Lyon 2e Comment cette petite entreprise capillaire a intégré le temple de l’innovation numérique lyonnaise

Enoline et Nkirandza Opou, fondatrices de Elle-Ebene. Photo Clémence OUTTERYCK
Enoline et Nkirandza Opou, fondatrices de Elle-Ebene. Photo Clémence OUTTERYCK

Enoline et Nkirandza Opou ont créé Elle-Ebène. Un programme d’accompagnement pour permettre aux cheveux crépus et frisés de retrouver leur beauté naturelle. Une aventure de famille qui a débuté dans le salon de coiffure de leur mère, en 1998 et se poursuit aujourd’hui au H7, incubateur de start-up lyonnaises.

Elle-Ebène, c’est un concept d’accompagnement capillaire pour permettre aux cheveux frisés et crépus de retrouver leur naturel, même longs. Un naturel bannissant tous les produits destinés à lisser et dompter la coiffure mais agressifs pour le cuir chevelu. Elle-Ebène propose un accompagnement pendant les mois de « transition » vers le 100% naturel. « On estime que le cheveu c’est un marqueur social, une identité, l’acceptation de soi », explique Nkirandza Opou, cofondatrice d’Elle-Ebène. « Une mère ne veut pas de tous ces produits pour sa fille, mais elle n’a pas les outils pour l’accompagner », ajoute Enoline Opou.

Derrière ce progrès qui pourrait révolutionner de nombreux quotidiens, deux sœurs. Enoline a 33 ans. Sa spécialité, la chimie de formulation. Sa cadette Nkirandza en a 31. Elle, c’est la partie commerciale. Après avoir tracé un chemin professionnel dans de grands groupes comme Ecocert ou Michelin, les pétillantes jeunes femmes ont décidé de se lancer ensemble début 2019 dans l’aventure « Elle-Ebène », du nom du salon de coiffure familial qui les a vues grandir.

À 9 et 11 ans dans le salon de leur mère

L’entrepreneuriat, les deux sœurs, dernières d’une fratrie de six enfants, l’ont dans le sang. Une fibre plantée par leur mère Eugénie, au sein de son salon de coiffure installé en 1998, rue Berthelot (7e). « À 9 ans j’étais déjà derrière le comptoir pour accueillir les clients, c’était normal pour nous, se souvient Nkirandza. Notre mère nous a formées pour ça. Elle est notre plus grande fan, notre première cliente. Elle savait qu’on allait reprendre le flambeau. »

Le 7, un chiffre iconique. 7, comme l’arrondissement de Lyon dans lequel elles ont grandi, dans lequel leur mère était conseillère municipale. Mais également comme l’arrondissement de Brazzaville, au Congo, dans lequel Eugénie, également écrivaine, est actuellement maire. 7 enfin, comme H7, l’incubateur de start-up lyonnaises qui leur a ouvert ses portes après les multiples récompenses reçues pour leur entreprise. Entrepreneurs dans la Ville , French Tech Tremplin, Lyon Start-Up, Open ISEG, tous ont décelé le potentiel chez ces dynamiques sœurs.

« On s’est donné un an », précise l’aînée. Bien leur en a pris. L’année s’est écoulée et l’entreprise compte déjà une centaine de clients. « On dirait qu’on est là depuis 10 ans quand on en parle », sourit Nkirandza. L’intégration au sein du H7, temple de l’innovation numérique lyonnaise, devrait permettre aux deux sœurs de démocratiser leur programme, le rendre accessible au plus grand nombre à travers une application automatisée. Par ailleurs, Enoline envisage de mettre ses compétences à l’élaboration d’un produit sur mesure.

Un accompagnement sur-mesure de quatre mois minimum

« En France, les coiffeurs n’apprennent pas le cheveu texturé. C’est frustrant, on se sent rejeté, pas à sa place. » Lorsqu’Enoline et Nkirandza Opou décident de cesser d’utiliser tous les produits capillaires nocifs pour la peau et pour l’environnement, elles se retrouvent seules face à une « transition », une texture de cheveu inconnue. Enoline se documente, notamment aux Etats-Unis, et développe une méthode conçue par 70 % de bons gestes et 30 % de produits français, bios et naturels.

Le principe de la « ther-happy capillaire » : un accompagnement sur quatre mois minimum qui commence par une première consultation d’une heure et demie pour comprendre, faire connaissance avec le client et cerner ses besoins. Puis l’élaboration d’un programme sur-mesure de « remise en forme capillaire » à travers le conseil sur les produits, la manipulation du cheveu ou leur entretien (notamment par la nutrition). « On a tellement vendu de produits aux clients qu’ils pensent que ça va tout faire, souligne Nkirandza. La consultation est une mini-formation qui va servir toute la vie. Cela démystifie le cheveu texturé ».

C. O.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?