, en perpétuelle quête d’équilibre entre sens et exigence artistique.

Son ambition, faire des émules dans d’autres lieux et monter une exposition d’envergure avec l’ensemble des rêveurs qu’elle a rencontrés. Pour « mettre en lumière tous ceux qui ne sont pas forcément sous les projecteurs ».

Clémence OUTTERYCK

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